22 Le lundi 27 juillet 2015 était un jour bien particulier pour Quentin Villars. En cette journée radieuse, il avait désormais la volonté de dire enfin toute la vérité à ses parents concernant son homosexualité. Mais à côté de ça, il avait peur de leur réaction. C'est pour cela qu'il hésitait encore à leur en parler. Toutefois avant de l'avouer à ses parents, il préféra en parler à sa sœur Mathilde qui était déjà au courant de l'homosexualité de son frère. Il devait tenir sa promesse car jamais il n’avait failli à un serment. Damien, Boris et tous ses amis lui en auraient voulu de ne pas respecter sa parole. " Mathilde, crois-tu qu'il faille que je dise à papa et maman que je suis homosexuel ? - Ecoutes Quentin, c'est ta vie, mais saches une chose, c'est que quelle que sera la décision que tu prendras, je te soutiendrai. - Je te remercie grande sœur, mais je suis le dernier à pouvoir perpétuer le nom de la famille, et je suis sûr que si je leur annonce mon homosexualité, ils m'en voudront pour le restant de mes jours. - Cela tu ne le sauras que si tu le leur dis, mais vivre avec le mensonge n'est peut-être pas forcément la bonne solution non plus ! - Je ne crois pas que d’être le seul garçon restant de la famille soit une raison valable pour ne pas leur dire la vérité. Et puis je n’ai que vingt ans. Ils peuvent très bien supposer que ce n’est qu’une passade, que je ne sais pas trop encore ce que je veux, alors que je suis gay. Ca j’en suis certain. - Regardes, j'ai vingt-sept ans, j'ai mon appartement et un mari. De plus j'ai pas mal de copains et copines homosexuels. - Oui je sais tout ça, mais ça me fait peur. En plus j’ai fait une promesse sur les tombes de Damien et Boris. Tu sais que je ne suis pas du genre à ne pas tenir mes promesses. - Oui tout comme moi frérot. Et, si ça peut te donner un peu de courage, saches que certains ne l'ont jamais dit à leurs parents et ils s'en veulent maintenant qu'ils sont morts. Alors à toi de décider petit frère, et puis tu es majeur... De toute façon papa et maman ne rentrent pas à la maison avant le début de soirée, donc il te reste une bonne partie de l'après-midi pour réfléchir. - Je vais voir avec mes amis pour connaître leur avis et si c’est possible de les inviter à venir pour le moment de vérité avec les parents. " Quentin avait du mal à se libérer
l'esprit du terrible aveu qu'il désirait apprendre à ses parents. Il décida
alors de sortir pour ne plus y penser. Il déambula dans les rues de Bordeaux et
alors qu’il traversait la rue Sainte Catherine pour rejoindre la rue de " Tiens ! Salut Nicolaï ! - Salut Quentin ! Que fais-tu donc dans le coin ? - Je réfléchis. - Toi tu réfléchis, dit Nicolaï en rigolant. - Oui ! Oui ! Ca m’arrive aussi, affirma Quentin en souriant. En fait ça tombe bien que je te rencontre car j’ai besoin de ton avis et de ton aide. - Bah vas y je t’écoute ! - Comme tu le sais, j’ai fait la promesse sur les tombes de Damien et Boris de dire à mes parents que je suis gay si j’obtenais mon master. J’ai donc décidé de le faire aujourd’hui mais j’ai peur de leur réaction. - Je t’ai déjà dit que je te soutiendrai quoi qu’il arrive. Tu es un ami et jamais je n’ai laissé un ami et quand je fais une promesse je m’y tiens tout comme toi. En plus je pense que Mathilde te soutiendra aussi donc tu n’as aucun soucis à te faire nous serons toujours là pour toi tu le sais parfaitement. - Merci beaucoup ! Ca te dirait de venir à la villa ce soir ? - Oui bien sûr ! Si ça peut te permettre d’être plus serein il n’y a pas de soucis. - C’est cool ! Merci infiniment Nico. - Y a pas de quoi Vivi ! Alors à ce soir. J’arriverai vers dix-huit heures je pense. - Parfait ! A ce soir. " Nicolaï et Quentin se firent la bise avant de reprendre chacun leur chemin. Regonflé, le jeune Villars rentra à la villa et s’enferma dans sa chambre pour vidéophoner à Yoann et François. Tous deux lui réaffirmèrent leur soutien et furent même disposés à venir sur Bordeaux pour aider Quentin dans ce moment décisif. Ce dernier fit alors envoyer l’hélicoptère privé à Paris où était François et le jet familial à New-York où résidait toujours Yoann. * * * Dans le même temps, monsieur et madame Villars, les parents de Quentin et Mathilde, suivaient avec assiduité une conférence qui leur parut fort intéressante. Le thème en était : la sexualité, les relations entre parents et enfants. Evidemment durant leur exposé, les orateurs abordèrent le sujet de l'homosexualité. A ce moment-là, Nicole et Bernard Villars se regardèrent et se comprirent mutuellement. " Penses-tu que Quentin va enfin oser nous en parler ? Demanda Bernard à l'adresse de son épouse. - Je l’espère ! En tous les cas, il faudra bien crever l'abcès un jour ou l'autre. Donc s'il ne nous en parle pas dès ce soir, ce sera à nous de le faire même si je sais que l’on a dit que l’on attendrait la prochaine rentrée universitaire. Mais surtout il faudra bien lui faire comprendre que sa sexualité ne changera en rien notre amour pour lui, que tout ce que nous voulons c'est son bonheur. - Bien sûr chérie, confirma Bernard toujours absorbé par la conférence." Tout en parlant, ils ne perdirent pas un mot de l'exposé des conférenciers. Sitôt la réunion terminée, vu qu'il était déjà près de vingt et une heures, ils rentrèrent aussitôt à la villa. Quentin n'était pas encore rentré lorsqu'ils y arrivèrent. Il était sorti dîner dans un restaurant avec Yoann, François et Nicolaï. Il ne retourna chez ses parents qu'une demi-heure après eux. Nicole, Bernard et Mathilde, invitée à dîner le soir, étaient assis dans le salon et regardaient la télévision, lorsqu'il pénétra dans la pièce accompagné par ses amis. Il avança dans leur direction d'un pas calme mais déterminé tandis que Yoann, François et Nicolaï s’installaient dans les fauteuils. Quand il fut devant eux, il avait le regard de quelqu'un qui avait des choses à dire. " Papa, maman, j'ai quelque chose de très important à vous annoncer, commença-t-il. - Nous t'écoutons fils, dit la maman en éteignant le téléviseur. - Voilà, je sais que je suis le dernier de la famille et que l'on compte sur moi pour perpétuer le nom, mais hélas, je ne pourrais accomplir une telle prouesse, car elle est au-dessus de mes forces. Ce que je veux dire par-là, c'est que vous n'aurez jamais de petits-enfants qui porteront notre nom, pour la simple et bonne raison c'est que je n'aime que les garçons... Je suis sincèrement désolé de vous faire honte et de faire honte au nom prestigieux que je porte. - Quentin, commença le père, nous le savons déjà depuis un long moment que tu es homosexuel, et nous sommes heureux que tu oses enfin nous en parler. Cela fait de nombreuses années que l’on attendait cette révélation. Tu n'as pas à avoir honte, car tu es notre enfant et que malgré ta différence, nous t'aimerons toujours autant. Il n'est pas important que notre nom soit perpétué, tout ce que nous voulons, c'est que tu sois heureux et que tu trouves le bonheur même si se doit être avec un garçon. - Nous nous en doutions déjà puisque nous n'avions plus vu de fille dans ta vie depuis cette charmante fille qu'est Géraldine. Nous avions appris qu'elle avait annoncé son homosexualité à ses parents. C'est pour cela que nous pensions que tu l'étais également. Apparemment nous avions raison. De plus, continua la mère, dès que tu auras trouvé l'amour de ta vie, et que tu nous l'auras présenté, nous le considérerons comme notre propre fils. Car personne ne pourra nous enlever tout l'amour que nous avons pour toi. - Merci papa, merci maman, je n'aurais jamais cru que vous le prendriez si bien. Je suis heureux d'avoir enfin osé vous en parler. Je peux dorénavant vivre l'esprit tranquille. Veuillez à présent m'excuser, mais je dois maintenant partir, car j'ai été invité à une petite fête à laquelle je vais me rendre après avoir raccompagné mes amis venus me soutenir. - Tu te rappelles ce que je t'avais dit il y a quelques temps, que tu risquais d'être fort surpris de notre réaction, et bien tu en as la preuve maintenant, dit la maman. Il ne faut pas croire que puisque nous faisons parti d'une certaine classe sociale, nous devons être comme tous les autres de notre milieu social. Nous nous moquons parfaitement des réactions des autres. Je pense que notre position au sein de la population bordelaise, française et même internationale fera taire pas mal de mauvaises langues. - C’est très bien que tu puisses avoir des amis sur qui compter, dit Bernard. Et ça nous fait énormément plaisir de revoir Yoann qui à l’air d’être en très grande forme. Tu passeras le bonjour à ta mère de notre part, ajouta-t-il en se tournant vers le fils Blanchet. - Ce sera fait avec grand plaisir monsieur Villars. - C'est vrai que je me rends maintenant compte que vous êtes des parents vraiment extraordinaires. Je suis fier d'être votre fils." Sur ces derniers mots, Quentin sortit de nouveau de la maison. Mais il avait l'air beaucoup moins anxieux cette fois-ci. Il avait même l'air franchement ravi. Dès qu’il fut à l’extérieur de la demeure, il monta dans la limousine avec ses amis pour les raccompagner soit à leur domicile, pour Nicolaï, soit à l’aéroport, pour Yoann et François, où le jet et l’hélicoptère allaient respectivement les reconduire à New-York et Paris. En route Quentin les remercia encore une fois ses trois amis de s’être déplacés pour le soutenir. Après que la limousine eut déposé tout le monde et que Quentin fut sur le chemin qui le séparait de la fête, il se remémora tout ce que venaient de lui dire ses parents. Surtout le fait que son homosexualité ne gêne en rien tout l'amour qu'ils avaient pour lui. Cette nouvelle eut pour effet de faire apparaître un large sourire sur son visage. Arrivé chez ses amis, il fut accueilli par un de ses meilleurs amis, homosexuel lui aussi, qu'il embrassa sur les joues. Une fois qu'il fut complètement rentré, et que la porte de la maison fut refermée, il remarqua que la fête, qui y avait été organisée, était au maximum de son intensité. La sonorisation à fond déversait des flots de musique techno et dance de la fin du vingtième siècle qui faisaient encore fureur après tant d'années. La boisson, qui y était fort abondante, permettait à tous les invités de pouvoir danser ou parler tout en buvant un verre. Mais, comme il avait été précisé sur le carton d'invitation, il n'y avait aucune boisson alcoolisée, afin d'éviter tout désagrément à l'issue de la soirée.
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