15 La rentrée scolaire commença assez mal pour Loïc. Avec la mauvaise entente qu'il entretenait avec son père, le jour de la rentrée des classes, angoissé et stressé, il s'effondra dès la première heure de cours. Il s’agissait en plus du cours avec son professeur principal, monsieur Langovsky, qui enseignait les mathématiques. Aussitôt le professeur avertit l'infirmerie et lorsque Loïc y fut transporté, et allant légèrement mieux, il demanda que ses parents ainsi que l'hôpital ne soient pas prévenus. Loïc ne souhaité pas créer de tension supplémentaire au sein de la famille. L’infirmière consenti à accéder au vœu de l’adolescent sans essayer d’en savoir plus. Après deux heures passées à l'infirmerie, ayant repris son calme, après avoir tout de même pris plusieurs bouffées de Ventoline, Loïc put rejoindre la salle de classe où l'attendait impatiemment Julien. Lors du repas de midi, et après un rapide déjeuner. Le jeune Sanders n'ayant pas très faim, il se retrouva, en compagnie de Julien, dans un endroit calme ou ils discutèrent un long moment. " Alors Loïc, comment te sens-tu ? Demanda Julien inquiet. - Ca va mieux, je te remercie. - Que t’est-il arrivé exactement ? - Depuis quelques jours je suis angoissé et stressé à cause de mon père. Si seulement il pouvait crever, comme ça au moins j'aurais une vie un peu plus tranquille et je n'aurais plus à m'inquiéter de mon sort. - Il ne faut pas dire ça de ton père. Même si tu ne t'entends pas très bien avec lui, ce n'est pas une raison pour vouloir sa mort. - Je le sais bien. Mais il m'énerve tellement que parfois je souhaiterais qu'il soit mort pour que ma mère et moi soyons plus heureux. - Je comprends ce que tu veux dire. Mais ce n'est pas une solution. Il y a certainement un terrain d'entente possible avec ton père. Il n'est peut-être pas aussi con qu'il veut bien le laisser paraître. - Au mais tu ne sais pas le meilleur. - Et c'est quoi ? - Il veut absolument que je reprenne son entreprise de production mécanique lorsqu'il partira à la retraite. Et moi je ne m'intéresse absolument pas à la mécanique. Je ne suis pas un manuel. Je serais même plutôt le contraire. Et ce matin, juste avant d’aller en cours, je lui ai clairement dit que je ne reprendrai jamais son garage et que s’il m’obligeait à le faire je ferai en sorte que sa société coule. - Je vois mieux maintenant. Effectivement à ce niveau-là, je crois que c'est irrattrapable. La connerie l'a totalement envahi. Je suis désolé de dire ça comme ça, mais il faut bien dire qu'il faut être con et borné pour vouloir à tout prix que son fils reprenne une entreprise si celui-ci ne le veut pas. - Tu as tout à fait raison. Et ma santé fait également partie des points sur lesquels nous sommes en désaccord tous les deux. Comme je tombe assez facilement malade, il ne supporte pas que son argent serve à me soigner, dit Loïc sur un ton agressif. Et, en plus, il reproche à ma mère de trop s'occuper de moi et pas assez de lui. Le vrai macho. - Ouais ! Dans le genre je persiste et signe dans ma connerie, il décroche la médaille en or devant tous les autres cons de la terre. Tu n’as vraiment pas de chance mon amour. - Si je lui disais qu’en plus je sui PD peut-être que ça le fera mourir plus vite. - Ca je n’en suis pas vraiment sûr. Ca pourrait plutôt le rendre encore plus en colère contre toi mon chéri." En disant cela, Julien regarda sa montre et se rendit compte qu'il était presque l'heure de retourner en cours. Alors après un long baiser, ils rejoignirent la cour de récréation au moment où la cloche annonçant la reprise des cours retentit. Au fil des jours Julien se rendait bien compte que Loïc était sans cesse sur les nerfs lorsqu'il arrivait en classe et le soir lorsqu'il retournait chez ses parents ce n’étais jamais en pressant le pas. Bien entendu, cet état de stress permanent avait une répercussion sur les résultats scolaires de Loïc. Si bien qu'à la fin du premier trimestre, en comparaison au premier trimestre de la sixième, Loïc se situait vers la fin du classement. Julien essaya de faire de son mieux pour l'aider à remonter la pente et à revenir à la place qui devait normalement être la sienne, à savoir dans les dix premiers. Mais rien n'y fit et lorsque le second trimestre s'acheva, et voyant que Loïc se trouvait toujours dans les fins fonds du classement, le professeur principal convoqua Martine et Dominique Sanders. " Bonjour madame ! Je suis monsieur Langovsky, professeur principal de la classe de cinquième de votre fils. Je vous vidéophone pour vous demander de passer me voir afin que nous puissions discuter de votre fils Loïc. - Très bien ! Quand voulez-vous que nous venions vous voir ? Demanda Martine, seule à ce moment-là dans l'appartement familial. - Et bien... Pouvez-vous venir demain après la classe, vers dix-huit heures. - Parfait ! J'en reparle avec mon mari à midi et je vous tiens au courant. - Très bien ! J'attends votre appel. Au revoir madame Sanders. - Au revoir." Juste au moment où elle raccrochait le combiné, Dominique Sanders entra dans la pièce. Il demanda de qui il s'agissait au vidéophone et Martine lui répondit qu'il s'agissait du professeur principal de Loïc et qu'elle souhaitait les voir le lendemain vers dix-huit heures pour parler de Loïc. En entendant cela, Dominique entra dans une colère noire et dit qu'il refusait d'aller voir le professeur principal d'un merdeux qui fait que des conneries pour se rendre intéressant. Il avait toujours en travers de la gorge la volonté farouche de Loïc de refuser de reprendre la société de son père. Après une soirée et une nuit agitée, Martine Sanders se rendit, comme prévue, au rendez-vous fixé par le professeur principal de Loïc. L’adolescent était lui aussi présent, non seulement par refus d’être seul en présence de son père mais aussi parce que monsieur Langovsky lui avait dit de rester. Toutefois il attendit dans le couloir durant tout l’entretien entre son professeur et sa mère. " Bonjour madame Sanders ! Je vois que vous êtes venue seule. J'aurais aimé parler à votre mari également. - Mon mari n'a pas souhaité venir, car il en désaccord avec Loïc. - Il est dommage qu'un père et son fils ne s'entendent pas ensemble. Mais enfin bon. Je vous ai fait venir pour parler de Loïc. Il se trouve que ses résultats scolaires depuis le début de l'année ne sont pas très brillants. Par rapport à ses résultats en sixième, il est en chute libre dans tous les domaines. Tous les professeurs sont du même avis Je suppose qu’il y a un rapport direct avec ce que vous m'avez dit précédemment. - J’en ai bien peur monsieur, dit Martine d’une voix triste. - Malheureusement je crains que s'il continue dans cette voie, il ne sera contraint de redoubler sa classe de cinquième, ce qui serait dommage car il possède un réel potentiel intellectuel qu'il n'utilise pas à fond cette année. - Alors vous envisagez quoi pour qu'il puisse revenir dans la tête du classement. - J'aimerais en parler avec lui mais je crois que des cours particuliers ne sont pas à négliger. - S'il souhaite ces cours particuliers, est-ce qu'ils vont me coûter de l'argent car si c’est le cas j’ai peur que mon époux ne soit pas d’accord. - Non. Je refuse de demander de l'argent pour permettre à un enfant qui à un potentiel de compréhension comme le sien mais qu'il refuse de l'exploiter à son maximum et puis cela fait aussi parti de notre travail de professeur. - D'accord ! Vous désirez le voir maintenant ? - Non ! Je le verrai demain. Je fais un cours à sa classe demain en première heure de la matinée. - Parfait ! Alors je vous dis au revoir monsieur. - Au revoir madame Sanders." Le lendemain matin, à la fin du cours de français, que monsieur Langovsky enseignait aux élèves de la classe de Loïc, il demanda à Loïc de rester parce qu'il désirait lui parler. Alors une fois que tous les autres élèves de la classe furent sortis pour se rendre en récréation, il demanda à Loïc de s'asseoir et lui dit ce qu'il voulait. " Hier, j'ai parlé avec ta maman et je lui ai proposé quelque chose afin que tu puisses recoller au peloton de tête que tu n'aurais jamais du quitter. - Et qu'avez-vous proposé à ma mère ? - Je lui ai proposé de te faire quelques cours particuliers afin que tu puisses remonter la pente. - Et si je ne veux pas de vos cours particuliers. - Alors je crains que tu ne doives redoubler ta classe de cinquième. - Et bien alors je redoublerai, car je ne veux pas de vos cours particuliers. Ce n'est pas que je n'aime pas votre façon d'enseigner, bien au contraire, mais je suis en rébellion contre mon père qui m'énerve au plus haut point. - Parfait ! Je souhaite seulement que ce problème, entre ton père et toi, aille en s'arrangeant au plus vite. Saches seulement que sans ces cours particuliers et sans effort de ta part tu vas avoir beaucoup de mal à raccrocher le wagon de tête. Toutefois je ne peux t’obliger à accepter mais ton entêtement est bien dommage." Sur cette dernière phrase la cloche annonçant la fin de la récréation retentit et monsieur Langovsky laissa Loïc rejoindre son prochain cours. Le troisième trimestre fut à l'égal des deux autres. Alors lors du dernier conseil de classe, tous les professeurs de la classe de cinquième quatre, classe de Loïc, proposèrent que celui-ci redouble sa classe à cause des mauvais résultats qu'il avait. Monsieur Langovsky essaya toutefois d'expliquer la situation de Loïc et pris position pour l’adolescent en refusant de l’abandonner, mais le proviseur et le conseiller d'éducation se rangèrent sur l'avis des autres professeurs et acceptèrent le redoublement. Le lendemain du conseil de classe, lorsque les délégués lurent à la classe les conclusions du conseil, seul trois élèves, dont Loïc, redoublaient la classe. Julien faisait parti de ceux qui passaient en classe supérieure. La fin de l'année scolaire et les vacances d'été furent à l'image du restant de l'année écoulée. Mais pour la rentrée des classes 2009, Loïc avait bien l'intention de remettre tout ceci à plat et en commençant par son père. Durant les vacances d'été, il s'était juré de ne plus lui adresser la parole. Et c'est ce qu'il fit à son retour des vacances chez ses grands-parents paternels qui vivaient en Bretagne. |
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