13 Il était huit heures trente lorsque Loïc et Julien se virent dans le couloir qui les menait vers la salle de leur premier cours. Le regard ensommeillé mais souriant, ils se saluèrent. " Bonjour Loïc ! Commença son ami. - Hello Julien ! As-tu bien dormi ? Le questionna le fils Sanders. - Pas beaucoup, lui répondit-il en continua en murmurant, j’ai pensé à toi toute la nuit. - C’est pareil pour moi. Je ne sais pas si je vais réussir à tenir toute la journée. - Je suis dans le même cas. Il va pourtant bien falloir faire avec." A ce moment leur professeur arriva et ils se turent tous deux en rentrant dans la salle de cours. Durant deux heures, Julien et Loïc ne cessèrent de se regarder en se faisant de larges sourires. Le cours de mathématique qu'ils étaient en train de suivre ne semblait pas vraiment les intéresser. Ils préféraient parler ou s'échanger des morceaux de papier sur lesquels des mots tendres étaient inscrits. Mais lorsque le professeur leur fit remarquer que la récréation était justement là pour discuter et que son cours devait être suivi par tout le monde, les Julien et Loïc arrêtèrent immédiatement et furent attentif au reste du cours tout en devenant aussi rouge que des tomates en voyant tous les autres élèves les regarder en souriant. * * * Au domicile de Loïc Sanders, Martine était de mauvaise humeur. Juste avant que son mari Dominique ne parte à son garage, il avait encore dit à son épouse qu'il était hors de question que Loïc face un autre métier que celui que lui-même faisait. Martine n'étant pas d'accord avec lui, elle se mit à élever la voix, plaçant ainsi son mari dans une situation délicate de laquelle il sortit en claquant la porte du domicile conjugal. Le caractère têtu de monsieur Sanders n’était pas fait pour arranger les choses. Quand il avait décidé de quelque chose il fallait acquiescer ou subir sa colère. Il avait mis beaucoup d’argent pour reprendre l’entreprise de son patron qui partait à la retraite et il ne voulait pas voir tout cet argent partir en fumé parce que sa femme et son fils en avaient décidé ainsi. Après tout c’était lui le chef de famille et donc à lui que l’on devait obéir. Partant de ce principe, Loïc devait reprendre l’affaire paternelle et il n’en serait pas autrement. Maintenant seule à la maison, elle se mit à pleurer en pensant à la vie qu'allait avoir son fils lorsque Dominique Sanders partirait à la retraite. Elle ne pouvait laisser faire une chose pareille. Alors, pour réfléchir à ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour aider Loïc, elle fit le ménage dans toute la maison. C’était pour elle le seul moyen de réfléchir sereinement à toutes les questions qu’elle se posait. * * * Au collège, la récréation venait d'arriver. Les deux adolescents s'empressèrent de sortir de la salle de classe pour se ruer vers les escaliers, descendant les marches à toute vitesse, et se retrouver à l'extérieur du bâtiment. Lorsqu'ils furent dans la cour, ils se hâtèrent d'aller se cacher dans un endroit tranquille pour se jeter dans les bras l'un de l'autre et s'embrasser fougueusement. Après un long baiser, ils retournèrent dans la cour de récréation pour parler calmement de choses et d'autres. " Dis-moi Loïc, commença Julien sur le chemin qui les menaient vers la cour de récréation, comment as-tu réagi lorsque tu as su que tu aimais un autre garçon ? - J'ai tout d'abord refusé de croire que je pouvais aimer un garçon, et lorsque je l'ai enfin admis, j'en ai parlé avec Valentin, le copain que j'aimais. Bien sûr je ne lui ai pas explicitement dit que je l'aimais. Je lui ai seulement fait comprendre qu'il ne m'était pas indifférent. - Quelle a été sa réaction lorsque tu lui as dit que tu le trouvais mignon ? - Il a été ravi du compliment que je lui avais fait et il m'a retourné le compliment en me disant qu'il ne me trouvait pas mal non plus. - C'est chouette. Cela voulait peut-être dire qu'il t'aimait lui aussi. - Peut-être ! Mais ça je ne le saurai jamais, puisque maintenant il repose en paix au cimetière. - Je suis désolé. Je ne savais pas. - Ce n'est pas grave. Il est décédé il y a un peu plus de deux ans d’une crise d’asthme. Et toi Julien, tu as déjà éprouvé ce genre de sentiments pour un autre garçon ? - En fait, il s'agissait plutôt d'un des profs que j'avais en arrivant au collège. C'était le prof de sport. Il enseignait pour la première fois. J'étais littéralement fasciné par ce mec. Chaque fois que nous avions sport, je restais toujours le plus proche de lui ou je faisais quelque chose pour qu'il me remarque plus que les autres. - Est-ce qu'il a su que tu avais le béguin pour lui ? - Je crois que oui, lorsqu'il venait s'approcher de moi ou m'aider à faire un exercice, je sentais bien qu'il n'était pas indifférent à mon charme. Par contre, je n'ai jamais rien fait avec lui, je pense qu'à l'époque, j'étais plus attiré par l'aspect général du prof que par l'envie de vouloir avoir un contact physique pur avec lui. Mais avec toi je crois que je serais prêt à aller plus loin que les baisers que nous nous échangeons. - Je vois que nous avons les mêmes envies, mais je ne me sens pas encore totalement prêt pour aller plus loin tout de suite. Il faut que je me fasse d'abord à l'idée que je suis homosexuel et que ça risque de poser des problèmes dans mon entourage si ça venait à se savoir. - Il n'y a pas de problème, je peux attendre aussi longtemps qu'il te plaira. - Je te remercie." Juste avant que la cloche annonçant la fin de la récréation ne retentisse, ils allèrent tous deux aux toilettes où, après avoir vérifié qu'il n'y avait personne, ils s'embrassèrent langoureusement pendant près d'une minute. Les deux cours qui les séparaient de l'heure du déjeuner, passèrent lentement. Mais pour éviter de nouvelles réflexions de la part de leurs professeurs, ils avaient respectivement décidé de suivre attentivement les cours de français et d'histoire-géographie. Surtout que les enseignants de ces matières n’avaient pas la réputation d’être du genre à aimer le bruit en classe et étaient, du coup, très sévères. Dès qu'ils eurent terminé les cours pour la matinée, ils se dépêchèrent d'aller à la cafétéria pour y prendre un revigorant déjeuner. Surtout que le menu du jour était succulent. Les cuisiniers du collège avaient préparé à l'attention de tous les élèves ainsi que des professeurs, un menu typiquement mexicain. Depuis plusieurs années, les cuisines des établissements scolaires devaient faire attention aux plats qu’ils préparaient et proposer des menus équilibrés aux élèves, mais aussi au corps enseignant. Une fois que les deux adolescents eurent fini leur repas, ils allèrent se réfugier à l'intérieur du gymnase pour y être plus tranquille. Il n’était pas fermé à clé pendant les horaires de cours. De plus, étant situé à l’intérieur de l’enceinte scolaire, dont tous les accès étaient placés sous vidéo surveillance, il était impossible de pénétrer à l’intérieur du collège sans être vu. Quand ils se furent assuré qu'il n'y avait personne, ils se blottirent dans les bras l'un de l'autre et s'embrassèrent follement. Jusqu'à ce qu'ils se rendent compte qu'il était déjà presque l'heure de reprendre les cours, ils étaient sagement assis sur de gros tapis et parlaient tout en se tenant la main. Pendant plus de trois mois, les deux jeunes garçons rirent et s'amusèrent ensemble. Mais après les vacances de fin d'année, le sérieux revint entre Loïc Sanders et Julien Morino. Ce dernier voulait absolument passer dans la classe supérieure après avoir redoublé deux fois de suite. Loïc fit tout pour l'aider à accéder en classe de cinquième. A la fin de l'année scolaire, lorsque, à la suite du dernier conseil de classe, ils surent tous deux qu'ils iraient, à la prochaine rentrée scolaire, en classe de cinquième,ils voulurent faire une superbe fête pour cette excellente nouvelle. Comme pour faire d'une pierre deux coups, durant ces vacances d'été, Julien fêtait son quatorzième anniversaire. Alors pour cette occasion, il invita le jeune Loïc à participer à cette fête. Lorsque celle-ci se termina, Julien proposa à Loïc de rester dormir chez lui et après que l'adolescent eut l'accord de sa mère, Loïc accepta la proposition de Julien. Durant la nuit, les mains partirent à la rencontre du corps dénudé de l'autre. Les deux adolescents se rendaient parfaitement compte de ce qu'ils étaient en train de faire. Cependant ils ne voulurent pas cesser de se caresser. De ce fait, ils se rapprochèrent petit à petit l'un de l'autre pour finalement se serrer mutuellement dans les bras. Ils s'embrassèrent fougueusement pendant plusieurs minutes avant de voir leurs mains descendre le long du corps de chacun d'eux pour atteindre leur sexe. Là au cours de la nuit, les deux adolescents franchir un nouveau pas décisif dans la découverte de leur sexualité. Après cette nuit de folie pour les deux adolescents, Julien proposa à Loïc de partir quelques semaines en camping avec quelques autres copains à lui. Loïc alla voir chez ses parents pour savoir s'il pouvait partir avec Julien. Comme il s'entendait de moins en moins avec son père, il demanda seulement à sa mère l'autorisation de partir. Martine accepta après quelques secondes d'hésitation. Elle voulait que Loïc soit prudent. Qu'il n'oublie pas de prendre ses médicaments pour éviter les crises d'asthme et que s'il avait un problème sérieux, qu'il n'hésite pas à vidéophoner à la maison pour que sa mère vienne le chercher. Dès que les dernières consignes furent données, Loïc courut dans sa chambre pour préparer ses affaires et son sac à dos qu'il remplit d'affaires chaudes pour les nuits, même si c'était l'été, Loïc ne voulait pas rentrer à Bordeaux sur une civière. Sur le dessus du sac, il avait mis quelques médicaments fragiles puisqu'il s'agissait de piqûres antiallergiques, et pour boucler son sac, il mit son sac de couchage. Dans sa poche il rangea son flacon de Ventoline, pour les crises passagères. Une fois qu'il fut prêt, il sortit de la maison et se dirigea vers la voiture de la famille Sanders afin que Martine le conduise jusque chez les parents de Julien. Dès qu'ils furent arrivés, Julien, qui attendait Loïc sur le pas de la porte, lui sauta au cou en signe de bienvenu et de félicitations pour sa venue au camping. Pendant que Julien présentait les autres protagonistes qui venaient avec eux deux en camping, Martine discutait avec les parents de Julien. Après un peu plus d'une heure de route, le petit groupe d'adolescents arriva au bord de la mer. Ils s'installèrent dans le camping de la ville d'Hourtin Plage. Dès que les tentes furent montées, ils se ruèrent vers la plage et se jetèrent à l'eau. Lorsque la plupart des adolescents commencèrent à avoir faim, ils rentrèrent tous au camping pour dîner. Durant le repas, les adolescents se mirent à parler les uns des autres. " Qui commence à parler de lui, demanda Julien ? - Moi, je veux bien commencer, dit un des plus vieux des adolescents. Comme vous le savez tous, je m'appelle Vincent, j'ai seize ans, et je suis en terminal de langues étrangères. - A qui le tour maintenant ? Reprit Julien. - Je veux bien être le prochain. Je m'appelle Sylvain. J'ai dix-huit ans et je suis en BTS technique de commercialisation. - Et bien moi je m'appelle Aurélien, j'ai quinze ans et je suis en première S, dit le troisième en se levant. - Moi c'est Valéry et j'ai treize ans. Je suis en troisième trois au collège de Bordeaux Mérignac. - Je m'appelle Jean-Stéphane, j'ai seize ans et je suis en terminal techniques de production industrielle au lycée professionnel de Talence. - Et moi, dit le dernier, je me prénomme Loïc, j'ai douze ans et je rentre en cinquième à la prochaine rentrée scolaire. - C'est parfait ! Maintenant que tout le monde c'est présenté nous pouvons continuer notre petite soirée entre potes. - Non ! Tout le monde ne s'est pas présenté, dit Loïc en prenant la parole. Il reste encore toi. Tu ne t'es pas encore présenté à l'assemblée. - C'est vrai. Tu as tout à fait raison Loïc. Alors j'y vais. Je m'appelle Julien, j'ai quatorze ans et je rentre également en cinquième à la prochaine rentrée scolaire." Durant les quelques semaines qu'ils passèrent tous les six au camping d'Hourtin Plage, ils firent la fête et s'amusèrent comme des diables. Se couchant à des heures pas possibles et se levant en milieu d'après-midi pour remettre ça de plus belle. |
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