1 Aéroport de Bordeaux-Mérignac le 20 juin 1994, il était
dix-sept heures lorsque le jet privé de Bernard Villars, en provenance du
Tibet, arriva sur la piste. La famille Villars venait de passer cinq ans dans
un monastère tibétain où ils avaient appris comment vivaient les moines
bouddhistes mais aussi pour se ressourcer au sein d’une communauté religieuse qui
vivait dans le dénuement le plus complet et ce malgré la guerre qui opposait le
Tibet et Une fois que le jet se fut arrêté sur le tarmac, tout le monde en descendit. Nicole fut la première à descendre les quelques marches. Il s’agissait d’une femme élégante, de taille moyenne et de corpulence mince avec un visage presque enfantin malgré ses trente deux ans. Elle tenait par la main sa fille Mathilde, alors âgée de six ans. C’était une jeune fille qui était un peu plus grande que le reste des enfants de son âge. Ses joues un peu rondes faisaient penser à une poupée. Bernard suivit. Sa stature avait une carrure aussi imposante qu’impressionnante. Il était une force de la nature mais aussi gentil qu’il pouvait être musclé. Toujours souriant il croquait la vie à pleines dents du haut de ses trente cinq ans. Cependant il était conscient des réalités de la vie et il savait sciemment qu’il portait une lourde charge sur les épaules. Enfin se furent les deux hôtesses de l'air et le steward suivis du mécanicien de bord, du copilote et du commandant de bord. Les trois passagers étaient habillés de façon décontractée. Nicole portait une magnifique robe bleu ciel et un ruban rose dans ses longs cheveux blonds. Ses yeux bleus non maquillés, étaient cachés par des lunettes de soleil noir et dans aux pieds une simple paire de sandales achetées dans une boutique du Tibet. La petite Mathilde avait juste une jupe blanche et un t-shirt de la même couleur. Une casquette bleue protégeait ses yeux verts et cachait ses longs cheveux châtains clairs. Elle était chaussée de petites baskets bleus ciel. Quant à Bernard Villars, un pantalon en jeans bleu, une chemisette également bleue et des baskets blanches de marque Nike étaient tout ce qui l’habillait. Sa simplicité vestimentaire révélait parfaitement l’homme qu’il voulait être, un homme d’allure jeune mais aussi un homme respecté. Ils passèrent ensuite au contrôle des bagages, comme n'importe quel passager descendant d'un avion, mais à la différence des autres, à la sortie de l’aéroport, ils prirent ensuite une limousine pour rentrer chez eux. Ce couple avec cette jeune enfant, habitaient une superbe demeure dans la banlieue bordelaise. Monsieur Villars était une personne
très connue et très importante à Bordeaux et même à travers l'hexagone et
jusqu'à l'étranger. Cet homme était un puissant industriel qui avait le
quasi-monopole des sociétés bordelaises. Il était le président directeur
général de la holding Villars et il dirigeait le groupe Villars France
Entreprises que son père, Valentin Villars, avait créé une cinquantaine
d'années plus tôt alors qu’il n’avait quasiment pas un sou en poche. Un Bill
Gates à la mode française, mais dans le domaine du bâtiment et des travaux
publics. Durant plusieurs années, il avait dû lutter pour éviter la faillite,
mais aussi pour faire face à une concurrence de plus en plus importante et
virulente. Maintenant une rue de Bordeaux portait son nom, celle-là même où
était le siège social du groupe. Il y avait aussi plusieurs rues ou avenues à
travers Quant à son épouse Nicole, elle était la fille du célèbre Baron Auguste de Villebon, grand homme d'affaires lui aussi, qui possédait de nombreuses sociétés cotées en bourse. Elles étaient pour la plupart dans le secteur de l’information puisqu’il possédait de nombreux magazines, chaînes de télévision et stations de radio. A sa mort, peu de temps après celle de Valentin Villars, décédé le 10 juillet 1987, comme Nicole était son seul enfant, elle hérita de toute la fortune et de toutes les sociétés de son père. Elle rencontra pour la première fois Bernard Villars peu après l’enterrement de son père alors qu’il avait été invité à une soirée mondaine par une amie qu’ils avaient en commun. Ils se revirent par la suite plusieurs fois pour sortir officiellement ensemble 3 mois après leur première rencontre. Après deux ans de fiançailles, et pour faire taire les rumeurs du fait de la naissance, hors mariage, de leur fille Mathilde, le 14 janvier 1988, Nicole de Villebon se maria avec Bernard Villars, le 20 mai 1990. Après leur retour de lune de miel, qu’ils avaient passé sur une île du pacifique, Nicole décida de céder ses sociétés à son mari qui les incluent dans sa holding. Ce qui lui permit de se diversifier un peu plus et de devenir un des magnats de la presse internationale. La panoplie de sociétés que sa femme venait de lui céder était plus qu’il n’aurait pu espérer, puisqu’il venait tout juste de se lancer dans ce domaine et qu’il avait un peu de mal à lancer l’activité de ce tout nouveau groupe. Mais grâce au savoir-faire de son épouse et de la compétence de ses employés, Bernard pouvait maintenant espérer de grandes retombées économiques. Bernard Villars, grâce aux sociétés de Nicole, était devenu la plus grosse fortune professionnelle et personnelle française. Cet homme avait également des sociétés à l'étranger. L'ensemble de ces groupes rapportait plusieurs milliards de francs de chiffre d'affaire à la holding. Les sièges sociaux des différents groupes de la holding Villars se situaient dans différentes régions du globe : Etats-Unis, Afrique, Moyen-Orient, Europe, France (dissocié du groupe européen situé quant à lui à Bonn), Asie, Amérique du Sud et Australie. Bernard Villars possédait un pied à terre dans chacune de ces régions qu’il habitait lors de séjours dans les pays ou lors de visites aux différents sièges. Il s’agissait souvent d’une propriété ou d’une maison mais il avait également à sa disposition une suite dans les plus beaux hôtels de son groupe hôtelier. Du fait de sa notoriété en France et dans le monde entier, il prenait une part importante dans la politique locale. Ainsi, chaque fois que le conseil municipal de Bordeaux avait un problème d'argent, mais cela n’arrivait heureusement pas très souvent, il faisait appel au puissant homme d'affaires. Ceci en toute légalité puisqu’un acte écrit était signé, en présence des avocats des deux parties pour éviter tout problème de procès, à chaque fois que l’homme d’affaires et le conseil municipal effectuait ce style de transaction. Bernard Villars prêtait la somme nécessaire, que la ville remboursait sans intérêt. Monsieur Villars n’était pas un homme à vouloir se faire de l’argent sur le dos d’une municipalité qui avait tant fait pour lui et sa famille. C’était donc sa façon d’aider la ville qui l’avait vu naître et grandir, et de les remercier de tous les emplois que la ville et la communauté urbaine de Bordeaux lui permettaient de créer du fait que les sociétés de la holding Villars Entreprises étaient très diverses. Elles allaient de la simple entreprise de maçonnerie à la société bancaire en passant par les sociétés d’assurance, une entreprise de pompes funèbres et un ensemble de chaînes de télévision et de stations de radio, dont s’occupait Nicole Villars. Il possédait aussi divers magazines vendus dans le monde entier qui appartenaient autrefois au père de son épouse et qu’elle gérait maintenant. Mais même si Nicole avait cédé ses sociétés boursières à son mari, elle en avait conservé toutes les responsabilités. Elle avait tenu à continuer à gérer les sociétés que son défunt père avait mis tant de mal à monter et à faire prospérer. Elle se trouvait donc à la tête de deux métiers totalement différents l'un de l'autre. Elle avait en tout premier lieu son rôle de mère de famille qui lui demandait beaucoup de temps du fait du jeune âge de Mathilde, même si le couple Villars avait engagé une gouvernante à la naissance de la jeune Mathilde. Cependant elle avait aussi celui de femme d'affaires qu'elle exerçait auprès de son mari et dont elle aimait à s’occuper, aussi souvent que possible, depuis le domicile conjugal, où deux bureaux avaient été aménagés, l’un pour Bernard et l’autre pour Nicole. Toutefois, ils possédaient tous deux leur propre bureau dans la tour Villars. Mais bientôt son rôle de femme d'affaire allait bientôt devenir de moins en moins une de ses priorités. Celui-ci allait progressivement être remplacé par celui de mère de famille. Tout du moins pour un temps.
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