11 Au cours de la seconde année de cours moyen, Loïc et Dominique se virent tout aussi souvent. Les deux enfants s’asseyaient toujours l’un à côté de l’autre. Ils étaient devenus très complices et ne se taquinaient plus comme ils l’avaient fait au cours de l’année scolaire précédente. Ils partageaient chaque moment passés ensemble. L’année scolaire était à peine entamée, c’était début octobre, que Loïc décida pour la première fois d’inviter son ami à venir chez ses parents. Cette nouvelle rendit Jean-Dominique fou de joie et accepta sans aucune hésitation. Rendez-vous fut donc prit pour que le jeune comte passe le weekend suivant chez le fils Sanders. Le soir, après le dîner, Loïc dit à ses parents encore attablés, qu’il voulait inviter son ami à passer le weekend. La mère fut ravie et accepta tandis que le père ne dit rien mais fit tout de même une moue de désapprobation. Ce fut donc en ce weekend d’octobre 2006 que les deux enfants se retrouvèrent au domicile de Dominique et Martine Sanders. Jean-Dominique avait amené quelques affaires pour passer la nuit et lorsque la voiture le déposa, le chauffeur sortit du coffre son sac de cours ainsi que le petit sac à dos qu’il avait soigneusement rempli de ses affaires. Toute la matinée du samedi fut consacrée aux devoirs. Ils étaient tous deux des élèves très studieux et ne rendaient jamais un devoir en retard. L’après-midi ils jouèrent avec la console que Loïc avait eue de la famille qui l’avait accueilli pour la durée des travaux de la ville de Bordeaux dû au tremblement de terre de 2002. Jean-Dominique avait la même console. A l’époque de la catastrophe, la famille du comte de Mormont avait vu la totalité de ses terres viticoles ravagées par le tremblement de terre. Par chance, elle n’avait pas que cette activité pour faire rentrer de l’argent et elle avait donc pu replanter, petit à petit, l’intégralité des six cent hectares de l’exploitation. Jean-Dominique et Loïc ne virent pas le temps passer. Martine vint les chercher pour dîner. Le jeune comte était émerveillé de la simplicité du repas, lui qui mangeait toujours avec au moins deux ou trois assortiments de couverts et presque autant d’assiettes, servi par un domestique. Il ne parut pas déconcerté quand madame Sanders lui dit de se servir lui-même. Les deux garçons mangèrent de bon appétit et pratiquement sitôt le repas terminé, et après avoir aidés la mère de Loïc à débarrasser la table, ce qui ne gêna en rien le jeune Jean-Dominique, ils remontèrent dans la chambre du fils Sanders qu’ils partageaient. Fatigués de la journée qu’ils venaient de passer, ils se couchèrent rapidement et s’endormirent tout aussi vite. Le lendemain se passa tranquillement à regarder la télévision et le chauffeur du comte vint chercher le fils vers dix-huit heures. Quand ils retournèrent en classe le lundi, Jean-Dominique était surexcité. " Salut Loïc ! - Salut Jean-Do ! - C’était super ce weekend. Il faudrait qu’on s’en refasse d’autres. J’ai adoré la façon dont tu vis, si simple et pourtant tellement bien, affirma Jean-Dominique un grand sourire aux lèvres. - Ouais j’ai bien aimé aussi et on s’en refera d’autres promis. - Super !" Les deux enfants allèrent ensuite en cours. Au fil des mois, Loïc invita par trois fois Jean-Dominique à venir partager un weekend chez ses parents. De son côté le jeune comte invita son ami à son anniversaire qui eut lieu le 17 mars 2007 au domicile familial en plein cœur du Médoc. Il ne restait plus que trois mois aux deux garçons pour profiter pleinement de leur insouciance d’enfant avant de plonger dans les grandes vacances et de là rentrer un peu plus tard dans le monde du collège et de l’adolescence. Ce fut juste avant la fin de cette dernière année d'école primaire, Jean-Dominique annonça une bien triste nouvelle à Loïc. " Loïc, je viens d'apprendre par mon père que je ne serais pas dans un collège public à la rentré. Il a décidé, sans même me demander mon avis, mais avec lui je commence à avoir l'habitude, de m'envoyer en pension dans un collège privé. - Et où sera ce collège privé ? - Il est en Suisse. Et malheureusement, d'après ce que m'en ont dit certains copains qui y ont déjà été, c'est un établissement très strict et d'où il est très difficile de communiquer avec l'extérieur. En fait, seule la famille a le droit de nous appeler et nous ne pouvons expédier du courrier qu'à cette même famille. - Alors je vois que le fossé qu'il y a entre nos deux mondes existe toujours. J'espère seulement qu'un jour nous aurons l'occasion de nous revoir. - Je l'espère également. En attendant de nous quitter, je voudrais que nous finissions l'année scolaire en faisant une grande fête à la maison. - D'accord !" Dès que leur conversation fut terminée, et durant les dernières journées, puisque Jean-Dominique avait appris cette nouvelle vers la mi-juin et que les cours se terminaient au début du mois de juillet. Donc, durant les quinze jours à trois semaines qui les séparaient des vacances d'été, ils ne se quittèrent pas un seul instant, car ils voulaient profiter de chaque minute qui leur restait à être ensemble. Ce fut lors d'une grande fête organisait le mercredi 09 juillet 2007 au château de Mormont, situé en plein bordelais et au milieu d'une immense propriété de soixante hectares toute recouverte de vignes, que les deux enfants se quittèrent en attendant que le destin veuille bien leur permettre de se retrouver. La fête qui commença en début d'après-midi, se termina fort tard dans la nuit. Alors pour éviter que Loïc fasse faire le chemin Bordeaux-le vignoble et retour à ses parents, Jean-Dominique lui proposa de rester dormir au château ce que Loïc accepta sans hésiter un seul instant. Par contre lorsque Loïc rentra au collège tout allait changer dans son corps, mais surtout dans sa tête. Mais pour le moment il essayait de profiter au maximum de ses vacances estivales qu'il passait pour la première fois seul avec sa famille. |
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