8 Cela faisait maintenant deux semaines que le tremblement de terre avait secoué la ville de Bordeaux et ses environs. Le bilan de la catastrophe était effrayant. Plus de vingt mille personnes avaient succombé soit lors, soit des suites du tremblement de terre et plus des trois quarts de la ville avait été détruite ou sérieusement endommagée. Certains immeubles menaçaient même de s’écrouler à tout moment. Le reste de la région Aquitaine n’était pas en reste puisque sur l’ensemble de cette région on pouvait dénombrer près de 300.000 morts et selon une première estimation à plus de75 milliards d’euros de réparation. L’état fit appel à la générosité internationale et plus particulièrement aux autres états membres de l’union européenne qui dépêchèrent des hommes et du matériel tant pour la recherche des personnes disparues que pour le déblaiement des bâtiments écroulés. L’Europe débloqua aussi plus de 300 millions d’euros pour venir en aide à l’Aquitaine dévastée. Il fallait faire au plus vite pour éviter toute apparition d’épidémies. Le maire avait fait appel à son plus puissant administré pour faire les réparations les plus importantes et effacer, si ce n'était dans les mémoires, tout du moins à la vue de la population les traces du tremblement de terre. Le conseil municipal fit également appel au conseil général et au conseil régional, qui s’étaient temporairement installés dans des locaux disponibles de la région Limousin et Poitou-Charentes, ainsi qu’a l’Etat. Ces derniers ne purent fournir dans l’immédiat qu’un soutien matériel. Deux cents militaires du génie avec leurs engins furent dépêchés sur place. D’autres contingents du génie allaient arriver peu de temps après. " Monsieur Villars, dit le maire de Bordeaux. En l’état actuelle des choses et sur ce point, je pense que le gouvernement me permettrait cette entorse, pouvez-vous vous charger du déblaiement et de la reconstruction de notre ville et des autres communes de la communauté urbaine. - Monsieur le maire, à la vue du désastre qui s’est abattu sur toute la région, c’est avec beaucoup d’humilité que j’accepte votre proposition. Pour ce qui est du gouvernement je ne pense pas qu’il y aura de problème. Je me charge personnellement de leur signaler l’urgence de la remise à neuf des infrastructures de la ville et de la région. Quand désirez-vous que je fasse débuter les travaux ? - Dès que cela vous sera possible. Aurez-vous besoin d’éléments particuliers ? - Afin de commencer dans les plus brefs délais, il me faudrait tous les plans des édifices publics et classés ainsi que tous ceux que vous pouvez récupérer. Pour le reste, je m’arrangerai avec mes sociétés. En plus l’aide des militaires du génie me permettra d’avancer plus vite dans les travaux en me concentrant plus particulièrement sur la reconstruction des bâtiments tandis qu’ils se chargeront des infrastructures routières. Je travaillerai en collaboration avec les forces armées du pays et des autres états et avec l’aide de tous les meilleurs techniciens et spécialistes. Des techniciens des mes groupes étrangers viendront aussi aider à la reconstruction de la ville." Dans le tremblement de terre, plusieurs sociétés, ainsi que la propre demeure de Bernard Villars avaient d'ailleurs subi de très lourds dégâts qui se chiffraient à plusieurs dizaines de millions d’Euros. Par chance, la tour Villars avait miraculeusement résisté à la terrible secousse. Lors de sa construction, Bernard Villars, comme par intuition, avait exigé qu’elle soit aux normes antisismiques. Il avait tout de même subi quelques dégâts bien que mineurs. Une cellule de crise fut installée au rez-de-chaussée des locaux de la tour. Le réseau téléphonique étant hors d’usage, ils passèrent par le système satellite. En trois jours, grâce en partie aux engins du génie de l’armée, la ville avait put être débarrassée de tous les gravats qui encombraient les rues et les principaux axes routiers et qui auraient pu gêner la circulation des camions de chantier. La constatation des dégâts était affligeante. La mairie, classée aux monuments historiques, avait été partiellement endommagée, la cathédrale avait été presque entièrement détruite. Ce monument serait le plus gros défi à relever pour les sociétés de Bernard Villars du fait qu’il n’y avait pas de plan de cet édifice. Les administrations et les établissements scolaires avaient également subi des dégradations plus ou moins importantes. La région n'avait pas été en reste. La quasi-totalité des vignes avait été ravagée par le tremblement de terre. Les récoltes de l’année étaient perdues ainsi que pour les cinq années à venir le temps de permettre aux nouveaux plants de vignes de pousser correctement. Les routes principales qui menaient vers le sud du pays étaient toutes hors d’usage ou très sérieusement endommagées. Le coût total des réparations se montait à près de trois milliards d’Euros. Pour permettre aux élèves de reprendre les cours dans les meilleures conditions possibles, des locaux furent mis à leur disposition. C’était aussi pour permettre aux enfants d’essayer d’oublier cette tragédie même si beaucoup avaient perdu un parent, sinon les deux, ou un camarade dans les premières heures de la catastrophe. Cependant beaucoup durent partir en dehors de la région. Les conseils généraux et régionaux
et même l'Etat furent mis à contribution pour trouver des salles décentes pour
que les élèves puissent travailler. Le département et la région ne pouvant
accueillir qu’une petite minorité des élèves, ceux qui n’ont pu trouver une
place furent envoyés dans d’autres régions prêtes à les héberger. Ainsi,
Quentin se retrouva dans le sud-est de Avec la fermeture des boutiques de la ville de Bordeaux et de la communauté urbaine, ainsi que des routes endommagées, la cité était coupée du reste de l’hexagone. Plusieurs dizaines d’hélicoptères militaires faisaient la navette tous les jours pour ravitailler la ville en eau potable et en nourriture mais aussi pour transporter les habitants en sécurité et les élèves vers les villes qui les accueilleraient durant les travaux de réfection. Quentin, Damien et Mathilde prirent
l’hélicoptère privé de Bernard Villars pour se rendre sur leur nouveau lieu
d’étude Plusieurs pays européens vinrent à la rescousse de la ville en
apportant leur aide en hommes et en matériels. Certains mêmes envoyèrent des
fonds pour permettre une réfection rapide. Comme le tremblement de terre avait
également touché l’Espagne et le Portugal, ce furent les deux seuls pays, sur
les quinze que comporte la communauté européenne, à ne pas participer à l’aide
débloquée pour rétablir les réseaux d’eau, d’électricité et d’information de la
région Aquitaine. D’autres pays, comme l’Australie ou Les travaux de réfection durèrent de très longs mois. Avec l’aide d’architectes des monuments historiques et des nombreux plans d’édifices et de maisons qu’il avait pu récolter, Bernard Villars avait réussi ce challenge insurmontable. Les architectes venaient de tous les pays mais majoritairement d’Allemagne et d’Angleterre. Ils collaboraient avec les architectes français qui étaient venus spontanément de tout le pays. Lorsque les travaux furent terminés, la ville de Bordeaux et ses environs avaient été complètement remis à neuf et modernisés. C'était comme si rien ne s'y était passé ou presque. Grâce aux nouvelles techniques de réfection, aucune différence n’était visible sur les façades refaites de la mairie et de la cathédrale. Le plus difficile fut de reconstituer à l’identique les édifices classés et notamment la cathédrale. Malgré tout, avec toute la ténacité des équipes de reconstruction et grâce aux images en 3D, ils purent réaliser l’impensable. La cathédrale retrouva sa beauté et sa splendeur d’antan. L’hôtel de ville dû être entièrement démoli pour être reconstruite comme elle était auparavant. Tout comme le fut l’édifice religieux. Tous les systèmes de diffusion de l’image et de la radio furent modernisés. Les systèmes informatiques défectueux furent remplacés par du neuf en fibre optique. Pendant les travaux de réhabilitation de la ville, Bernard Villars décida de faire installer, avec l’accord de chacun des habitants et du conseil municipal, dans toutes les habitations, commerces et établissements publics ou privés des vidéophones en remplacement des téléphones dont la plupart ne fonctionnaient et ne fonctionneraient plus jamais, à cause du tremblement de terre. Les conseils municipal, général et régional et même le gouvernement donnèrent eux aussi leur accord pour cette installation, coûteuse certes, mais rendue nécessaire avec les événements. Le gouvernement, de son côté, en profita pour faire installer ce type d'appareil dans tous les endroits de chaque ville française. Bernard Villars avait déjà fait installer des vidéophones dans la plupart des pays où ses entreprises et ses groupes étaient implantés. La France était un des seuls pays qui n'avait pas encore bénéficiée de cette nouvelle technologie. Maintenant c'était fait, même s'il avait fallu attendre un tremblement de terre pour que cela puisse se réaliser. L’hexagone faisait ainsi un petit pas supplémentaire vers le futur et le pays s’alignait enfin avec le reste de ses compatriotes européens, américains et mondiaux. Mais il avait malheureusement fallu une tragédie pour que le gouvernement français consente enfin à se décider de se mettre à jour du point de vue technologie de pointe. Il était temps !
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