15 Quentin avait de plus en plus de difficulté à ne pas montrer combien il était attaché à Yoann et il ne doutait plus un seul instant des soupçons que ses parents commençaient à avoir à son sujet. Ce fut d’ailleurs sa mère qui commença à se poser sérieusement des questions quant à la sexualité de Quentin. L’adolescent était maintenant en classe de troisième, il avait treize ans. Seulement, Nicole Villars voyait bien qu’il n’y avait aucune fille en compagnie de son fils. Elle remarquait bien que les autres adolescents de l’âge de son fils traînaient avec toute une troupe de garçons et de filles mais que son unique Quentin lui n’était qu’accompagné que d’une seule personne, en l’occurrence il s’agissait de Yoann. Pour Quentin, avoir eu sa première expérience sexuelle à l’âge de treize ans, et d’autant plus avec un garçon, ne semblait pas être inhabituel puisque d’autres garçons en faisait autant même si c’était avec des filles. Toutefois, la mère de l’adolescent pensait certainement autrement et le père du garçon devait sûrement raisonner comme sa femme. Monsieur et madame Villars ne savaient plus qui était vraiment leur fils. Même les gardes du corps de Quentin ne disaient rien. Il faut dire que l’adolescent leur avait fait promettre de garder le secret et de toute façon la protection rapprochée de l’adolescent n’avait pas été mise en place pour qu’elle divulgue quoi que ce soit de l’intimité de Quentin mais bien pour le protéger d’une quelconque agression ou tentative d’enlèvement. Bernard et Nicole étaient bien sagement installés dans le canapé en cuir du salon face à la télévision allumée, un gigantesque écran plasma. Madame Villars, tout en regardant l’écran, eut une mauvaise pensée qui lui traversa l'esprit. Elle en parla aussitôt à son mari. " Chéri, dis-moi ! J’ai comme un mauvais pressentiment. Ne crois-tu pas que Quentin nous cache quelque chose ? - Que veux-tu dire par là ? - Je ne sais pas trop ! Mais j'ai l'impression qu'il n'ose pas nous parler. Nous n'avons plus du tout les mêmes conversations que nous avions avant. - Qu’est ce qui peut bien te faire penser ça ? - Tiens, un exemple, lorsque nous abordons le sujet de la sexualité, il essaie tout de suite de changer de sujet. Tu ne trouves pas ça bizarre ? - Tu sais, Quentin arrive à un âge où il est difficile de parler de certaines choses, notamment de la sexualité, même à ces propres parents. Et puis il est en pleine "mutation". - Et il y a autre chose. Te souviens-tu de ce documentaire et de ce film sur l'homosexualité qui sont passés il n'y a pas très longtemps à la télévision. Il avait eu l'air très intéressé par ce sujet en particulier. A tel point qu’il les a même enregistrés. - Tu penses donc qu'il est homosexuel. Mais peut-être qu'il souhaitait seulement s'informer sur cette sexualité ainsi mieux comprendre ces personnes et leur façon de vivre. Il faut dire qu’ils ont un fort pouvoir d’achat. C'était peut-être aussi pour sa curiosité personnelle ou encore devait-il faire un exposé sur cette sexualité. - N’essaie pas de lui trouver des excuses. Moi je suis sûr de ce que j’avance. Donc si je te dis que Quentin est homosexuel c’est qu’il l’est. - Attendons de voir comment ça va se développer. - Je sais encore ce que je dis, affirma Nicole en commençant à élever la voix. - Ne te mets pas en colère. - Je suis sûr d’avoir raison. - Je sais bien ma chérie mais on peut toujours lui laisser le bénéfice du doute. Après tout on n’a aucune preuve réelle, uniquement des suppositions pour le moment. - Oui c’est vrai excuse moi mais je n’aime pas cette situation. Je me sens complètement exclue de la vie de Quentin. - C’est un adolescent et comme tous les jeunes de son âge il veut préserver sa vie privée et c’est compréhensible. Ils font tous ça. Même moi je suis devenu moins bavard avec mes parents quand j’étais adolescent. - C’est vrai que je ne parlais pas beaucoup non plus. Et il a le mérite de verrouiller toutes les portes car même ses gardes du corps semblent devenus muets d’un seul coup quand on aborde le sujet. Mais je compte bien en avoir le cœur net rapidement." La conversation en resta là car Quentin venait juste d'entrer dans le salon. Les parents ne voulaient pas que leur fils se doute qu'ils étaient en train de parler de lui et qu'ils se faisaient du souci pour lui et surtout pour sa sexualité. Mais ils ne pensaient pas que Quentin aurait pu entendre ce que Bernard et Nicole disaient. Or il avait entendu la quasi totalité de la conversation en restant caché dans l’embrasure de la porte, appuyé contre le mur dès qu’il eut entendu ses parents prononcer son prénom. En tout cas, suffisamment pour qu’il s’inquiète et qu’il se renferme encore un peu plus sur lui-même. Il ne resta pas longtemps en compagnie de ses parents. Il se retira dans sa chambre où, sitôt la porte fermée, il s’allongea en travers de son lit et se mit à pleurer abondamment. Il n’aimait pas cette situation mais il ne se sentait pas encore prêt à tout dévoiler. Et surtout il voulait être sûr que ses parents ne le rejetteraient pas quand il leur dira la vérité. Seulement Nicole ne pouvait effacer l'idée que son unique garçon puisse être homosexuel. Son éducation et le milieu auquel elle appartenait, faisaient qu’elle avait du mal à accepter cette sexualité bien qu’elle en côtoyait beaucoup de part sa profession. D’ailleurs elle entretenait de bon rapport avec eux. Alors, le jour de l’anniversaire de Quentin, le 29 mai 2009, Nicole ne put retenir plus longtemps les questions qui la submergeaient. Heureusement pour Quentin il ne restait plus grand monde à la villa lorsqu’elle se décida enfin à parler. Elle avait eu l’air préoccupée tout au long de la fête. Hormis la famille, seul Yoann et le petit ami de Mathilde, Damien Stryker, étaient encore là. Ce dernier s’était d’ailleurs retiré et avait rejoint Mathilde dans sa chambre. Quentin de son côté, se doutait que sa mère préparait quelque chose et lorsqu’il la vit s’approchait de lui à la fin de la fête, il en eut la confirmation. Nicole avait toujours la même façon d’agir quand elle devait questionner ses enfants, quel que soit le sujet de discussion. Elle s’approchait d’abord gentiment, regardait fixement, puis s’asseyait en face de l’enfant à questionner, croisait ses bras et enfin ouvrait la bouche. Ce fut cette méthode qu’elle utilisa avec Quentin. " Quentin, je voudrais savoir quelque chose. Et j'exige de toi une réponse franche et honnête, dit Nicole sans autres formalités. - Oui maman ! Je t’écoute, répondit Quentin anxieux bien qu’il savait déjà ce qu’elle allait lui demander. - Dis-moi Quentin, es-tu homosexuel ?" A cette question, qui était sortie d'un seul bloc de l'esprit et de la bouche de Nicole. Quentin et Yoann faillirent s'étouffer avec leur verre de jus de fruit qu’ils étaient en train de boire. Les deux adolescents se regardèrent d'un air inquiet et Quentin essaya de trouver dans les yeux de celui qu'il aimait, une réponse à cette terrible question. Mais tout ce qu'il réussit à trouver dans les yeux verts de Yoann, c'était une frayeur à cette horrible interrogation. Quentin prit son courage à deux mains et d’une voix assurée et en regardant Nicole dans les yeux affirma : " Maman ! Tu crois sincèrement que je suis homosexuel, dit Quentin en essayant de distraire sa mère. - Ne détournes pas la conversation Quentin et réponds à ma question. Es-tu homosexuel, dit Nicole en commençant à s’énerver. - Non maman ! Bien sûr que non, répondit Quentin en essayant de se convaincre lui-même de ce qu’il disait. Pourquoi me demandes-tu cela ? - Je ne sais pas, dit Nicole faisant semblant de le croire. Excuses-moi mais je voulais en être sûre. Je me fais tellement de soucis à ton sujet que je me suis imaginée des choses qui n'existent apparemment pas, dit-elle tout de même avec un peu de scepticisme. Je voudrais que tu m'excuses encore de t'avoir posé cette question stupide. Mais comprends-moi, tu as quatorze ans aujourd'hui et les seules choses auxquelles tu t'intéresses, ce sont tes cours et le sport. Mais également d’être aussi souvent en compagnie de ton ami Yoann. Sans vouloir insinuer quoi que ce soit te concernant Yoann. - Ne vous inquiétez pas madame, ce n’est rien. - Mais il faut me comprendre Quentin, je ne t'ai jamais entendu parler de fille ou d'une éventuelle petite-amie. Je m’inquiète beaucoup. Il faut me comprendre. Je t’aime mon fils et tu ne me parles plus depuis quelques temps. - Ce n'est pas grave maman. Je comprends tout à fait ton inquiétude, mais elle est inutile. J'ai encore le temps pour m'intéresser aux filles. Comme tu viens de le dire, j’ai quatorze ans et pour le moment, je préfère me consacrer à mes études et au sport qui sont plus importants pour moi actuellement. Tu sembles aussi oublier que jusqu’à mon entrée au collège j’étais toujours avec Damien. On faisait tout ensemble. - Oui c’est vrai que vous étiez toujours ensemble mais vous étiez des enfants. C’est totalement différent et depuis que tu es au collège tu ne le vois presque plus. - Notre séparation à l’entrée du collège n’est pas de notre faute. Il s’est fait de nouveaux amis avec qui il est tout le temps et j’ai fait de même de mon côté. C’est la vie maman même si je ressens un manque maintenant que l’on ne se voit plus. C’était mon meilleur ami jusqu’à notre entrée au collège. - Très bien Quentin ! C'est comme tu veux." La discussion s'arrêta là au grand soulagement de Quentin et de Yoann qui commençait sérieusement à douter du pouvoir de persuasion de son bien aimé et il avait peur que Quentin n’ait plus un seul argument à avancer pour que Nicole lui fasse enfin confiance. Mais lorsque les deux adolescents furent seuls, à l’abri des regards dans la chambre de Quentin, ils ne purent s'empêcher de reparler de tout cela. Ils avaient tellement peur que Nicole découvre le pot aux roses, qu'ils préférèrent en parler pour établir un solide plan d'attaque au cas où elle recommencerait à se poser de telles questions. D’ailleurs Quentin et Yoann n’avaient aucun doute que Nicole Villars allait, tôt ou tard, reposer la question fatidique à son fils. Elle était tenace et Quentin le savait très bien. De nombreuses fois par le passé il s’est rendu compte qu’elle arrivait à obtenir ce qu’elle voulait tant sur le plan professionnel que personnel. " Quentin, je crois qu'il va falloir que nous nous organisions afin que ta mère ne soupçonne pas que nous sortons ensemble et que nous nous aimons. - Ouais tu as sans doute raison. Mais je ne sais pas comment nous allons pouvoir faire. De toute façon, je suis sûr que ma mère va encore me poser cette question un jour où l’autre. La seule solution pour éviter ça, ce serait que l'on trouve une fille qui jouera le rôle de ma petite-amie, car sinon j’ai peur que d’ici peu ma mère ne me repose cette question à laquelle je ne saurai quoi lui dire à part la vérité et je ne me sens pas encore prêt à lui dire cette vérité. Avant de le faire je veux être sûr qu’ils m’accepteront comme je suis et le comportement de ma mère aujourd’hui ne me dit rien de bon pour l’instant. Malheureusement pour moi je connais trop bien le caractère tenace de ma mère et son système de persuasion qui a déjà fait ses preuves sur ma Mathilde et moi. - Je crois que tu as raison. La seule solution serait de trouver une petite amie fictive qui pourrait permettre à ta mère de ne plus s'inquiéter et nous permettre de nous aimer sans trop éveiller les soupçons. Maintenant, il faut trouver la fille qui sera d'accord pour jouer ce rôle. - Le problème c’est que je ne connais personne qui puisse jouer la comédie et ainsi faire croire qu’elle sort avec moi. La seule personne qui puisse nous sortir de cette situation, c'est ma sœur Mathilde. - Mais tu ne crois pas que si tu lui confies notre secret, elle va s’empresser d’aller tout dire à tes parents. J’ai peur qu’elle ne crache le morceau si ta mère lui pose des questions précises sur toi. - Je ne crois pas. J’ai pleinement confiance en Mathilde. Elle a toujours su garder le moindre de mes secrets à mes parents et ce depuis ma plus tendre enfance. - Bon ! Si tu as entièrement confiance en elle et que c'est la seule solution, il ne reste plus qu'à lui demander si elle est d'accord. - De toute façon je ne vois qu’elle. Je m’imagine mal demander à mes gardes du corps de me trouver une fille, dit Quentin en éclatant de rire en se voyant parler avec ses protecteurs. - Oui c’est sûr. Ils ont pas vraiment la tête de l’emploi pour ça, répondit Yoann en riant à son tour." Quentin sortit sur le pas de sa porte de chambre et appela alors Mathilde. Il lui demanda de venir un instant dans sa chambre. Les parents étaient partis se coucher à l’autre bout de la villa, laissant ainsi leurs deux enfants tranquille au premier étage de la maison. Mathilde arriva aussi vite que possible, en laissant sur place son petit ami à moitié nu dans le lit, car lorsque Quentin lui demandait de venir dans sa chambre, cela signifiait souvent qu'il avait quelque chose de bien précis à lui demander, et surtout un secret à cacher, et qu'il ne fallait pas que les parents soient au courant. " Qu'est-ce que tu veux Quentin, demanda Mathilde lorsqu’elle arriva au bout de cinq minutes dans la chambre de son frère et qu’elle eut refermé la porte. Je te rappelle que j’ai quelqu’un qui m’attend dans ma chambre. - Oui je sais mais ce que je vais te demander aujourd'hui risque de sérieusement ébranler notre vie de famille et de te surprendre. - C'est à ce point là. Alors vas-y, je t'écoute mais essaie de faire vite s’il te plaît. - Je vais essayer. Tout d'abord il faut que je te fasse un petit résumé de la situation. En début d’année scolaire, papa et maman ont eu une petite discussion sur moi. Elle portait sur ma vie privée et surtout intime, car les parents se posent des questions quant à mes goûts sexuels. Et tout à l’heure, maman voulait savoir si je suis homo. Je lui ai répondu qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète que je préférais tout d'abord me consacrer à mes études et au sport et que je regarderais les filles un peu plus tard. Seulement je ne lui ai pas dis la vérité et je sais qu’elle ne m’a pas cru un seul instant. Tu sais comment est maman quand elle agit de la sorte. - Donc, si j'ai bien compris ce que tu m'as dit, arrête-moi si je me trompe, tu as raconté une histoire à maman et, par voie de conséquence, à papa en faisant croire que tu n'es pas homo alors qu'en fait tu l'es, ce qui ne m’étonne pas vraiment outre mesure. Est-ce que j'ai bien compris la situation ? - Tu as tout compris, répondit Yoann surpris tout de même que sa sœur puisse s’être rendue compte qu’il est homosexuel. - Et si mes déductions sont exactes, je suppose que celui avec qui tu as une aventure c'est Yoann. - Encore gagné, s'exclama Quentin quelque peu dépité du manque de réaction de sa sœur. Mais j’aimerais savoir comment tu as su que je suis gay. - Ce n’est pas très compliqué en fait. Ca fait trois ans que je te vois toujours avec le même mec, sans vouloir t’offenser Yoann, et puis je côtoie beaucoup de personnes de la communauté gay bordelaise. Un de mes amis est d’ailleurs homosexuel. Mais même si j'ai compris ce que tu m'as dit, je ne comprends pas ce que tu désires et surtout en quoi je peux t’aider car, hormis les quelques personnes que je connais je suis parfaitement novice en matière de relation de couple chez les homos. - Ce que je veux, c'est que je voudrais que tu essaies de me trouver une fille qui puisse jouer le rôle de ma petite-amie pour que les parents ne se demandent plus si j'aime les filles ou les garçons. - Et je vais la trouver où et comment cette fille ! Tu peux me le dire ? Je secoue mon armoire pour voir s’il n’y a pas une fille qui en tombe !!! - Je ne sais pas. J'aurais pensé que tu connaissais des filles qui auraient pu rendre ce genre de service puisque tu as des fréquentations dans le milieu gay et lesbien de Bordeaux comme tu viens de le dire. - Bon ! Je vais essayer de te trouver ça, mais je ne te promets rien Quentin. La recherche risque de ne pas être évidente sachant que je ne connais pas beaucoup de filles qui auraient à peu près ton âge. En attendant je te conseille de faire l’autruche. - Merci beaucoup Mathilde. Je ne sais pas comment je vais pouvoir m'acquitter de cette dette envers toi, dit Quentin en serrant sa sœur dans ses bras. - Je ne sais pas non plus. Mais il ne faut pas trop t'en faire, car ça me fait plaisir de te rendre service petit frère. Même si parfois tes désirs sont un peu bizarres. Et tu ne penses pas que ça va attirer un peu plus l’attention des parents si, du jour au lendemain, tu leur présente une fille après les soupçons qu’ils ont déjà sur toi ? - Oui peut-être mais je n’ai pas d’autres solutions dans l’immédiat et je préfère ça à ne rien faire. Si toi tu en vois une je suis prêt à l’entendre. - Je n’ai pas de solution à te proposer p’tit frère donc je vais faire le nécessaire mais ça risque de prendre du temps. " Pendant plus d'une semaine, Mathilde rechercha la fille idéale pour son frère Quentin. Mais dans le même temps, Nicole réfléchissait toujours sur ce que lui avait dit son fils. Au plus profond d'elle-même, elle ne croyait pas un seul mot de ce qu'il lui avait raconté. Elle avait l'intime conviction que Quentin était homosexuel, mais elle n'avait pas encore la preuve qui pourrait le confondre et s’est bien ce qui le tracassait le plus. Un matin de juillet, à quelques jours de l’anniversaire de Yoann, au bout de deux mois de tension et de silence au sein de la famille Villars, surtout à l’heure des repas, Mathilde alla voir Quentin dans sa chambre pour lui dire qu'elle pensait avoir trouvé la perle rare qui pourrait faire taire les rumeurs des parents. " Quentin, je crois bien que je t'ai trouvé celle qui te permettra d'effacer les rumeurs que peuvent avoir les parents. - Et elle est comment ? - C'est une fille très gentille, jolie, intelligente. Elle a le même âge que toi, et la cerise sur le gâteau, elle est dans le même cas que toi. - Tu veux dire quoi par là ? - Tu le sauras quand tu la verras. Tu as rendez-vous avec elle cette après-midi. - En début d’après-midi... Mais ce n'est pas possible. Je dois voir Yoann cette après-midi. Je ne peux quand même pas le laisser tomber, dit Quentin en se mettant presque en colère. - Ce n'est pas grave Quentin. Tu n'as qu'à lui dire de venir lui aussi, car d'après ce qu'elle m'a dit, elle sera également accompagnée. - Sinon à part ça ! Je la connais cette fille ? Et quel âge a-t-elle ? - Alors, pour te répondre, elle a quinze ans et d'après ce qu'elle m'a dit sur toi, je suppose qu'elle doit effectivement te connaître mais je ne sais pas si c’est parce qu’elle l’a lu quelque part, entendu ou si elle te connaît vraiment. C’était difficile à démêler tout ce qu’elle me disait. - Bon, si je te comprends bien, c'est une fille que je connais, enfin plutôt qui me connaît, qui a les mêmes problèmes personnels que moi et qui est un peu plus vieille que moi puisqu’elle a quinze ans. Mais tu ne m'as pas dit à quelle heure est le rendez-vous, demanda Quentin. - Tu as rendez-vous avec elle ici même dans environ deux heures, soit vers quinze heures. Ca te laisse donc suffisamment de temps pour aller voir Yoann, lui expliquer la situation et l'inviter à passer l'après-midi à la maison. Je sens que cette après-midi va être riche en rebondissements. Je vais beaucoup m’amuser, dit finalement Mathilde en esquissant un sourire. - Dans deux heures, mais tu es sûr que les parents seront plus là ? - Certaine ! Ils doivent partir dans… elle regarda sa montre… une demi-heure environ. - Ils vont où ? - Alors là pas la moindre idée… " A ce moment là Nicole frappa à la porte de la chambre de Quentin. " Quentin c’est maman. Je peux entrer ? - Oui bien sûr ! Je suis avec Mathilde. - D’accord ! Elle ouvrit la porte. Je voulais vous prévenir que votre père et moi devons partir à un rendez-vous dans peu de temps. On rentrera peut-être tard donc vous aurez la villa pour vous toute la journée mais je ne veux pas voir de bazar à notre retour. - Promis maman, répondirent en chœur Mathilde et Quentin. " Mathilde savait parfaitement que leurs parents ne seraient pas présents à la villa de tout l’après-midi, alors lorsque Quentin eut toutes les informations qu’il avait jugé nécessaire, il prit sa veste, mit ses chaussures, et partit immédiatement, en vélo, en direction de la maison de Vanessa Blanchet, après qu'il lui eut vidéophoné. Quentin jubilait intérieurement, à la fois heureux de pouvoir rejoindre son bien aimé et de savoir que sa sœur lui avait trouvé une fille qui lui servirait de couverture vis ç vis de ses parents. Tout au long de son parcours qui l’amenait vers le domicile de la mère de Yoann, il avait le sourire aux lèvres. Une fois qu'il fut arrivé à destination, ce fut elle qui vint lui ouvrir la porte. " Bonjour Quentin ! Yoann est dans sa chambre et il t'attend avec impatience. Il n’arrête pas de tourner en rond depuis que tu l’as appelé. Il semble surexcité. Je ne sais pas trop ce qui se passe mais ça le rend nerveux. - Bonjour ! Dit Quentin en lui faisant la bise. Je vous remercie madame. Je vais le rejoindre de ce pas. - Mais de rien ! Mais dépêche toi car il n'arrête pas de trépigner dans sa chambre depuis que tu lui as dit que tu arrivais. Yoann meure d’impatience de te voir. - D'accord ! Je me dépêche de le rejoindre et vous savez que je n’aime pas être en retard." Aussitôt dit, aussitôt fait. En à peine trente secondes, il fut dans la chambre de Yoann qui sauta au cou de Quentin alors que celui-ci franchissait à peine le seuil de la porte. Il tremblait de tous ses membres et avait, de ce fait, du mal à tenir debout. Il était visiblement plus que ravi de voir son petit ami. " Quentin ! Je suis si heureux de te voir, dit Yoann en l'embrassant ne laissant pas le temps à Quentin de pouvoir parler. - Yoann ! Attends mon amour, réussit-il finalement à dire entre deux baisers. Il faut que je te parle. Il y a un petit changement à notre projet de cet après-midi. - Qu'est-ce qu'il y a ? Tes parents t'ont encore demandé si tu es homo ? - Non ! Cette fois-ci c'est Mathilde ! - Que lui arrive-t-il ? - Rien ! Elle m'a trouvé une fille... - Mais c'est génial ! Je ne vois pas pourquoi ça devrait changer quelque chose pour nous cette après-midi… - Si tu me laissais finir, je pourrais t'expliquer, dit Quentin en coupant la parole à Yoann. - Excuse moi mon amour, mais je suis tellement content de te voir. Vas-y je t’écoute, affirma celui-ci en s’asseyant sur son lit. - Donc, comme je te l’ai déjà dit, Mathilde m'a trouvé une fille, continua Quentin en s’installant à côté de son bien aimé, et j'ai rendez-vous avec elle dans maintenant à peine une heure à la villa, dit-il enfin en consultant en même temps sa montre. - Mais c'est une catastrophe ! Moi qui avais tout prévu pour cette après-midi. Nous devions aller au cinéma puis je voulais t’emmener manger une glace place Gambetta au Häagen Dazs et enfin terminer par une petite promenade. Qu'allons-nous faire ? Moi je veux rester avec toi. Tu me manques trop quand tu n’es pas à mes côtés. - Eh bien ! Il se trouve que ce n'est peut-être pas aussi dramatique que cela. Mathilde m’a dit que celle qui doit jouer ma petite amie va venir avec une autre personne. Elle m’a aussi dit que tu pouvais également venir à ce rendez-vous. Comme ça on pourra être tous les deux ensemble durant l’après-midi, même s’il y a cette fille. - D'accord ! Alors allons-y sans perdre un instant. J'ai hâte de voir celle qui jouera le rôle de ta petite-amie. Mais avant, il faut que tu saches que je t'aime et que cette situation renforce encore plus mon amour pour toi et que je fais tout ça pour toi, parce que je tiens à toi plus qu’à toute autre personne. - Moi aussi je t'aime mon chéri, et rien ni personne ne pourra empêcher notre amour. Même si pour cela je dois faire semblant de jouer aux hétéros. Maintenant il n'y a plus une seconde à perdre, car plus on parlera et plus l’heure du rendez-vous va se rapprocher et au final on sera en retard. Et tu sais que j’ai horreur d’être en retard. - Je le sais très bien Quentin. Alors allons-y. " Ils sortirent de la chambre et se dirigèrent vers la porte d’entrée de la maison. Avant de sortir ils dirent au revoir à madame Blanchet. Yoann récupéra son vélo dans le garage, rejoignit Quentin et ils partirent ensemble pour la villa. * * * Pendant que Quentin était au domicile de Yoann et qu’il discutait avec lui, la fille avec qui il avait rendez-vous arriva à la villa. Elle avait près d'une demi-heure d'avance. Ca lui permettait de parler avec Mathilde à qui elle présenta son amie. Cette adolescente était une superbe blonde aux yeux verts. Ses longs cheveux étaient tressés en une longue natte. Elle portait un pantalon en jeans blanc avec un chemisier également blanche et dans les pieds elle avait une paire de chaussures de ville de couleur beige. " Salut Mathilde ! Je te présente Mélanie. Mélanie voici Mathilde, la sœur de Quentin. - Bonjour Mélanie ! Je suis très heureuse de te connaître. - Moi de même, répondit celle-ci. D'après ce que m'a raconté Géraldine, nous sommes là pour ton frère qui n'a pas encore envi d'annoncer à tes parents qu'il est homo. - Tu as parfaitement résumé la situation entre Quentin et nos parents. - Je n’ai pas eu beaucoup de mal puisque j’en connais une qui fait pareil, dit Mélanie en désignant Géraldine tout en esquissant un petit sourire. Pourtant je sais que ses parents seraient prêts à accepter qu’elle est lesbienne. Mais bon c’est elle qui voit, dit-elle en regardant Géraldine et en lui passant la main gauche dans le dos. - OK ! Parfait ! Et où est le charmant garçon que je dois "couvrir" et "courtiser", demanda Géraldine qui se sentait de plus en plus mal à l’aise et pour couper court à la discussion entre Mélanie et Mathilde. - Il doit encore être chez son petit-ami. Mais il ne devrait certainement plus tarder maintenant. Tiens ! D'ailleurs je crois bien que c'est lui qui arrive. Je l’entends parler dans le hall. Et d'après la seconde voix je peux dire, sans trop me tromper, qu'il est en galante compagnie, dit Mathilde en faisant un large sourire." Les trois filles allèrent alors à la rencontre de Quentin et Yoann qui finissaient tout juste de franchir le seuil du couloir qui menait aux chambres à l’étage. " Déjà de retour petit frère, dit Mathilde depuis le pas de la porte de sa chambre. Bonjour Yoann ! - Oui, comme tu peux le voir. Mais je vois que tu n'es pas seule. Bonjour Géraldine ! Bonjour Mélanie ! - A ce que je vois tu les connais déjà. - Evidemment qu'il les connaît, d’ailleurs je les connais aussi puisque nous sommes tous les quatre dans la même classe, intervint Yoann. - Alors je n'ai plus rien à dire. - Si, une chose ! Que font-elles ici, sans vouloir vous offenser mesdemoiselles ? - Ce n'est pas grave Quentin. Nous ne t'en voulons pas, répondit Géraldine. Mais pour répondre à ta question, je crois qu'il vaut mieux laisser Mathilde parler. - Oui ! Mais rentrons plutôt dans ma chambre. Nous y serons plus tranquilles pour discuter. Et puis cela évitera que les parents n’écoutent malencontreusement notre conversation, s’ils venaient à rentrer plus tôt que prévu avec eux on ne peut vraiment être sûr de rien. Et puis on n’est jamais à l’abri d’oreilles indiscrètes. J’ai déjà surpris la cuisinière qui écoutait aux portes. J’en ai parlé à papa mais il semblerait qu’il ne m’ait pas cru jusqu’à maintenant." Les cinq jeunes gens rentrèrent alors dans la chambre de Mathilde. Celle-ci était suffisamment spacieuse pour tous les contenir. La chambre était composée d’un grand lit pour deux personnes avec un superbe baldaquin recouvert de velours de couleur parme, d’un bureau sur lequel se trouvait un ordinateur multimédia. Le mur où il y avait la porte supportait une grande armoire où Mathilde rangeait ses affaires et face au lit il y avait une bibliothèque remplie de nombreux livres divers et variés ainsi qu’une vidéothèque et côté se trouvait une télévision large LCD ainsi qu’un lecteur enregistreur de DVD de toute dernière génération dans un meuble hifi. Dès que tout le monde fut installé à l'intérieur de la chambre, Mathilde prit la précaution de fermer la porte derrière elle. Mathilde s’était installait dans son fauteuil de bureau, en cuir noir, face aux autres Yoann et Quentin s’étaient mis sur un coin du lit tandis que Mélanie et Géraldine étaient assises sur deux immenses pouf. " Bon ! Alors maintenant que tout le monde est assis, ce qui est très bien car je sens qu'il y en à certains qui vont faire un malaise lorsque je vais leur annoncer la nouvelle et je ne suis pas secouriste, dit Mathilde en rigolant." Yoann et Quentin se tinrent la main si fort que leurs jointures blanchirent. Géraldine et Mélanie se tenaient l’une contre l’autre comme pour s’empêcher de tomber. Mathilde qui, quant à elle, confortablement installée dans son fauteuil de, observait attentivement la scène en femme d’affaires qu’elle serait peut-être un jour. Elle prenait en plus un malin plaisir à faire patienter tout le monde. " Bon maintenant que tout le monde est assis, j'y vais. Quentin, il y a presque deux mois tu m'as demandé de te chercher une pseudo petite-amie, dit Mathilde en mettant bien l’accent sur ce dernier mot et en faisant le signe des guillemets avec ses doigts, pour cacher ta véritable sexualité aux parents. J'ai donc fait ma petite enquête auprès de mes amis que j’ai dans le milieu gay et lesbien de la ville et j'ai l'honneur et l'avantage de te présenter ta petite-amie en la personne de Géraldine qui, comme je te l'ai déjà dit avant que tu ne partes tout à l’heure, a le même problème avec ses parents. - Alors si je comprends bien, Géraldine, toi que je vois constamment entourée des plus beaux mecs du collège, tu es lesbienne. Et si je poursuis correctement dans ma logique, toi Mélanie est celle avec qui elle sort, affirma Quentin sa voix se mêlant de surprise et de stupeur. - Je vois que tu as une logique à toute épreuve, dit Géraldine. Toutefois, et ce dans l'intérêt de nos deux couples, je tiens à ce que nous conservions toute notre intimité. Donc nous ne nous verrons pas en dehors des cours si nous ne sommes pas tous les quatre. Evidemment la seule exception sera lorsque tu m'inviteras chez toi pour y manger ou lorsque je t’inviterai à manger chez mes parents, ou encore pour d'autres raisons que tu arriveras bien à trouver et qui seront utiles et nécessaires. Et il n’y a aucun compromis possible à ce sujet. - Voila une future femme d’affaires ou avocate redoutable, dit Mathilde en souriant. - Je pense que c'est un marché honnête, intervint Yoann. Comme nous sommes tous les quatre dans la même classe, il ne nous sera pas difficile de faire en sorte que nos deux couples puissent trouver un juste équilibre dans ce que tu proposes. Par contre, en cours, je souhaiterais que nous restions assis à nos places habituelles. - Pas de problème, répondit Mélanie. De toute façon, je n'aurai jamais accepté de m'asseoir à côté d'une autre personne que Géraldine. Je tiens beaucoup trop à elle pour ça. Cela fait bientôt deux ans que nous sortons ensemble et je ne permettrai à personne de s’asseoir à côté d’elle. - Ne t’inquiète pas Mélanie, rétorqua Quentin. Pour moi c’est pareil. Mon amour pour Yoann est tel que je ne pourrais m’asseoir à côté d’une autre personne que lui." Ces quelques points de détail réglés, tous les cinq parlèrent de choses et d’autres et notamment de leurs découvertes de leur homosexualité. Après près de deux heures passées dans la chambre de Mathilde, ils ressortirent de la chambre au moment même où Bernard et Nicole pénétraient dans le salon pour s’installer dans le canapé après avoir passé tout l’après-midi à se balader en amoureux et à faire les boutiques. Leur rendez-vous à l’extérieur était en fait un rendez-vous amoureux comme ils en avaient peu. Leur travail leur prenait beaucoup de temps. Quentin, Mathilde et Yoann descendirent au rez-de-chaussée et allèrent les retrouver suivis de près par Géraldine Vornska et Mélanie Gamblin. Les soupçons de Mathilde furent justes au sujet de ses parents. A croire qu’elle avait un sixième sens. Bernard et Nicole étaient partis vers treize heures et ne devaient rentrés que vers dix-neuf heures, mais ils étaient revenus alors qu’il était à peine dix-huit heures. Quentin essaya de se convaincre que ce qu’il allait faire était le mieux pour lui pour le moment et donc quand il fut proche de ses parents il prit la parole. " Papa, maman, vous vous inquiétiez de ne pas me voir avec une fille, alors, il se trouve que j'ai quelqu'un à vous présenter, dit Quentin en faisant un signe à Géraldine de s'approcher. Il s'agit de Géraldine Vornska. On est dans la même classe et nous sortons ensemble depuis deux semaines. - C'est très bien Quentin, annonça Bernard sans réelle satisfaction comme s’il se doutait de quelque chose. Enchanté de faire ta connaissance Géraldine. - Je suis ravie de cette nouvelle, dit finalement Nicole tout aussi sceptique que son époux. Nous serons très heureux de te voir ici Géraldine. - Merci monsieur et madame ! C'est avec un grand plaisir que je viendrai dans cette magnifique demeure, dit Géraldine en prenant le bras de Quentin et en lui faisant un bisou sur la joue pour faire croire à Bernard et Nicole que les deux adolescents sortaient effectivement ensemble, faisant un léger pincement au cœur de Mélanie et Yoann qui ne purent empêcher de se regarder avec un peu de jalousie dans leurs yeux." Quand Bernard vit cela, il fut complètement rassuré et alla en direction des deux adolescents pour les embrasser. Par contre Nicole, qui fit de même malgré tout, gardait toujours son impression première que Quentin était homosexuel. Souvent l’intuition d’une mère est plus judicieuse qu’on pouvait le dire. Elles devinent plus de choses qu’elles le laissent paraître. En son fort intérieur, Nicole était persuadée que son fils préférait les garçons aux filles et que Géraldine n’était qu’une couverture. Toutefois, elle n’avait rien pour prouver la véracité de ses pensées, mais elle comptait bien amasser un maximum d’informations pour étayer ce qu’elle songeait. Elle était prête à faire tout son possible pour ça mais c’était sans compter sur la persuasion de Quentin. Ce jeune homme avait la même ténacité que son père qui savait toujours qu’il arriverait à faire valoir ses projets comme les meilleurs surtouts si c’était pour le bien des autres. Cependant Quentin passa le resta de ses vacances d’été à jongler entre sa relation très personnelle avec Yoann et les quelques visites de Géraldine à la villa. Ce ne fut pas sans poser parfois quelques problèmes et même un soir une houleuse discussion eut lieu alors que Quentin dormait chez la madame Blanchet. " Je ne supporte plus cette situation Quentin. Je me sens complètement mis de côté. On se voit moins qu’avant tout ça pour que tu voies cette pétasse de Géraldine. - Ne l’insulte pas Yoann je t’en prie. Nous n’avons pas le choix pour le moment mon amour tu le sais bien. Tant que je ne serai pas sûr que mes parents acceptent que j’aime les garçons je ne ferai pas autrement. Mais il ne faut pas croire que je t’aime moins bien au contraire. Tu es toute ma vie. - Mais moi je passe en second plan maintenant. Même quand on discute simplement ensemble il n’y a plus que Géraldine par ci ou Géraldine par là. Et moi dans tout ça tu n’y penses même pas, dit Yoann en élevant la voix. - Bien sûr que si je pense à toi. Je pense à toi tout le temps même quand je suis avec elle je pense à toi. J’ai mal au cœur à chaque fois que je suis loin de toi, affirma Quentin qui avait les larmes qui lui montaient aux yeux. Alors s’il te plaît ne dit pas que je ne pense pas à toi. - Si tu m’aimais vraiment tu ne me ferais pas subir ça. J’en peux plus moi. Toutes les nuits je pleure parce que tu es avec cette pouffe qui veut te prendre à moi. Je ne veux plus la voir et je ne veux plus que tu la vois non plus. - Yoann mon chéri, elle ne veut pas me prendre à toi. Je te rappelle qu’elle est avec Mélanie et je suis sûr qu’elles s’aiment autant que moi je t’aime. Et moi aussi je pleure toutes les nuits parce que je suis loin de toi. Ne crois pas que je ne t’aime pas car c’est totalement faux. Si j’avais le choix je n’hésiterais pas un seul instant et je crierai à la terre entière que je t’aime et que je ne veux que toi. Seulement je ne peux pas pour le moment car je veux savoir si mes parents accepteront que je sois gay ou pas. Comprends-moi s’il te plaît mon amour. - Je n’ai pas vraiment le choix de toute façon." La conversation se termina sur cette dernière phrase de Yoann. Les deux adolescents se couchèrent et s’endormirent chacun dans un coin du lit sans même se souhaiter une bonne nuit ni s’étreindre comme ils avaient pris l’habitude de faire lorsqu’ils dormaient ensemble. La tension entre eux fut palpable jusqu’à la rentrée scolaire.
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