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            Ce fut toutes sirènes hurlantes que l'ambulance des pompiers transporta Martine Sanders vers l'hôpital Pellegrin. Mais la jeune femme ne put attendre d'arriver à destination. Elle accoucha donc dans l'ambulance d’un petit garçon qu’elle prénomma Loïc.

 

            A la montre du médecin, il était neuf heures trente-huit en ce jeudi 27 février 1997. L'ambulance arriva à peine dix minutes plus tard aux urgences de l'hôpital.

 

            Dès que les portes de l'ambulance furent ouvertes, le médecin demanda que le bébé soit immédiatement mis en couveuse du fait qu'il avait le cordon ombilical entouré autour du cou et qu'il était prématuré. Le petit Loïc ne semblait pas en danger vital. La mère fut, quant à elle, conduite en salle d'examens.

 

            Une fois qu'ils furent tous fait, le gynécologue se retira dans son cabinet pour lire les résultats et faire son diagnostique et Martine se reposa de son accouchement.

 

            Le médecin était un homme d’une quarantaine d’années aux cheveux roux et yeux verts. Il était costaud et faisait un bon mètre quatre-vingt-dix. Sur la porte de son bureau était inscrit docteur Jonathan Darrieux.

 

*

*   *

 

            Au même moment où Martine Sanders passait les examens gynécologiques, un infirmier téléphona au travail de Dominique. Lorsqu'il réussit à l'avoir au combiné, il l'avertit que sa femme venait d'avoir son enfant. Aussitôt le tout jeune papa raccrocha et se dépêcha pour aller à l'hôpital en s’excusant auprès de son employeur et de ses collègues.

 

            Dès qu'il fut arrivé, il demanda à l'accueil s'il pouvait voir sa femme qui venait d'accoucher. La jeune femme qui tenait l'accueil lui dit qu'elle passait des examens, mais qu'elle n'en avait certainement pas pour très longtemps. Elle lui proposa donc de patienter dans la salle d'attente.

 

            Au moment même où il s'installait sur un des fauteuils de la salle d'attente, il vit le lit contenant sa jeune épouse passer devant la pièce. Alors il se leva et s'en approcha. Il l'accompagna jusqu'à sa chambre et quand ils furent à l'intérieur, il s'entretint un instant avec elle.

 

            " Bonjour ma chérie, comment te sens-tu ?

            - Comme une femme qui vient d'avoir un enfant.

            - En parlant de Loïc, où est mon fils ?

            - Ils l'ont mis dans une couveuse, car je l'ai mis au monde avec un mois d'avance, et puis il avait le cordon ombilical autour du cou.

            - Mais il va bien sinon !?

            - Le peu de temps que j'ai pu l'avoir dans mes bras, il avait l’air en parfaite santé."

 

            Ce fut à ce moment là que le médecin en profita pour entrer dans la chambre et demander à Dominique de bien vouloir sortir quelques instants afin qu'il puisse s'entretenir avec Martine.

 

            " Bon ! Je vais être sincère avec vous. Le bébé que vous venez de mettre au monde sera l'unique enfant que vous pourrez avoir. En effet, si vous tentez une nouvelle grossesse, vous risquez non seulement de ne pas la mener à terme, mais aussi vous mettriez votre vie en danger.

            - J'étais déjà au courant de cette situation et je n'avais de toute façon pas l'intention d'avoir un autre enfant. D'ailleurs en parlant de Loïc, comment va-t-il ?

            - Nous avons placé votre enfant dans une couveuse afin qu'il puisse terminer sa croissance et prendre du poids afin que vous puissiez le ramener chez vous. Mais ce qui nous inquiète le plus concernant Loïc, c'est qu'il souffre d'une maladie que l'on arrive encore difficilement à soigner de nos jours. Votre bébé est asthmatique. Nous allons le garder à l'hôpital le temps de faire des examens complémentaires pour savoir quel est le nombre d'allergènes qu'il possède.

            - Je vous remercie docteur pour votre franchise. Est-ce qu'il serait possible de le voir ?

            - Il n'y a pas de problème. Je vais vous laisser maintenant pour m'entretenir avec votre mari."

 

            Le médecin sortit alors de la chambre et se dirigea vers la salle d'attente où s'était installé Dominique Sanders. Lorsque le jeune homme vit le médecin venir vers lui, il se leva et alla à sa rencontre. Une fois qu'ils furent proches l'un de l'autre, le médecin invita Dominique à le suivre dans son bureau.

 

            Quand ils furent arrivés dans le cabinet aux murs blancs et sur lesquels on pouvait voir des photos de bébés, le médecin pria Dominique Sanders de bien vouloir s'asseoir et lorsqu'ils furent assis chacun à leur place, le médecin prit la parole.

 

            " Monsieur Sanders, votre femme et en parfaite santé, seulement elle ne pourra plus avoir d'enfant. Sa santé est fragile et le fait qu'elle est mis au monde un enfant prématuré de près d'un mois, nous a incités à prendre cette solution. Nous avons mis au courant votre épouse qui n'espérait, de toute façon, ne pas en avoir d'autres.

            - Oui, nous avions pris cette solution lorsque son gynécologue lui a dit qu'elle risquait sa vie en menant ce bébé à terme.

            - En ce qui concerne votre enfant, du fait qu'il est prématuré, nous l'avons placé sous couveuse et nous lui avons fait quelques examens poussés qui nous ont permis de découvrir qu'il avait plusieurs gênes de l'asthme. Donc nous allons procéder à d'autres prélèvements afin de connaître le nombre exact d'allergènes qu'il possède dans son corps.

            - Mais tout cela ne l'empêchera pas de faire ce que tous les enfants peuvent faire ?

            - Lorsque nous aurons les résultats de ses nouveaux prélèvements, nous envisagerons une solution pour lui permettre d'avoir une vie des plus normales.

            - Très bien ! Puis-je aller voir ma femme maintenant.

            - Bien sûr monsieur ! Je vous demanderai seulement de ne pas trop rester avec elle afin qu'elle puisse se reposer un peu.

            - Je vous remercie."

 

            Après avoir serré la main du médecin, Dominique sortit du cabinet et se dirigea immédiatement vers la chambre de son épouse. Après un court entretien avec elle, il ressortit de la chambre et alla voir son bébé.

 

            Après trois jours passés à l'hôpital, Martine Sanders pu enfin sortir avec le regret de devoir laisser son fils seul dans la couveuse de la maternité. Avant de quitter l'hôpital, elle alla une dernière fois voir Loïc qui dormait profondément dans la couveuse et qui était constamment sous surveillance électronique pour prévenir du moindre problème qui pourrait survenir.

 

            Cela faisait maintenant deux semaines que le petit Loïc était né. Le médecin venait de recevoir les résultats concernant le bébé. Afin de mettre au courant les Dominique et Martine Sanders, il leur téléphona pour les convoquer dans son bureau.

 

            Lorsque les jeunes parents furent arrivés dans le cabinet, le médecin leur expliqua quel était le taux d'allergènes dans le corps de Loïc.

 

            " Monsieur et madame Sanders, je vais vous dire quel est le résultat des examens que nous avons fait sur votre fils Loïc.

            - Je vous en prie docteur. Dites-nous ce qu'il en ait pour notre fils ? Demanda Martine.

            - Les tests que nous avons pratiqués sur Loïc ont révélé qu'il possédait la plupart des allergènes pouvant provoquer des crises d'asthme. D'ailleurs lorsque nous avons commencé, il a eu une légère crise que nous avons parfaitement réussie à maîtriser. Je vais maintenant vous dire quels sont les allergènes qu'il faudra éviter de mettre en contact avec votre fils.

            - Ce que nous voudrions savoir aussi s'il pourra vivre normalement tout en aillant de l'asthme, demanda Dominique.

            - Je vous dirai tout ce que vous devez savoir lorsque j'aurai fini de vous énuméré la liste des allergènes. Alors, il y a tout d'abord les poils d'animaux domestiques tels que chiens et chats, les acariens, les peluches et le pollen. Maintenant, et ce pour le bien-être de Loïc, je vous conseille de l'envoyer dans un centre spécialisé qui pourra s'occuper convenablement de lui. Et dès cet après-midi, je ferai envoyer à votre domicile, un spécialiste qui étudiera, avec vous, la meilleure façon d'éliminer le grand nombre possible d'allergènes dont votre fils souffre.

            - Quel endroit nous conseillez-vous ? Sans oublier que nous n'avons pas énormément d'argent, dit Martine.

            - Le centre le plus compétent dans ce domaine et celui de La Bourboule. Et en ce qui concerne l'argent, il ne faut absolument pas vous inquiéter, le centre est remboursé à cent pour cent par la sécurité sociale. Tout comme le spécialiste que je vais envoyer chez vous et les produits qu'il va vous proposer.

            - Je vous remercie docteur ! Répondit Dominique, nous ne savons comment vous témoigner notre reconnaissance pour avoir sauvé la vie de notre fils et de mon épouse.

            - Ce n'est rien monsieur. J'ai seulement fait mon travail. Rien de plus ! Et surtout, si Loïc venait à faire une crise d'asthme, aussi minime soit-elle, je vous conseille de nous l'amener immédiatement à l'hôpital afin que nous lui fassions passer des examens."

 

            Sur ces derniers mots, Dominique et Martine se levèrent, serrèrent la main du médecin et allèrent dans la salle des nourrissons pour y récupérer Loïc et le ramenèrent chez eux, en prenant bien garde à toutes les recommandations du docteur.

 

            Après quelques jours, lorsque Loïc fit une nouvelle crise d'asthme et qu'il fut conduit de toute urgence à l'hôpital, Dominique et Martine Sanders prirent alors la décision d'envoyer, au mois de septembre, leur enfant dans le centre spécialisé de La Bourboule, comme le leur avait conseillé le médecin.

 

            D'ailleurs, lorsqu'ils amenèrent Loïc à l'hôpital, ils allèrent directement voir le médecin pour lui faire part de leur décision. Et quand le bébé fut hors de danger, ils préférèrent que le nourrisson reste à l'hôpital, sous complète surveillance jusqu'à son entrée dans le centre.

 

            Ce fut un déchirement pour Martine de laisser son unique enfant entre les mains des médecins et Dominique, bien que le fit pas voir, jubilait de ne plus avoir le petit Loïc dans ses jambes.

 


 

 

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