21 Agé maintenant de dix-neuf ans, Quentin se dit que cette année allait être décisive pour lui. En effet, il s'était juré de dire toute la vérité à ses parents s'il parvenait à décrocher son diplôme de troisième année de droit commercial. Il se fit cette promesse le jour de sa nouvelle rentrée à l'université, le mardi 21 octobre 2014. Il voulait d’autant plus le faire qu’il avait de plus en plus de difficultés à accepter le mensonge volontaire qu’il faisait à ses parents et il en avait assez de la solitude dans la souffrance quand un garçon qu’il aimait disparaît à tout jamais. La mort de Damien puis celle de Boris l’avaient mentalement énormément affecté. Ajouté là-dessus les départs de Yoann et François, cela faisait beaucoup trop pour lui car il n’avait personne à qui se confier, hormis sa sœur, et il voulait pouvoir partager sa souffrance avec d’autres et notamment ses parents. Ce fut sur les tombes de Damien et Boris qu’il se promit de dire toute la vérité. Il savait qu’ils auraient été d’accord surtout Boris qui, lui, n’avait pas eu le temps de le faire. Il demanda toutefois leur avis à Yoann, qui était toujours aux Etats-Unis et habitait désormais avec son compagnon, le fils d’un client de la société où travaillait sa mère et qui s’avérait être aussi son voisin, François qui avait déménagé de Toulouse pour se retrouver à Paris, et de Nicolaï, le seul à être resté sur Bordeaux, mais qui finalement était redevenu célibataire après s’être aperçu que Julien profitait de lui et de son argent. Tous trois furent unanimes et accordèrent leur soutien à Quentin dans l’épreuve qu’il allait affronter. Bien entendu ils dirent que c’était son choix et qu’il fallait qu’il agisse selon sa conscience. * * * Au même moment, les parents de Quentin discutèrent de leur unique fils. Ils avaient maintenant la certitude que leur enfant était homosexuel. " Bernard ! Tu me crois maintenant lorsque je te dis que Quentin est homosexuel, commença par dire Nicole alors qu’elle était assise dans le salon face à la télé en compagnie de son époux. Depuis l'histoire avec la petite Géraldine, je n'ai vu aucune autre fille dans la vie de notre fils. - Je crois que tu as raison ma chérie, continua Bernard. Mais comment lui faire comprendre que nous savons et que nous acceptons parfaitement sa sexualité. Les temps ont bien changé depuis près de quinze ans maintenant. Il faudra bien qu'un jour nous lui disions ce que nous savons. - Je suis tout à fait d'accord avec toi, mais laissons le faire le premier pas, car si c'est nous qui le faisons, comme les autres fois où nous avons parlé de l'homosexualité, il se refermera sur lui-même et il niera tout. Donc il vaut mieux attendre que ce soit lui qui nous en parle. La seule qu’à bien voulu me confier Mathilde c’est que Quentin a fait une promesse à Damien et Boris mais je ne connais pas la teneur de cette promesse. - Je suis d'accord pour attendre. Cependant s'il tarde trop, c'est-à-dire que si d'ici la prochaine rentrée scolaire qu'il fera, ce qui nous laisse tout de même un an, il ne nous l'a toujours pas annoncé, je crois qu'il sera bon d'avoir une discussion et enfin de lever le voile sur tout ceci, car vois-tu, cela me pèse de voir que notre fils nous cache quelque chose que nous n’ignorons plus. Il semble malheureux depuis quelques temps. La mort de son ami Boris l’a beaucoup affecté. Donc il faut qu’il se décide à nous dire la vérité afin de retrouver la joie de vivre qui le caractérise tant. Je sais aussi qu’il va tous les jours sur les tombes de Damien et Boris. Je comprends très bien que pour lui ce soit un sujet difficile à aborder. Il est vrai que nous sommes des personnes en vue et que les paparazzis ne demandent qu’à avoir un scoop pour remplir les colonnes de leurs journaux à scandales. - Oui je sais mon amour. Je vais moi-même régulièrement sur la tombe de Damien en compagnie de Sylvie. Les plaques en marbre qui sont sur sa tombe et celle du jeune Boris Gordenkov sont de Quentin. J’en ai la certitude. Mais bon, nous verrons bien d'ici un an." * * * Quentin, de son côté, espérait bien que cette année allait vraiment faire éclater la vérité au grand jour et tant pis si ses parents n'acceptaient pas ce qu'il était. Après tout il avait maintenant son appartement, et si ses parents ne voulaient pas d'un fils homosexuel, il s'en moquait. Le seul risque qu’il ne voulait pas prendre c’était que ses parents lui coupent les vivres car il avait peur de ne pouvoir réussir à travailler pour payer ses études et mener à bien ces dernières. Tout en se faisant cette réflexion, et comme de ce fait il avait l'esprit ailleurs, il heurta un jeune homme, élégamment habillé et visiblement très pressé, qui venait en sens contraire. Par un geste discret le jeune homme signifia à deux hommes au teint mat et très musclés qui se tenaient en retrait de ne pas bouger. Aussitôt Quentin s'excusa de sa maladresse et ramassa les affaires de l'autre garçon. Tout en réunissant les papiers, il lui demanda où il allait aussi vite. " Je vais en cours de français et je suis terriblement en retard. Mais le plus triste c'est que je ne sais absolument pas dans quel amphithéâtre il se trouve je suis complètement perdu. Peux-tu me renseigner ? - Mais bien sûr. Au passage je m'appelle Quentin et toi, quel est ton prénom ? - Hakim ! Mais pour répondre à ma
question, où se trouve l'amphithéâtre - Alors le - Merci beaucoup Quentin ! A plus tard peut-être ! Dit Hakim en se remettant à courir, suivi de près par deux gardes du corps." Après avoir indiqué son chemin à Hakim, il se dit que cette tête ne lui était pas inconnue, cependant il n’arrivait pas à se rappeler où il l’avait vu pour la première fois. Il avait bien remarqué que Hakim avait une protection rapprochée, donc ce devait être une personne importante. Il aurait été difficile de ne pas la voir. D’ailleurs Quentin aussi en avait eu une pendant de nombreuses années. Il reconnaissait donc facilement la présence de gardes du corps même s’ils essayaient d’être très discrets. Comme il était arrivé à l’amphithéâtre où il avait son cours de droit commercial, il remit à plus tard de savoir qui était Hakim. Toutefois, il lui restait en mémoire l’image du jeune maghrébin. Il s’agissait d’un beau garçon de vingt-deux ans, les cheveux noirs et les yeux de la même couleur. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il dominait vraiment la situation. Quentin le trouvait aussi vraiment séduisant dans son costume qui venait tout droit de chez Armani d’un magnifique bleu roi légèrement satiné, mais il se disait qu’il était hétérosexuel comme la plupart des maghrébins. Toute la matinée Quentin repensa à sa promesse de dire toute la vérité à ses parents s'il décrochait son diplôme de troisième année. Lorsque la cloche annonçant la fin des cours pour cette matinée retentit, il se rua vers la porte et sortit en trombe bousculant une nouvelle fois Hakim qui sortait lui aussi en courant de l’amphithéâtre situé juste à côté. " Mille excuses ! Encore toi ! Décidément nous nous heurtons beaucoup depuis ce matin. Je crois que ce doit être un signe. Pour la peine je t'invite au restaurant universitaire. Cela nous permettra de faire plus ample connaissance. - Parfait ! C'est avec plaisir que j'accepte ton invitation. Et pour ce qui est du signe, tu as peut-être raison, dit Hakim en faisant un clin d’œil à Quentin. - OK ! Alors allons-y !" Lorsqu'ils furent arrivés au restaurant universitaire, qu'ils eurent pris les plats qu'ils désiraient, et que Quentin eut payé le contenu des deux plateaux, ils allèrent s'installer dans un coin tranquille pour manger et parler sans être dérangé. Les deux gardes du corps d’Hakim suivaient de près les deux jeunes gens. De vraies sangsues, pensa Quentin fier de ne plus avoir les siens à sa suite. " Alors, pour commencer, dit Quentin, en quelle année et dans quel domaine es-tu ? - Je suis en première année de droit pénal, mais ce sera ma seule année, car je vais devoir retourner dans mon pays pour succéder à mon père sur le trône. L'année prochaine, le jour de mes vingt-quatre ans, je deviendrai le roi Hakim premier du Maroc. - C'est bien ce qu'il me semblait. Tu es le prince Hakim Ben Saoudi, fils du roi Farid Ben Saoudi cinquième du nom. J'aurais dû te reconnaître plus tôt. Nous jouions ensemble dans les jardins du palais lorsque mon père venait rendre visite au roi. - Quentin Villars ! Comment n'y ai-je pas pensé avant. Je me souviens parfaitement de toi maintenant. Ce dont je me souviens surtout, c'est la jalousie que j'avais face à ton corps athlétique puisque je n'avais jamais vraiment aimé tous les sports que me faisait faire mon père. - Mais je vois que tu t'es bien rattrapé depuis. Tu as un corps magnifique. - Je te remercie de ton compliment. Et je dois dire que je me suis mis à apprécier le sport pour justement te prouver que je pouvais avoir un aussi beau corps que le tien. - Et je m'aperçois que tu as bien réussi. Tu es maintenant devenu un magnifique jeune homme de vingt-trois ans. - Pardon de te corriger, mais je n'en ai que vingt-deux. Je n'aurai mes vingt-trois ans que dans cinq mois. - Toutes mes excuses Hakim. Puis-je t'inviter dans mon appartement ce soir. - Bien sûr ! Pas de problème ! Il faudra juste que je le signale à mes gardes du corps qui me suivent comme des petits chiens et à la limousine qui est constamment à l’extérieur dès fois qu’il m’arriverait quelque chose. - OK ! Donc je te dis à ce soir. A quelle heure finis-tu tes cours ? - Je termine à seize heures. - Bon ! Je t'attendrai à la sortie de la faculté vers seize heures trente. - D'accord ! J’ai appris le décès de Damien. J’en ai été très peiné. Je crois me souvenir qu’il était un très bon ami à toi. - Oui en effet. Il était même mon meilleur ami. Mort beaucoup trop tôt dans des circonstances dramatiques. Mais je préfère ne plus y penser pour le moment. - Oui bien sûr ! Toutes mes excuses Quentin. - Il n’y a pas de soucis." Pendant qu'ils finissaient de déjeuner, ils ne parlèrent pas, mais ils s'envoyèrent des regards et des sourires qui en disaient longs. Tous deux semblaient ravis de s’être retrouvés après tant d’années. Leurs yeux s’illuminaient tels des enfants devant un magasin de bonbons. Après le repas, ils déposèrent leur plateau et regagnèrent chacun leur amphithéâtre. Et lorsque les cours de l'après-midi des jeunes hommes furent terminés, comme promis, Quentin attendit Hakim qui ne tarda pas à arriver. Il avait renvoyé la limousine et réussi, avec plus de difficulté, à faire de même avec ses gardes du corps. Il ne voulait pas que ceux-ci le suivent jusqu’au domicile de Quentin en qui il avait une confiance aveugle. Ils partirent alors tous deux en direction de l'appartement de Quentin. Après une demi-heure de marche, ils arrivèrent à destination. Une fois dans l'appartement, confortablement installés, ils se remirent à parler de leur jeunesse et des bêtises qu'ils faisaient ensemble dans les jardins du palais royal. Quentin reparla avec Hakim du décès de Damien dont il avait été mis au courant peu de temps après l’enterrement de ce dernier. Le jeune prince en avait été fort attristé à l’époque car il appréciait beaucoup le fils Daguet. Un mot en entraînant un autre, Quentin et Hakim se mirent à chahuter comme lorsqu'ils avaient respectivement sept et dix ans. Mais les gestes allèrent plus vite que leurs pensées et ils restèrent le plus souvent en-dessous de la ceinture. Alors Quentin proposa à Hakim de passer dans la chambre, ce que celui-ci fit sans plus tarder. Il avait espéré ce moment depuis si longtemps. Quentin avait toujours ressenti quelque chose pour le prince mais à l’époque il avait plutôt mis ça sur le compte d’une amitié prononcée plutôt qu’un désir sexuel. Ils ne tardèrent pas à se déshabiller et très vite ils s'embrassèrent et se caressèrent tout en se mettant sous les draps. Ensuite, pendant plus de trois heures, ils firent l'amour, essayant la sodomie chacun leur tour. Ils oublièrent complètement de dîner préférant rester au chaud sous la couette à faire l’amour. Une fois qu'ils se furent reposés plusieurs heures, l'aube pointait le bout de ses rayons à travers les volets de la chambre et, de plus, comme c'était bientôt l'heure, pour Quentin, de se lever, ils se mirent à discuter ensemble, alors qu’ils étaient tous les deux attablés autour du petit déjeuner, encore seulement vêtus de leurs sous-vêtements. Ce fut Hakim qui entama la conversation. " Quentin, je voulais que tu saches que cette nuit à été pour moi la plus belle des nuits. C'était d'ailleurs la première dans les bras d'un garçon. Je ne voulais pas avoir ma première expérience homosexuelle avec un autre mec que toi. - Mais imagines un instant si je n'avais pas été homo. - Eh bien ! Je n'aurais couché avec personne. Je serai resté puceau toute ma vie. Et je dois t'avouer que lorsque j'ai su que tu apprenais le droit à Bordeaux, j'ai fais des pieds et des mains auprès du roi pour qu'il me laisse venir en France faire une année d'étude à Bordeaux. - Le roi est au courant de ton homosexualité ? - Il est tout ce qu'il y a de plus au courant, puisqu'il m'a surpris en flagrant délit en train d'embrasser un de mes gardes du corps. - Et il en pense quoi ? - Il a eu du mal à accepter au début. En fait il s'inquiétait plus de la réaction du peuple de savoir que leur futur roi est un pédé. Mais maintenant il ne peut pas tellement faire autrement. Je vais bientôt être le nouveau roi du Maroc et même si je suis homosexuel. Etant son seul enfant, et d’autant plus son seul fils, et lui n’ayant eu aucun frère ni sœur, il n'a pas la possibilité de me destituer de mon poste puisque sinon le Maroc n'aurait plus de roi et ça risquerait d’être l'anarchie la plus totale et, rien que pour moi, il a fait changer la loi en prévision de cet événement. - Je vois que les mœurs ont bien changé dans ce pays islamiste. - Oh ! Mais il n'y a pas seulement que dans ce pays que ça à changé. Dans tous les pays nord africains les islamistes essaient d'accepter la différence de certaines personnes. Ce qu'ils arrivent à faire de mieux en mieux maintenant que les extrémistes ont quasiment tous été éliminés. Il y a même des sections spéciales, composées à quatre-vingts pour cent d'islamistes, qui ont constitué des unités pour la protection des minorités. Si bien que si un problème arrive à une minorité c'est la section qui s'en charge et que s'ils ne font pas bien leur boulot ils se font taper sur les doigts. En plus quand je serai au pouvoir ce sera d’autant plus à l’ordre du jour puisque je vais essayer de coordonner une action avec les autres pays du Maghreb. Ca risque de ne pas être simple mais je vais faire mon possible pour que ça voie le jour. - Mais lorsque tu vas rentrer dans ton pays tu ne pourras pas coucher avec des garçons comme bon te semblera. - C'est là que tu te trompes Quentin. Mon père a déjà tout organisé en ce sens. J'ai plusieurs jeunes hommes qui n'attendent plus que mon retour au pays. Seulement je suis déjà amoureux de quelqu'un. - De qui s'agit-il ? - Ne t'inquiètes pas il ne s'agit
pas de toi. Je sais par avance que tu ne voudras jamais quitter - Je n'avais pas songé à moi un seul
instant. Mais il est vrai que je ne quitterai jamais - Il s'agit tout simplement du garde du corps dont je t'ai parlé tout à l'heure. - Comment s'appelle-t-il ? - C'est Hassan M'Ghana. - Le grand mince qui était toujours en train de t'emmerder lorsque l'on s'amusait dans les jardins du palais. Il est ton garde du corps maintenant. - Comme quoi, tout change, surtout lui puisqu'il m'a avoué qu'il m'emmerdait par jalousie. Il ne supportait pas de me voir avec un autre mec. Il était fou amoureux de moi et ça n'a pas changé. Je dirais que c’est même pire qu’avant si ça peut être possible, affirma Hakim dans un grand éclat de rire. D’ailleurs à ma demande il est dans ma protection rapprochée ici en France. Depuis je me suis mis à l'apprécier et plus je l'appréciais, plus je lui trouvais des qualités et moins je lui trouvais de défauts. Je devenais de plus en plus amoureux de lui, jusqu'au jour où j'ai complètement craqué et je l'ai embrassé fougueusement. - Eh bien ! Tu m’en vois ravi pour toi. Mais en attendant que tu partes pour le Maroc, je souhaiterais que nous passions un maximum de nuits ensemble à faire l'amour comme des bêtes, dit Quentin en se mettant à rire aux éclats. Je peux t'apprendre encore pas mal de choses sur l'amour entre mecs. - Cela me va parfaitement. Maintenant, il faudrait que l'on se douche et que l'on prenne un petit-déjeuner avant d'aller à la faculté. Je suis affamé. Je ne pensais pas que ça donnait autant faim de faire l’amour. - Tu as tout à fait raison. Je vais aussi vidéophoner à mes parents pour éviter qu'ils ne s'inquiètent et je te rappelle que nous avons manqué le dîner, ce qui n’arrange rien. En tout cas tu sais à quoi t’en tenir maintenant, ajouta Quentin en riant de plus belle. Tu trouveras tout ce que tu veux dans la cuisine si tu as encore faim. N’hésites pas à fouiller." Une fois qu'ils furent douchés et habillés, Quentin alla vers le vidéophone du salon et composa le numéro de la villa. Quand il vit sa mère sur l'écran, il lui mentit, une fois de plus, en lui disant qu'il avait dormi chez un ami. Nicole lui demanda un peu plus d'explications, mais Quentin lui répondit qu'il n'avait pas trop de temps, car il devait aller à la faculté. Cependant il lui donnerait toutes les explications qu'elle désirerait lorsqu'il serait de retour à la villa, puis il raccrocha le combiné coupant ainsi la communication avant que sa mère puisse lui répondre. Durant toute la journée, Quentin essaya d'échafauder un plan pour ne pas dire exactement toute la vérité à sa mère. Quand enfin arriva la fin des cours, il avait un mensonge qui allait parfaitement tenir la route selon son avis. Il en parla à Hakim car il devait être dans la confidence pour le cas où madame Villars ne le croirait pas. Une fois à la villa, sa mère l'attendait sagement dans le salon à regarder la télévision. Il alla alors vers elle sans même qu'elle le lui ait demandé. " Bonsoir maman, dit Quentin en faisant une bise sur la joue gauche de Nicole. Tu voulais savoir pourquoi je ne n'ai pas dormi à la villa hier soir. Eh bien ! Je vais donc vous dire où j’étais cette nuit. - Vas-y Quentin je t’écoute, dit Nicole sans grande conviction et en croisant les bras. - Hier j'ai revu une vieille connaissance à la faculté. Il s'agit du prince Hakim. Il m'a alors proposé de discuter du bon vieux temps et il m'a invité à l'ambassade du Maroc après les cours. Là nous avons tout d'abord dîné et ensuite, comme nous avons parlé pendant beaucoup de temps, il m'a demandé de rester dormir à l'ambassade. Comme il était presque minuit et que je ne voulais déranger personne à la villa, j'ai accepté sa proposition. Voilà donc pourquoi je n'ai pas dormi à la villa la nuit dernière. - Et comment va Hakim ? Que fait-il maintenant ? - Le prince va très bien et il est en première année de droit pénal à la faculté. Mais il va retourner dans son pays l'année prochaine pour monter sur le trône à la place de son père. - Mais c'est merveilleux ! Il fera un très bon roi pour le Maroc. Ton père et moi serons les premiers à le féliciter lors de son accession au trône. - Tu pourras même le faire avant puisque je l'ai invité à la maison pour demain soir. - Nous serons ravis de le revoir. Surtout qu'il doit être devenu un charmant jeune homme qui fait chavirer les cœurs de toutes les belles jeunes filles de son pays. - Ah ! Ca c'est le moins que l'on puisse dire. C'est un véritable coureur de jupons. Maintenant que je t'ai dit où j'étais la nuit dernière, puis-je me retirer dans ma chambre pour faire mes devoirs. - Bien sûr Quentin. Tu peux y aller." Durant la soirée, il repensa au mensonge qu'il avait raconté à sa mère. Mais pendant la nuit, ce fut à Hakim qu'il pensa. Il se voyait nu avec lui dans le lit de son appartement et en train de faire l'amour comme ils l'avaient fait la veille au soir. Le lendemain soir, lors du repas qui eut, comme convenu, à la villa Villars, ceux-ci demandèrent à Hakim comment se passait sa vie de prince. Ils aimaient bien la famille royale du Maroc et entretenaient de très bon rapports personnels et professionnels avec le roi Farid V. " Alors, commença Nicole, comme ça tu vas remplacer ton père sur le trône. - Oui, mais cela ne se fera que le jour de mes 24 ans. - Et le mariage, intervint Bernard, quand se fera-t-il ? - Heu... J’ai encore le temps pour y penser, dit Hakim en regardant Quentin. - Connaissant ton père comme je le connais, continua Bernard, je suis sûr qu’il a déjà tout organisé en ce sens. - C’est probable. Mais cela ne m’inquiète pas. Je lui fais une entière confiance. Après tout c’est encore lui le roi et je suis sûr qu’il va me trouver quelqu’un de très bien, affirma Hakim ne jetant toutefois un regard inquiet à Quentin. - C’est un homme plein de sagesses, dit Nicole. Il fera tout pour le bien de son fils. - Mon père a révolutionné la constitution royale pour mon accession au trône mais je n’en dirai pas plus c’est censé être une surprise. Toute la conversation continua autour d’Hakim qui se sentait plus ou moins embarrassé suivant les questions qui lui étaient posées. Grâce à la disposition de la table, il pouvait se tourner vers les uns ou les autres sans aucune difficulté. Monsieur et madame Villars étaient chacun à un bout, Mathilde et Damien, le fiancé de cette dernière, en face du jeune prince. Quant à Quentin, il était placé à la droite de Hakim. Le repas et la discussion se termina tard dans la soirée. Les jours et les mois qui suivirent la visite du prince Hakim à la villa Villars, Quentin et le futur roi s'amusèrent comme des petits fous dans l'appartement de Quentin où même parfois dans une des chambres de l'ambassade, lorsque Quentin fut invité pour le vingt-troisième anniversaire du prince. Invitation que les autres membres de la famille Villars reçurent et acceptèrent. Un événement eut lieu vers la fin de l’année scolaire de Quentin. Le samedi 03 mai 2015, ce fut le mariage de Mathilde Villars et de Damien Stryker. La cérémonie se déroula sans problème. Le grand repas qui suivit fut majestueux. Le prince Hakim ainsi que son père le roi Farid V étaient également présents pour la noce. Toute la villa et les alentours immédiat de celle-ci furent spécialement aménagés pour leur venue afin d’assurer un maximum de sécurité. Tous les invités s’amusèrent follement. Les plaisanteries fusèrent dans tous les sens. Tous les invités riaient aux éclats même Mathilde et Damien. Ces derniers s’éclipsèrent dès que minuit retentit pour partir en voyage de noce sans que personne ne s’en aperçoive. Seul Quentin était au courant et il était chargé de tenir tout le monde occupé ailleurs pendant que les mariés s’en allaient. A la fin de l'année, lorsque Hakim retourna chez lui, sans même passer les examens de fin d'année, Quentin lui promit de venir le voir aussi souvent que possible. Et en tout premier lieu le jour où il allait monter sur le trône à la place de son père. Mais pour le moment, il pensait aux examens qu'il venait de passer. Quand ils furent passés, il attendit impatiemment les résultats. Et, le samedi 25 juillet 2015, il sut, par l'intermédiaire d'internet, qu'il venait de décrocher son diplôme signifiant qu'il avait maintenant un bagage de trois années après le baccalauréat. Lorsqu'il alla vérifier sur les panneaux de la faculté qu'il avait son master de droit, il savait dorénavant ce qu'il lui restait à faire comme il l’avait promis sur les tombes de Damien et Boris. Cependant, le lundi matin, lorsqu'il reçut les résultats par la poste, et avant de l'annoncer à ses parents, il voulut avoir une discussion avec sa sœur Mathilde.
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