3 Le mardi 09 septembre 1997, c'était le grand jour pour
le jeune Loïc. Par l'intermédiaire de l'hélicoptère du SAMU de Les premiers jours, le nourrisson fut un peu déstabilisé. Ce fut le moment que choisirent Dominique et Martine Sanders pour venir le voir pour la première fois. Comme ils ne pouvaient pas s'absenter de leur travail trop longtemps, ils ne restèrent que trois jours en compagnie de leur fils. Alors que la nuit du huitième jour arriva, ce fut une alerte bleue qui se déclencha sur les moniteurs de la salle de garde. Les infirmiers accoururent vers la chambre 354 où Loïc dormait. Mais son sommeil était différent des autres nuits. Le nourrisson faisait une importante crise d'asthme. Afin d'éviter de trop grandes complications pulmonaires, ils lui injectèrent dix centimètres cube de produits antiasthmatique, dans le flacon qui lui servait à se nourrir. Après deux minutes, Loïc reprit une respiration normale et semblait moins agité. Seulement lorsque les infirmiers voulurent le réveiller, ils n'y arrivèrent pas. Le bébé venait de plonger dans le coma. Les parents furent immédiatement prévenus et ceux-ci, une fois qu'ils eurent consulté l'heure du radio réveil, ils constatèrent qu'il était à peine trois heures du matin. Ce ne fut que six heures plus tard
qu'ils réussirent à trouver un avion qui puisse les emmener jusqu'à
Clermont-Ferrand et de là prendre le bus pour Dès qu'ils franchirent le seuil de la porte du centre, le médecin qui s'occupait de Loïc vint à leur rencontre. Une fois à leur hauteur, il leur serra la main et les invita à le suivre dans son bureau. A l'intérieur de celui-ci, le docteur prit la parole. " Monsieur et madame Sanders, je voudrais tout de suite lever l'inquiétude que vous avez quant à l'état de santé de votre fils. Loïc est sorti il y a quelques minutes du coma dans lequel il était plongé depuis le milieu de la nuit. Après les premiers examens, nous avons constaté que c'était le produit que nous lui avions injecté suite à la crise d'asthme qu'il avait faite qui a provoqué ce léger coma. Nous avons dû attendre que les effets du produit s'estompent complètement pour remarquer que votre fils sort petit à petit du coma. Sachant maintenant cela, nous saurons comment réagir lors de prochaines crises. Nous allons devoir considérablement modifier le traitement que nous lui prodiguons actuellement. - Mais maintenant, dans quel état de santé est-il ? Demanda Martine. - Le jeune Loïc est en bonne santé. Il se remet petit à petit. Il a pris tout le biberon que nous lui avons donné juste après les examens, vers neuf heures ce matin, et après que nous lui ayons retiré le flacon qui le servait à se nourrir, mais par contre, nous avons laissé l'électrocardiogramme et l'électroencéphalogramme pour tout de même garder une surveillance électronique. Il faut dorénavant voir dans les prochaines douze heures comment il réagit au médicament que nous avons ajouté au biberon. Si le médicament ne réussit pas, nous devrons passer à des soins plus en profondeurs qui nécessiteront de nombreuses piqûres qui seront très certainement très difficiles à assimiler pour un corps aussi jeune. - Et si le médicament réussit, est-ce que notre fils sera tiré d'affaire ? S'inquiéta Dominique. - Alors si le médicament réussit, Loïc ne sera pas complètement sorti d'affaire puisque le traitement actuel ne concerne que l'allergie au pollen. Il faudra ensuite que nous nous attaquions aux autres allergènes en commençant par celui des poils de chiens et de chats ainsi que tous les autres que le jeune Loïc pourrait être amené à rencontrer. - Quand pensez-vous que vous pourrez commencer ce nouveau traitement ? - Il faut tout d'abord que l'on ait la confirmation que son corps accepte bien l'anti allergène du pollen. Donc il ne faudra pas compter avant deux bons mois. D'ici là, nous essaierons d'apaiser au mieux les différents allergènes qui le menacent. - Et lorsque tous les allergènes seront traités avec succès, Loïc pourra vivre normalement. - Une fois que le traitement de tous ses allergènes sera fait, Loïc pourra avoir une vie tout ce qu'il y a de plus normale. Il devra toutefois passer des contrôles de santé assez régulièrement et si le traitement de fond est terminé à l'âge de dix ans, nous lui ferons une série de piqûres de désensibilisation afin qu'il soit tout à fait tranquille. - Tout cela semble irréel, savoir que notre fils pourra vivre normalement d'ici quelques années. Pouvons-nous aller le voir maintenant. - Oui, bien sûr ! Je vous conduis immédiatement jusqu'à sa chambre." Ils se levèrent alors tous ensemble et lorsqu'ils furent sortis du bureau, ils se dirigèrent vers la chambre 354. Ce ne fut que lorsque Dominique et Martine furent à l'intérieur qu'ils virent le petit lit dans lequel il y avait leur fils et autour du berceau, ils aperçurent tous les appareils électroniques qui surveillaient l'état de santé du nourrisson. Toute la première année, Loïc fut ballotté entre périodes de coma, avec d'importantes crises d'asthme, et périodes de lucidité afin que le médecin trouve les meilleurs traitements pour sauver la vie du nourrisson. Ceux-ci mirent à rude épreuve la vie de couple de Dominique et Martine Sanders qui avaient de plus en plus de difficultés à concilier leur vie professionnelle et les visites auprès de leur fils. C'était bien souvent qu'ils changeaient au dernier moment leur projet d'aller voir Loïc. Les sautes d'humeur de Dominique étaient de plus en plus fréquentes. Les soucis financiers de la société de production mécanique, qu'il avait réussi à acheter au début de l'année 1998 et dont il était le gérant, n'arrangeaient en rien la situation familiale déjà précaire. Dominique ne voulait quasiment plus aller voir son fils au centre. Seule sa mère essayait de trouver suffisamment de temps pour que Loïc ait une présence familiale auprès de lui. Cela faisait maintenant deux ans que
le jeune Loïc se trouvait au centre spécialisé de " Pas bon bibon ! S'exclama Loïc à la stupéfaction de l'infirmière, du médecin et de sa mère. - Tu peux répéter mon bébé ? Demanda Martine. - Bibon pas bon ! - Qu'est-ce que tu n'aimes pas dedans ? Interrogea le médecin. - Cament ! Pas bon cament ! - D'accord Loïc ! Je te propose quelque chose. Si tu bois tout ton biberon, j'essaierai de donner un meilleur goût au médicament. - Bibon prochain bon. - Oui ! Le prochain biberon sera meilleur. Mais maintenant il faut prendre celui-ci." Pendant que Loïc prenait son biberon, tout en faisant une grimace de dégoût, Martine et le médecin parlèrent ensemble et il lui avoua que Loïc était en bonne voie et qu'après une troisième année dans le centre, il serait quasiment hors de danger. La plupart des allergènes étaient maintenant traités et Loïc répondait bien aux différents traitements qu’il avait subis jusqu’alors. Cependant, Loïc devrait revenir régulièrement au centre pour voir comment évoluait son système de défense contre l'asthme. Durant cette deuxième année, Loïc fut intrigué par le remue ménage qu’il y eut un jour d’octobre 1999, alors qu’il pleuvait averse à l’extérieur et qu’il n’avait que vingt mois mais déjà très éveillé pour son jeune âge. Une ambulance arriva toutes sirènes hurlantes au centre. Celle-ci contenait une couveuse et tout un appareillage pour la stérilisation de l’air. Cinq infirmières se dirigèrent vers le véhicule d’où fut extrait l’appareillage ainsi que la couveuse qui contenait un nouveau-né. Placés sur un brancard, la couveuse et l’appareillage furent aussitôt transportés à l’intérieur du centre et à l’autre bout du couloir où il y avait la chambre de Loïc et dans une zone interdite à lui. Ce secteur était occupé par des chambres stériles avec des bulles d’oxygène purifié. Loïc avait été fort intrigué par toute cette agitation, alors lorsqu’il sortit de sa chambre, ayant réussi à s’extraire de son lit malgré les barrières de protection, il demanda, à sa façon, à un infirmier ce qui se passait. Celui-ci dit qu’il venait de transporter un bébé qui était gravement malade parce qu’il n’avait pas de système immunitaire et que, tout comme Loïc, il était également asthmatique. Donc, au bout de la troisième année,
le médecin rassura Martine qui venait toute seule maintenant, du fait que
Dominique ne voulait quasiment plus entendre parler de son fils, puisque selon
lui, Loïc l'empêchait de prendre des vacances et gaspillait toutes les
économies qu'il avait faites pour de superbes vacances en famille. Le docteur
confirma que le jeune enfant pouvait désormais retourner chez lui à Bordeaux tout
en faisant de petits passages à Alors dès qu'elle apprit cette bonne nouvelle, en cette matinée du mercredi 12 juillet 2000, elle se précipita vers la chambre 354 où l'attendait impatiemment le petit Loïc. Il était bien sagement assis sur son lit en train de regarder la télévision du coin de l'œil tout en jouant à la console de jeux que lui avait achetés Martine pour son troisième anniversaire. Et lorsqu'ils eurent rassemblé toutes les affaires, ils dirent merci et au revoir à tout le personnel du centre. Loïc fit la bise à tous les infirmiers qui s'étaient occupés de lui, et ils allèrent en taxi jusqu'à la gare routière où ils prirent le bus jusqu'à Clermont-Ferrand avant de changer pour en prendre un autre qui les emmena à Bordeaux. Durant cet été 2000, le jeune Loïc ne souffrit d'aucune crise d'asthme. Martine l'inscrivit à l'école pour la rentrée de septembre. De son côté, Dominique Sanders rencontrait moins de problème avec la société de production mécanique. Il avait même réussi à embaucher du personnel grâce aux aides de l'Etat.
|
||

