6 C'était la rentrée scolaire pour Quentin. Il se trouvait en cours préparatoire avec son seul ami Damien. Psychologiquement encore fragile, le jeune Daguet essayait de faire de son mieux pour surmonter cette épreuve dramatique qui l’avait frappé presque deux ans auparavant. Le pédopsychiatre qui l’avait suivi en maternelle continuait à le suivre malgré sa rentrée en cours préparatoire. Les deux enfants se mirent l'un à côté de l'autre, comme lorsqu'ils étaient à la maternelle. Quentin veillait comme un frère sur Damien. Il était le frère fragile dont il se sentait le devoir de protéger des autres et aussi le frère qu’il aurait voulu avoir en son fort intérieur. Ce désir d’avoir un petit frère Quentin l’avait dit à ses parents qui lui avaient répondu qu’il n’était pas si facile que ça de pouvoir lui donner satisfaction. D’une part parce que monsieur et madame Villars étaient des personnes très occupées, des parents qui aimaient déjà beaucoup les deux enfants qu’ils avaient eu mais aussi parce que Nicole ne se sentait pas d’avoir un troisième enfant maintenant. Ceci le jeune Quentin l’avait bien compris et cela révélait encore sa grande maturité pour son si jeune âge. Donc il se rattrapait de ce manque en protégeant et en s’amusant avec Damien. Tous les élèves étaient rassemblés dans le couloir et attendaient patiemment le professeur des écoles. Lorsque celui-ci arriva, il les fit entrer dans la salle de classe et les invita à s’asseoir mais en silence. Une fois ceci fait, l'instituteur, avant de commencer le premier cours, les mit au courant de certains événements qui faisaient la une de tous les médias depuis quelques années maintenant. Surtout depuis l’affaire belge du pédophile Dutroux. Cet homme d’à peine 25 ans, était un géant par rapport aux enfants puisqu’il faisait près d’un mètre quatre vint quinze. En plus de sa grande taille il était mince et ces cheveux châtains clair coupés court renforcés son allure de géant. Mais même si tout ceci pouvait faire peur à de si jeunes élèves c’était compensé par des yeux d’un gris-bleu profond qui apportaient une touche de douceur. Après avoir fait l’appel de ses élèves, il se plaça devant son bureau et, tout en croisant les bras, commença à parler aux enfants. " Les enfants, je suis Sébastien Modani. Je serai votre instituteur pour cette année scolaire, mais je voudrais, avant que l'on ne commence réellement les cours, vous faire un petit exposé sur ce qui se passe dans l'actualité depuis maintenant cinq ans. Je suppose que vous savez déjà tous de quoi je veux parler, mais j'y tiens absolument. Ce sujet est très important puisqu'il s'agit de la pédophilie. Quelqu’un veut peut-être dire quelque chose avant que je ne commence. Oui Thierry, dit-il en désignant un élève qui levait la main. - Monsieur, c’est quoi la pédophilie, demanda le jeune garçon blondinet du fond de la classe. - Il s’agit d’une pratique sexuelle qui oblige des petits garçons ou des petites filles comme vous à avoir des relations intimes ou des attouchements avec des grandes personnes. Ils agissent par ruse et parce que vous êtes plus vulnérables qu’un adulte et ces personnes qui sont malades, parce qu’il s’agit bien d’une maladie, aiment avoir du pouvoir sur les personnes vulnérables. - C’est comme les pédés, dit un autre avec une grande assurance. - Non ! Les pédés, comme tu les appelle Thomas, ou plus exactement les homosexuels sont attirés par des personnes du même sexe qu’eux, jeunes ou moins jeunes, mais pas par des enfants. Je tiens à vous le dire, il existe partout en France, et même à l’étranger, des individus qui sont malades, car je le répète la pédophilie est une maladie, et qui profitent de la faiblesse des enfants pour leur faire des choses qui ne sont absolument pas bien du tout et interdites par la loi. Si un jour, une personne vous demande de faire quelque chose qui vous semble bizarre, ou pas normal, ou même si cette personne essaie de toucher l'un d'entre vous à un endroit qui ne vous plaît pas, il ne faut surtout pas avoir honte de le dire à vos parents. Ces personnes sont malades et elles ont besoins d'être soignées, alors il ne faut pas hésiter à dire la vérité à vos parents. Ou alors, si vous n'osez pas le dire à vos parents, vous pouvez toujours le dire au téléphone. Le numéro est gratuit. Je vais le noter au tableau. Il y restera tout au long l'année scolaire. Il s'agit du : 119. Ce numéro est très facile à retenir et a spécialement été mis en place pour vous les enfants. Maintenant que ceci est dit, nous pouvons commencer les cours. - De toute façon ma mère m’a toujours dit de ne pas parler à un inconnu, répliqua une petite fille qui se trouvait au premier rang. - Et elle a bien raison, lui répondit monsieur Modani. Bon maintenant faisons le premier cours. " Les élèves avaient écoutés avec attention, même s’ils ne comprenaient pas tout ce que le maître d’école leur avait dit. Toutefois ils comprenaient tous que c’était important et assez grave pour qu’il en parle en début d’année scolaire. L'instituteur, leur donna un cahier pour qu'ils puissent y noter les cours qu’il allait leur enseigner, ainsi que quelques stylos et il commença par leur faire apprendre les lettres de l’alphabet. "Alors nous allons commencer cette année scolaire en apprenant les premières lettres de l’alphabet. Voici comment il faut faire la lettre "A" minuscule, dit l’instituteur en écrivant la lettre en question sur le tableau blanc. Essayez ! Faites-moi deux lignes de "A" minuscule. Après nous verrons comment on fait un "A" majuscule." Tous les élèves firent ce que l’instituteur leur demandait. Ainsi tous les élèves apprirent toutes les lettres de l’alphabet pendant tout le premier semestre. En même temps, ils apprirent les chiffres et les nombres mais aussi à écrire des mots et à compter. Ils commencèrent par écrire des mots simples. Les premiers qu’ils apprirent à écrire furent leur nom, prénom et adresse. Après tout cet apprentissage de base, ils apprirent à lire des livres simples pour commencer et qui étaient tout à fait adaptés à leur âge et qui leur permettraient ainsi d’apprendre plus facilement à lire tout en s’amusant en regardant les images. A l’occasion du prochain passage à l’Euro, l’instituteur montra aux élèves la forme et la valeur qu’auraient les billets et les pièces qu’ils verraient tous dans un peu plus d’un an dans leur porte-monnaie et que les enfants utiliseraient couramment dans quelques années sans toutefois rentrer plus en détail dans l’utilisation de cette nouvelle monnaie. Vers la fin de l’année scolaire, les élèves lurent des ouvrages qui ne comprenaient plus d’illustrations. Ils laissaient ainsi libre cours à l’imagination de chacun pour s’inventer les personnages des ouvrages. Ce qui n’était pas pour déplaire à Quentin, Damien et la plupart des autres élèves qui pouvaient se montrer très fertile en imagination. Damien semblait plus heureux qu’en début d’année scolaire mais Quentin restait vigilent malgré son jeune âge et il constatait encore des moments où son ami était morose et renfermé sur lui. Dans ces périodes, Quentin faisait tout pour redonner la joie de vivre à Damien allant même jusqu’à faire les pires pitreries ce qui lui valut une fois de ce se casser le poignet gauche ce qui était une chance pour Quentin qui était droitier. Durant les vacances d'été suivantes, Quentin et Damien partirent en voyage aux Etats-Unis avec Bernard et Nicole Villars ainsi que Sylvie Daguet. Elle avait intégré le groupe Villars quelques mois plus tôt au sein d’une structure à la charge de Nicole. C’était non seulement pour continuer à lui changer les idées mais aussi et surtout pour mettre en valeur ses compétences indéniables et elle était une collaboratrice de premier choix. Nicole avait acheté aux enfants, pour passer le temps et pour qu’ils restent tranquille, des cahiers de vacances pour leur permettre de continuer à apprendre à lire et écrire mais aussi et surtout pour éviter qu’ils ne perdent pas ce qu’ils avaient appris au cours de l’année scolaire. Elle avait également pensé à leur acheter des compacts disques audio de langues étrangères, notamment l’anglais, car le plus bel âge pour apprendre une langue était celui de Damien et Quentin. Ce dernier parlait déjà couramment l’allemand grâce à son père qui lui parlait dans cette langue à chaque fois qu’il s’adressait à lui ou à sa sœur Mathilde. Pendant tout leur séjour dans le nouveau monde, ils allèrent faire un passage à Disneyland ainsi qu’à Disneyworld. Ils visitèrent même les studios de cinéma. Ils revinrent de leur fabuleux séjour à la fin du mois août avec pleins d’images dans la tête qu’ils pourraient raconter à leur camarade de classe. D’ailleurs leur instituteur de cours préparatoire leur avait demandé, en accord avec les différents enseignants du cours élémentaire, de faire un devoir de vacances pour raconter tout ce qu’ils avaient fait avec leur propre mot même si ce n’était pas tout à fait bien orthographié ou exprimé. Quentin et Damien s’amusèrent beaucoup à écrire tout ce qu’ils avaient vu et visité durant ces vacances estivales. Ils remirent un véritable journal de bord à leur instituteur de cours élémentaire. Ils avaient noté quasiment chaque jour tout ce qu’ils avaient fait. Sans grand étonnement d’ailleurs, les copies de Quentin et Damien étaient semblables.
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