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            Le mercredi 06 septembre 2005, dès que la rentrée des classes fut faite, Loïc essaya de ne plus penser à ce triste événement. Cependant la place inoccupée juste à côté de lui, lui faisait penser à Valentin. Il avait du mal à effacer de sa mémoire la présence constante à ses côtés, que se soit dans les moments difficiles que dans les moments de joie, de son meilleur ami. Loïc ressentait partout la présence de Valentin. Malgré le conseil de sa psychologue et de sa mère, le jeune Sanders avait refusé de changer d’école afin d’éviter que le traumatisme de la disparition de son ami ne persiste trop longtemps. Il voulait garder tous les souvenirs qu’il avait eu au cours  de ces deux années passées en compagnie de celui qui lui manquait tant maintenant.

 

            Toutefois, le lendemain de la rentrée, un jeune garçon vint s'asseoir à ces côtés. Très vite les deux enfants se mirent à parler ensemble. Mais ce fut surtout lors de la récréation du matin que les deux garçonnets firent vraiment connaissance.

 

            " Comment t'appelles-tu ? Demanda Loïc à son jeune camarade.

            - Moi c'est Jean-Dominique de Mormont. Et toi ?

            - Loïc Sanders ! Tu ne serais pas le fils du Comte Edouard de Mormont ?

            - Si, mais il ne faut absolument pas que les autres soit au courant. Mon père ne veut pas que je sympathise avec n'importe qui, surtout avec ceux qui ne font pas parti de notre milieu social. Mais je pense qu'avec toi mon père ne dira rien. Je voudrais seulement que tu ne révèles pas à tout le monde mon identité.

            - Je te promets que je resterai aussi muet qu'une tombe... Non pas comme une tombe, dit Loïc en se reprenant d'un seul coup. Mais ne t'inquiètes pas, je ne dirai rien.

            - J'ai toute confiance en toi, et je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que cette confiance est méritée. Je crois que nous faisons parti d'un autre monde."

 

            Jean-Dominique de Mormont, cousin au deuxième degré avec Quentin Villars, était un jeune garçon potelé aux cheveux bruns et aux yeux d’un bleu très clair protégés par des lunettes. Il faisait environ un mètre trente. Même s’il était issu d’une famille aristocratique, Jean-Dominique était habillé comme tous les enfants de son âge et ce fut lui-même qui avait refusé d’aller dans une école privée.

 

            Durant le restant de la journée, Jean-Dominique et Loïc ne se quittèrent pas un seul instant. Ce ne fut que lorsque les cours furent terminés que les deux enfants partirent chacun de leur côté. Loïc rentra chez lui à pieds comme à son habitude tandis que le jeune Jean-Dominique monta dans une voiture avec chauffeur pour regagner son domicile qui était situé dans le Médoc.

 

            Au cours de la soirée, alors que le comte Jean-Sébastien de Mormont questionnait son fils sur sa première journée de classe, celui-ci ne dit pas un mot sur Loïc, de peur que monsieur son père ne désapprouve ce contact amical, et resta très évasif sur ce qu’il avait fait durant les cours. D’ailleurs son monsieur le Comte ne l’écoutait que d’une oreille distraite, trop occupé à écrire quelque rapport pour l’une de ses sociétés de courtage.

 

            Le comte de Mormont était un homme d’une quarantaine d’années, bruns aux tempes presque blanches. Sa grande stature et sa forte corpulence faisaient que personne n’osait lui causer de tort bien que ce fut un homme foncièrement bon sous ses airs de bouledogue. Veuf depuis déjà plusieurs années, son épouse était décédée en mettant leur fils au monde, il élevé donc seul son unique enfant.

 

            Le lendemain Jean-Dominique retrouva avec enthousiasme Loïc. Tous deux étaient si contents de pouvoir de nouveau se parler  et le fils Sanders avait même craint que le père de son nouvel ami ne décide que finalement la place de Jean-Dominique était en pension. Donc quand il le vit franchir la grille de l’école, il ne put cacher sa joie.

 

            "Jean-Do je suis si content que tu sois de retour j’ai été inquiet toute la soirée, dit Loïc en se précipitant sur son ami.

            - Salut Loïc je suis bien content de te revoir aussi tu sais. Concernant tes inquiètes il n’y en avait pas à avoir mon père respecte mes souhaits même si je lui cache certaines choses comme par exemple le fait que je ne lui ai pas parlé de toi encore.

            - Tu penses que ton père ne serais pas d’accord pour que l’on soit ami, demanda le fils Sanders tout en revenant dans la cour en compagnie de Jean-Dominique.

            - Je ne sais pas trop mais il est parfois suspicieux quand il s’agit de mes relations amicales ce que je peux éventuellement comprendre mais ça m’agace plus qu’autre chose.

            - Ca je veux bien te croire ça m’énerverait aussi d’être surveillé de la sorte.

            - Et oui pas facile d’être enfant de riche malgré ce que l’on peut penser."

 

            Ils passèrent leur journée à se taquiner tout au long des cours mais toujours dans la bonne humeur et quand vint le moment de se dire au revoir Jean-Dominique annonça quelque chose à Loïc.

 

            " Ce soir je vais dire à mon père que je me suis fait un ami à l’école je vais bien voir comment il va réagir.

            - Tu ne crois pas que ça va te poser des problèmes ?

            - Tout dépend comment je vais lui dire, dit Jean-Dominique en souriant.

            - Ouais mais quand même.

            - T’inquiète je sais y faire avec mon père. Je suis sûr qu’il sera ravi.

            - Si tu le dis alors."

 

            Puis les deux enfants se séparèrent poursuivant leur route chacun de leur côté.

 

            Le soir, comme il l’avait promis au jeune Sanders, le jeune comte annonça à son père qu’il s’était fait un ami à l’école où il était. Celui-ci ne parut pas choqué par cette nouvelle et ne demanda même rien de plus que le prénom de cet ami. Tout d’abord surpris par le manque de réaction de son père, Jean-Dominique finit par dire le prénom de son camarade de classe. Monsieur le comte sembla ravi que son fils ce soit fait au moins un ami.

 

            Et pendant toute la durée de l'année scolaire, Jean-Dominique et Loïc se virent parfois en dehors de l'école. Le plus souvent ils se voyaient dans la demeure de Jean-Dominique, car Loïc n'aimait pas trop faire voir la pauvreté dans laquelle il vivait par rapport à son copain Jean-Dominique. Il avait souvent un peu honte d’avoir moins d’argent que son ami.

 


 

 

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