7 A leur rentrée en première année de classe élémentaire, les deux enfants furent de nouveau assis l'un à côté de l'autre. Leur amitié était devenue très forte, et personne n'aurait pu les faire changer de place ou même de les séparer. Ils restaient toujours tous les deux ensembles en cours comme lors des récréations. Certains de leurs camarades de classe venaient de temps en temps les rejoindre pour s’amuser avec eux. * * * Dans le même temps au siège de Villars France Entreprise c’était la panique la plus totale tout juste une semaine après la rentrée scolaire. En ce 11 septembre 2001, à 15 heures trente, heure française, tous les bureaux de la tour étaient en pleine effervescence. Deux avions détournés par des terroristes venaient de s’écraser dans les tours jumelles du World Trade Center qui abritaient certains bureaux du groupe américain. Personne ne savait encore s’il y avait des survivants. Les aéroports des états de New-York, Washington DC et de Virginie furent immédiatement fermés donc il fut impossible à Bernard de se rendre sur place afin de se rendre compte de l’ampleur des dégâts et aider les survivants et leurs familles de cet attentat terroriste. Dès qu’il put se rendre à New-York,
plus d’un mois après, avec un système de contrôle draconien, il prit son jet
privé et se rendit sur les lieux de la tragédie. Sur les quatre cents employés
que comptaient les bureaux du groupe Villars USA dans les tours jumelles, il y
avait plus des deux tiers qui avaient péri dans l’attentat. 275 morts et pour
subvenir aux besoins des familles, Bernard Villars organisa et créa une
fondation, * * * La fin de l’année fut plus calme et sereine pour tout le monde. Même Quentin et Damien s’amusèrent comme si rien ne s’était passé durant le premier trimestre. En ce début d’année 2002, avec le passage à l’Euro, chaque élève se vit offrir un sachet comportant toutes les pièces qu’ils allaient dorénavant utiliser. Don fait par Bernard Villars, sur sa fortune personnelle, à tous les élèves de l’école primaire à la terminale de la ville de Bordeaux. Quentin et Damien étaient tous deux excités à l’idée de pouvoir enfin profiter de cette nouvelle monnaie. Ils allaient pouvoir acheter tous les bonbons qu’ils désiraient. Contribution qui lui coûta quelques millions d’euros mais c’était pour la bonne cause comme il aimait à le dire si souvent. " Chouette ! Dit Quentin. On va enfin pouvoir utiliser l’Euro. - Ouais, c’est vraiment super. Depuis le temps qu’ils nous en parlent. - Mon père y est déjà passé depuis longtemps, mais ça n’a pas l’air évident. Même le comptable de papa a du mal à s’y retrouver... - Quentin et Damien, si vous pouviez écouter ce que je dis cela serait bien mieux, vous ne croyez pas, dit l’instituteur... Bon alors, reprenons. Qui peut me dire combien vaut l’Euro ? - Moi monsieur, répondit un des élèves en levant le doigt. - Oui Thierry ? - 6 francs et 56 centimes. C’est ce que me dit sans arrêt mon père. - C’est approximativement ça. En fait l’Euro vaut 6 francs et 55957 centimes, mais il est nécessaire d’arrondir jusqu’à deux chiffres après la virgule ce qui fait donc effectivement 6 francs 56 centimes." Leur instituteur de cours élémentaire première année est un éternel grincheux comme se plaisaient à le dire Quentin et Damien à leur famille. Valentin Germain était un métis guadeloupéen fin trentaine aux cheveux crépus et noir. Son teint renfrogné était ajouté par une taille moyenne et trapue. Il semblait ne jamais être souriant et détester les enfants bien qu’il enseignait de façon remarquable selon les dires des différents parents d’élève et de ses collègues instituteurs. Durant deux mois, ils apprirent à utiliser et à compter en Euro, cette monnaie qu’ils allaient maintenant utiliser dans la vie quotidienne. Toutefois, le tragique événement du début d’année scolaire aux Etats-Unis n’allait pas être le seul à mettre à profit Bernard Villars et les sociétés du groupe. La fortune de l’industriel allait être aussi fortement à contribution. Un événement d’un tout autre genre allait séparer Quentin et Damien. Depuis le début de cette année 2002, de nombreuses, mais peu importantes, secousses sismiques furent ressenties dans toute la région Aquitaine et aux environs. Mais la plus terrible des secousses était à venir. C'était le jeudi 21 mars 2002. Il était neuf heures vingt-quatre du matin. Tout à coup la terre se mit à trembler plus fortement qu’à l’ordinaire. Les enfants étaient terrorisés. Les élèves et même le personnel enseignant couraient en tout sens. L'instituteur, qui s’occupait de la classe de Quentin, rassembla ses élèves en même pas dix minutes et, tant bien que mal, les fit sortir de la classe, en évitant au maximum qu’ils courent. A l'extérieur du bâtiment, tout avait été dévasté. Même une partie de l’école, qui abritait la maternelle et l’école primaire, s'était complètement effondrée sans faire, semble-t-il, de victime. L’institutrice et ses élèves avaient eu tout juste le temps de sortir du bâtiment principal avant de voir les murs de celui-ci s’écrouler sur leur salle de classe et toutes celles qui se trouvaient à proximité. Ce tremblement de terre, qui avait
été mesuré à 6,9 sur l'échelle ouverte de Richter, avait détruit les trois
quarts de la ville de Bordeaux. Les sismologues enregistrèrent un phénomène
exceptionnel. Trois épicentres avaient été localisés : Le premier au sud de
Bordeaux, le second en plein centre de Bayonne et le troisième à la limite
entre Le maire de Bordeaux, ainsi que tous les maires de la région Aquitaine décidèrent aussi de fermer les écoles et les boutiques afin que tout le monde puisse être dans un maximum de sécurité. De ce fait, Damien et Quentin se retrouvèrent séparés l'un de l'autre pendant toute la durée des travaux afin d'effacer les traces du triste événement qui avait eu lieu. Ce drame replongea Damien dans les profondeurs noires de la mélancolie et fit resurgir de biens mauvais souvenirs qu’il avait commencés par oublier. Quentin vit nettement le changement chez son ami et avec l’éloignement qui s’annonçait remplissait le cœur de Quentin de tristesse mais il gardait un mince espoir que tous deux restent ensemble.
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