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Lundi 12 septembre 2005. Cela faisait maintenant une semaine que Quentin avait fait sa rentrée scolaire. Ce matin-là, il retrouva Yoann, qu'il avait quitté la veille. Il passa à côté de Damien, mais Quentin n’avait d’yeux que pour son camarade de classe et ne voyait que lui en ce lundi matin. De son côté Damien semblait ne pas avoir vu non plus son ami d’enfance, trop occupé à discuter avec ses nouveaux camarades. Cependant on pouvait remarquer que son visage était toujours aussi fermé. La tristesse se lisait derrière un sourire peu expressif. Quentin s’en aperçut aussitôt quant il passa à côté de Damien mais trop pressé de voir Yoann il ne s’arrêta pas pour avoir de ses nouvelles. Il se promit toutefois de lui envoyer un SMS dans la journée car il n’espérait pas trop le revoir dans les prochaines heures. Quentin était malgré tout triste de voir que son ami n’avait pas retrouvé la joie de vivre mais un énorme sourire apparu sur son visage quand il se retrouva enfin devant Yoann. Trop content qu’il était de pouvoir revoir enfin son nouvel ami même si cela ne faisait qu’un peu plus de 12 heures qu’ils ne s’étaient vus. " Salut Yoann ! As-tu passé une bonne nuit ? S’empressa-t-il de lui demander en se jetant presque à son coup. - Une excellente nuit, Quentin ! Je n’ai pas arrêté de penser à toi et de rêver de nous, lui murmura-t-il à l’oreille pour éviter que les autres n’écoutent. Et toi, as-tu bien dormi ? - J'ai également passé une très bonne nuit même si je n'ai pas dormi très longtemps. J'avais hâte de me retrouver à ce matin et d'être dans cette cour pour pouvoir te parler et être avec toi. - Je dois bien avouer que j'étais également très pressé de te voir et j'ai moi-même assez peu dormi cette nuit. Viens par là ! J'ai quelque chose de très particulier pour toi. - OK ! J'arrive." Les deux adolescents s'écartèrent du brouhaha de la cour et se cachèrent dans un coin sombre du bâtiment où ils avaient leur cours de la matinée, à l’abri des regards indiscrets. Comme d’habitude les gardes du corps restèrent à distance sans toutefois perdre leur protégé de vue. Ils observaient à la lettre les règles que leur avait imposées Quentin. Mais ceux-ci constatèrent que Damien n’avait plus sa propre protection rapprochée. Ils se dirent alors qu’ils demanderaient des explications à leur employeur. " Maintenant que nous sommes à l’écart des autres et à l'abri des regards indiscrets, je voudrais que tu m'embrasses. J'attends ce moment depuis notre dernier baiser d'hier soir. Je suis complètement dingue de toi. - Ne t'impatientes pas plus longtemps, car c'est avec un grand plaisir que j'accède à ta demande, dit Quentin tout en s'approchant de Yoann. Viens dans mes bras et serres-moi fort. J’ai envi de t’avoir tout contre moi. Je me rends compte maintenant que ce qui me rend vraiment heureux c’est d’être avec un garçon et de le sentirent tout contre moi. Mais ça me fait peur tout ça. Je ne veux pas que ça se sache… enfin pas pour l’instant. - Ne t’inquiètes pas je comprends très bien et je me ferai aussi discret que possible. Tu es un garçon tellement merveilleux et tellement mignon que je ferai tout pour que tu sois heureux. - Je te remercie Yoann pour ta compréhension. - Mais de rien Quentin. Allez viens dans mes bras me faire un gros bisou, dit finalement Yoann en tendant ses bras en direction de son ami. " Sans plus attendre, ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre et s'embrassèrent follement sur la bouche. Ils ne cessèrent que lorsque la cloche annonçant le début des cours retentit. Mais pour la première fois ce fut un véritable french kiss qu’ils s’échangèrent amoureusement. Toute la matinée, ils se regardèrent dans les yeux ou se frôlèrent tout en suivant les différents cours. Ce qui n’était pas chose facile, surtout pour éviter que les autres camarades des deux adolescents amoureux ne remarquent leur manège. Quant à l'après-midi, ils durent se concentrer sur leur cours de science de la vie, car ils étudiaient les minéraux et qu’il y avait un devoir à faire chez soi et à rendre la semaine suivante. En plus Yoann aimait tout ce qui concerne les minerais. Le cours d'anglais ne fut pour eux qu'une formalité puisqu'ils en furent tous deux dispensés. En effet, Quentin parlait couramment cette langue puisqu'il allait souvent aux Etats-Unis et Yoann était, quant à lui, d'origine anglaise par son père, mais sa mère continuait encore régulièrement à lui parler dans cette langue. C’était probablement en souvenir de son défunt père. Leur journée de lundi, comme la semaine précédente et tous les lundis à venir, se termina par le sport. C'était un cours que Quentin redoutait plus que tout puisqu’il avait toujours peur de voir certains de ses camarades de classe en slip ou en boxer comme Yoann aimait en porter. Mais contrairement à la semaine précédente, il réussit à contrôler cette attirance, ce qui le soulagea quelque peu. Durant les deux heures d’éducation physique, Quentin pensa à la veille où, dans sa chambre, il avait, pour la première fois, embrassé un garçon sur la bouche. Un garçon charmant, tendre, attentif et au corps qu’il trouvait de plus en plus attirant. Cette pensée lui revint malheureusement en mémoire lorsque Quentin était en haut de la corde, si bien que, manquant de concentration, il lâcha soudainement celle-ci et vint chuter sur les tapis, forts épais, qui étaient heureusement en-dessous et qui atténuèrent quelque peu le choc. Sa tête cogna tout de même violemment le sol malgré l’amortissement des épais tapis et l'assomma. Affolé, Yoann s'approcha de lui et le secoua pour qu'il se réveille. A ce moment-là, il n’en avait rien à faire que toute la classe sache qu’il aimait les garçons et plus particulièrement Quentin. Le professeur l'éloigna et appela immédiatement l'infirmerie. Les deux gardes du corps se précipitèrent aussi sur l’endroit où était étendu Quentin. Ils firent éloigner tout le monde pour que personne ne le touche avant l’arrivée des secours. L’un des deux gorilles, diplômé en premiers secours, fit le nécessaire pour qu’il puisse au moins respirer comme il faut. Là, deux infirmiers se dépêchèrent pour arriver au gymnase. Une fois sur les lieux, Quentin était toujours sans connaissance. Les deux infirmiers déplièrent alors le brancard sur lequel ils déposèrent délicatement l’adolescent. Ensuite ils le conduisirent à l'infirmerie d'où il partit pour l'hôpital dans l’ambulance des pompiers que l’infirmière, restée sur place, avait pris soin d’appeler lors du départ de ses deux collègues. Les deux gardes du corps suivirent le véhicule et ils contactèrent la sécurité de l’hôpital pour les informer de l’arrivée imminente du fils Villars ils prévinrent également la demeure des parents de Quentin " Eric pour central Victor. - Central Victor pour Eric je vous écoute. - Sommes en route pour Hôtel. Québec inconscient suite à une chute. Sierra prévenu. - Très bien ! Je le note sur le cahier d’intervention. Je préviens aussi Bravo Victor. - Entendu Central ! Terminé ! " A l’arrivée de l’ambulance quatre agents de sécurité attendaient devant les portes des urgences de l’hôpital. Quand Quentin arriva à l’hôpital, Bernard et Nicole Villars l'y attendaient déjà. Ils avaient été prévenu par le conseiller principal d’éducation aussitôt que lui-même eu connaissance de l’accident. Quentin reprit connaissance vers dix-neuf heures. Après les premiers examens d’urgence pratiqués, rien d’anormal ne fut constaté, au grand soulagement de ses parents, mais le médecin jugea qu'il valait mieux, selon lui, que Quentin reste en observation pour la nuit et qu'il verrait après la consultation du lendemain matin. * * * Au moment même où Quentin arrivait à l'hôpital, Yoann finissait de s'habiller l’air anxieux car il voulait savoir ce qu’avait son ami. Damien ne fut au courant de l’hospitalisation de Quentin que le lendemain alors qu’il était en cours. Quand Yoann fut prêt, il prit ses affaires et celles de Quentin. Une fois qu'il fut à l'extérieur du gymnase, il vidéophona au domicile des parents de Quentin. Ce fut Mathilde, lycéenne en terminal littéraire, qui décrocha. " Bonjour Mathilde, dit Yoann en voyant le visage de la jeune femme s’afficher à l’écran. Est-ce que tes parents sont là ? - Bonjour Yoann ! Non, ils sont à l'hôpital pour y avoir des nouvelles de la santé de Quentin. Pourquoi ? - C'est simplement que j'ai les affaires de Quentin avec moi et j'aurais voulu savoir ce que je devais en faire, les garder ou les amener à la villa ? - Ne bouges pas Yoann, je t'envoie la limousine pour que tu ramènes les affaires de Quentin à la villa. - Très bien ! Mais je souhaiterais tout de même prévenir ma mère que je risque de rentrer tard. - OK ! De toute façon la limousine ne sera pas au collège avant dix minutes." Et ils raccrochèrent tous deux en même temps. Yoann vidéophona aussitôt après à sa mère pour la tenir au courant et lorsqu’il eut fini de parler avec elle, la limousine, envoyée par Mathilde, arriva devant les grilles du collège. A peine fut-elle arrêtée que Yoann monta à bord, puis le véhicule repartit aussitôt en direction de la villa. Dix minutes plus tard, Yoann arriva enfin à la villa, Bernard et Nicole Villars n'étaient toujours pas revenus de l'hôpital. Yoann remit les affaires de classe de Quentin à Mathilde et resta jusqu'à ce que les parents de Quentin reviennent à la villa. Ce qui eut lieu vers vingt et une heures. Les employés de maison de la villa avaient tout de même préparé à manger aux deux adolescents et ils avaient fini leur dîner lorsque Bernard et Nicole pénétrèrent dans le salon où Yoann et Mathilde s’étaient installés, inquiets, devant la télévision qu’ils ne regardaient pas se demandant quelles étaient les nouvelles. Dès qu'ils franchirent la porte, Yoann courut vers eux, suivi de près par Mathilde, et leur demandèrent des nouvelles de Quentin. " Bonjour monsieur Villars ! Comment va Quentin ? - Comment va le monstre, demanda Mathilde au même instant. - Bonsoir Yoann ! Il va bien. Il s'est enfin réveillé, mais le médecin a préféré le garder en observation pour la nuit. Il verra demain matin s'il peut sortir ou non de l'hôpital. Il y a tout de même une chose qui m'intrigue. Qu’est-ce qui est arrivé pour qu’il tombe de la corde ? - Eh bien ! En fait monsieur Villars, je ne sais pas trop. Bien sûr j'étais présent, mais je n'arrive pas à m'expliquer comment ça a pu arriver. Il était en train de monter à la corde, et lorsqu'il a été tout en haut, sans que l'on puisse savoir pourquoi, il a lâché la corde. Peut-être a-t-il eu un étourdissement. Je n’ai rien compris du tout. Tout allait bien pourtant mais je ne sais pas pour le reste. Le seul à pouvoir répondre c’est Quentin je le crains. - Ah bon ! Dit Nicole étonnée. - Oui madame ! Ca s'est passé comme je vous le dis. - On te croit mon petit, on te croit. Je pense qu'on en saura plus demain matin après la visite du médecin, répliqua Bernard. - Oui chéri ! Je crois que demain Quentin sera en mesure de nous dire ce qui s'est passé en lui pour qu'il lâche la corde, confirma Nicole. Mais à propos, comment es-tu venu ici Yoann, s’inquiéta-t-elle. - Je suis venu avec votre limousine parce que j'avais vidéophoné ici pour savoir ce que je devais faire des affaires de classe de Quentin et Mathilde m'a envoyé la limousine au collège. - Ah bon ! Dit une nouvelle fois Nicole. Je te remercie de les avoir ramenées. Mais je crois que ta maman va commencer à s'inquiéter. Donc le chauffeur va te ramener chez toi. - J’avais prévenu ma mère de mon retard éventuel, mais je vous remercie madame." Yoann retourna, après avoir dit au revoir à tout le monde, chez sa mère qui lui demanda, à son tour, des nouvelles de Quentin aussitôt qu'il y arriva. Après les nouvelles rassurantes qu'il lui fournit, Yoann mangea rapidement. Il avait encore faim malgré le copieux repas qu’il avait déjà pris chez les Villars. Mais c’était toujours comme ça quant il était stressé ou anxieux comme en ce moment. Il était déjà plus de vingt deux heures quand il alla enfin faire ses devoirs pour le lendemain. Quand ils furent terminés, à presque minuit, il se coucha mais trouva difficilement le sommeil. Il ne cessait de penser à la chute de Quentin du haut des cinq mètres de corde. Il se demandait ce qui avait bien pu se passer dans la tête de son petit ami pour faire ça. C’était la première fois qu’il songeait ainsi de Quentin alors qu’ils se connaissaient à peine une semaine auparavant. Quel sensation étrange pour lui alors qu’il n’était pas encore complètement sûr de ses sentiments pour Quentin et qu’il ne connaissait pas exactement ceux de ce dernier. Le lendemain, encore ensommeillé, c’est par automatisme que Yoann alla en cours en ayant l'esprit ailleurs. Il s'inquiétait pour Quentin et cela se voyait sur son visage décomposé par la fatigue et son manque d’attention aux cours. Il se remémorait sans cesse le cours de sport et voulait savoir ce qui s'était passé dans sa tête pour qu'il lâche la corde d'une aussi grande hauteur. La matinée se passa dans un silence quasi religieux pour la classe de sixième trois. Tous les élèves avaient encore en mémoire la chute vertigineuse de Quentin et ils voulaient tous savoir comment il allait maintenant. D’ailleurs, instinctivement, tout le monde allait voir Yoann pour connaître l’état de santé de Quentin, mais le pauvre n’en savait pas beaucoup plus que les autres, même Damien vint le voir pour savoir comment allait son ami d’enfance. De surcroît, tous les élèves du collège, ainsi que les professeurs, étaient au courant de la chute prodigieuse de l’adolescent. * * * Justement à l'hôpital, le médecin examinait Quentin et lui faisait des examens complémentaires de routine. Il vérifiait le scanner et l’électroencéphalogramme ainsi que tous les examens nécessaires après une telle chute qui avait été fait lors de l’admission de Quentin à l’hôpital la veille en fin d’après-midi. Ceux-ci, heureusement pour Quentin, ne révélèrent aucun traumatisme. A part quelques équimoses aux bras et dans le dos, une luxation de l’épaule droite, ainsi qu'un violent mal de tête, qui serait vite résolu, il n'avait absolument rien. Le médecin, à la lecture des résultats, signa aussitôt le bon de sortie du jeune Quentin. Il fut surpris du peu de "dégâts" sur le jeune homme et le lui dit. Toutefois il lui recommanda de ne pas faire trop de mouvements brusques et de revenir aux urgences s’il devait constater des douleurs persistantes. Avec son autorisation en main, Quentin alla alors vidéophoner à la villa, pour que son père ou sa mère vienne le chercher. Comme ni l'un, ni l'autre ne pouvait se déplacer dans l’immédiat, puisqu'ils étaient tous deux en réunion dans la tour du groupe Villars France Entreprises, ils firent envoyer la limousine, à la demande de Quentin, à l'hôpital pour le récupérer. Il ne voulait pas, pour une fois depuis une semaine, profiter du tout terrain de ses gardes du corps. Il souhaitait plutôt se retrouver seul pour réfléchir à tout ce qui s’était passé toute la semaine passée et aussi à ce qui s’était arrivé la veille. La semaine qu’il venait de vivre avait eu de quoi le bouleverser au plus haut point et nul doute qu’il devait se poser beaucoup de questions quant à son avenir et à ce qu’il comptait faire. La limousine le reconduit directement à la villa où il prit un copieux déjeuner avant d’aller en cours l’après-midi. Il lui fut toutefois assez difficile de couper sa viande du fait qu’il avait le bras droit en écharpe dû à sa luxation. Il parvint tout de même à manger tout ce qui lui avait été préparé. * * * L'après-midi, Yoann avait toujours la tête ailleurs. Il aurait voulu vidéophoner chez Bernard et Nicole Villars, mais il n'osait pas le faire de peur, d’une part, de les déranger et, d’autre part, il ne voulait pas non plus qu'ils se posent des questions quant à ses sentiments pour Quentin ou quelle relation il pouvait avoir avec leur fils même si à leur âge des parents ne pouvaient guère soupçonner de plus qu’une franche amitié. Mais alors qu'il était toujours dans ses réflexions et qu’il remontait vers la salle de cours, il jeta, par hasard, un coup d’œil vers les grilles du collège et il vit, à ce moment-là, une limousine, suivie par un gros tout terrain noir, s'arrêter devant l’établissement. Il ne connaissait qu’une seule personne qui puisse venir dans ce type de voiture. Yoann stoppa alors aussitôt sa marche et regarda, intrigué, en direction du véhicule. Lorsque le chauffeur ouvrit la porte arrière et que l'occupant en sortit, Yoann s'aperçut immédiatement qu'il s'agissait de son ami Quentin. Il accourut alors vers lui et l'entraîna aussitôt dans un coin tranquille, n’attendant même pas qu’il s’explique ou même que la voiture parte, et dans un élan d’amour, il lui fit un tendre baiser passionné, laissant les gardes du corps de l’adolescent à peine le temps de sortir du tout terrain. Se moquant presque que quelqu’un les surprenne et ne laissant même pas le temps aux protecteurs de Quentin de faire le moindre mouvement pour intervenir et les séparer. " Oh, Quentin ! Mon amour ! Je suis tellement content de te revoir en aussi bonne forme. J'étais si inquiet après ta chute que je n'en ai presque pas dormi de la nuit. - Salut Yoann ! Moi aussi je suis très content de te revoir. Il ne faut plus t'inquiéter maintenant. Comme tu le vois, je vais bien et je tiens à rester en aussi bonne forme. Mais ne pourrais-tu pas éviter de me serrer autant, car tu me fais mal au bras. - Oh oui ! Excuses moi ! Mais je voudrais tout de même savoir ce qui t'es passé par la tête pour lâcher la corde d'une telle hauteur. Et j’espère que tu n’as rien de bien grave au bras. - Non je n’ai presque rien. Une simple luxation de l’épaule droite qui sera résolue d’ici trois semaines à un mois d’après ce que m’a dit le toubib mais interdiction d’écrire. Sinon pour le reste, je ne sais plus trop. Tout ce dont je me souviens, c'est que lorsque je suis arrivé en haut de la corde, je me suis senti bizarre et j’ai eu comme un vertige. J’ai perdu, d’un seul coup, le contrôle de mes mains. Pour le reste, je n'en ai aucun souvenir. - Ce n’est pas grave. Tout ce que j'espère c'est que tu ne nous refasses pas un coup pareil. - J’espère que cela ne m’arrivera plus non plus. Enfin pour le mois à venir ça n’arrivera pas puisque je ne peux pas faire de sport… ni écrire d’ailleurs. - Très drôle ! Tu as d’autres conneries à dire comme ça ? Et pour ce qui est des cours ce n’est pas bien grave on fera des photocopies de ce que j’aurais écrit. - Ce qui veut dire qu’il faut que tu fasses un effort sur l’écriture. Parce que de ce côté-là… euh… comment dire… tu écris comme un toubib, dit Quentin en se fendant d’un rire tonitruant lui arrachant par la même une violente douleur à l’épaule. - Je vois qu’ils t’ont dopé à l’humour à l’hosto, dit Yoann en rigolant de concert. - Je te taquine parce que je suis tellement heureux de te revoir. Je t’aime Yoann j’en suis sûr maintenant. - Moi aussi je t’aime Quentin. Mais si on ne se dépêche pas on va être en retard en cours. " La cloche retentit et les deux adolescents durent rejoindre le reste de leur classe et aller en cours. Tous les élèves furent ravis de voir Quentin de retour dans la classe même s’il avait le bras droit en écharpe ce qui l’empêchait d’écrire pendant quelques temps. Ils saluèrent son retour par une salve d’applaudissements et se pressèrent autour de lui pour savoir ce qui s’était passé. Ne se souvenant plus guère de ce qui avait pu se passer du moment où il avait lâché la corde, Quentin ne su quoi répondre à ses camarades. Tout au long de l'année scolaire, Yoann et Quentin essayèrent, tant bien que mal, de cacher leur amitié particulière de peur de la réaction des autres. Même lorsqu'au second trimestre, ils allèrent à la piscine et que les regards de Quentin et Yoann se dirigeaient souvent vers le bas ventre de leurs camarades de classe, et plus particulièrement vers celui de l’autre. Aucun de leurs copains ne se douta de ces regards et de l’attirance que Quentin et Yoann avaient l’un pour l’autre et pour les garçons en général, même si certains avaient quelques soupçons pour ce dernier à cause de son aspect physique. Mais, jusqu’à présent, aucun n’avait osé faire quelque allusion à ce sujet. D’ailleurs beaucoup pensaient que chacun vit sa vie comme il l’entend. Peut-être aussi parce qu’ils craignaient que Quentin ne se mette en colère du fait que lui et Yoann étaient amis à leurs yeux. Au troisième trimestre, après le dernier conseil de classe, lorsque Yoann apprit qu'il passait enfin en cinquième, après deux redoublements, il alla immédiatement voir Quentin pour le remercier de l'avoir aidé tout au long de l'année scolaire. L'attention que Quentin avait eue pour Yoann avait permis à celui-ci de comprendre plus facilement les cours qu'il avait eu du mal à apprendre et à assimiler jusque-là. A cette bonne nouvelle, Quentin, qui savait déjà que lui-même passait dans la classe supérieure, décida d'inviter Yoann à passer toutes les vacances d'été avec lui à la villa. Le rapprochement entre Yoann et Quentin avait créé un fossé dans l’amitié entre des deux amis d’enfance puisqu’ils se virent de moins en moins tout au long de l’année scolaire. Damien d’ailleurs c’était lui aussi fait de nouveaux amis avec qui il traînait souvent. Les vacances d’été furent très animées pour les deux adolescents. Quentin organisa quelques soirées à l’intérieur de la villa, après qu’il eut tout naturellement demandé l’accord à ses parents qui le lui donnèrent systématiquement à chaque fois, car ceux-ci voulaient que leur fils s’amuse le plus possible. Quentin invita de nombreux copains, mais il tenait surtout à ce que Yoann soit toujours là et qu’il s’amuse autant que lui, car il tenait vraiment à lui faire plaisir, lui qui était le premier garçon que Quentin aimait vraiment, malgré son jeune âge. A la fin de chacune des soirées, il y en avait deux ou trois par semaine, les deux adolescents se retiraient dans la chambre qu’ils partageaient pour y dormir du sommeil du juste. Le lendemain, ils se réveillaient tous deux avec le sourire sur les lèvres. Nul ne pouvait se douter de ce qui se passait dans l’intimité de la chambre de Quentin, même si la plupart du temps il n’y avait rien à part le fait qu’ils s’endormaient dans les bras l’un de l’autre. Pendant tout la durée des vacances, ils s'amusèrent et rigolèrent comme deux jeunes adolescents qu'ils étaient réellement maintenant. Mais l’arrivée de la nouvelle rentrée scolaire allait effacer leur sourire. Quentin et Yoann étaient maintenant en classe de cinquième et ils se retrouvèrent tous deux de nouveau dans la même classe. Comme d'ailleurs la plupart des camarades de classe qu'ils avaient eu en sixième, se retrouvaient pour cette rentrée scolaire dans cette classe de cinquième trois. Et tout comme l'année précédente, ils s'assirent l'un à côté de l'autre. Yoann et Quentin firent leur maximum pour se concentrer sur leurs cours durant la journée afin d’avoir plus de temps pour eux le soir et le week-end. Cette façon d'agir permettait ainsi aux deux jeunes gens de pouvoir se voir sans problème durant tout le week-end chez l'un ou chez l'autre. Comme cela, ils étaient tout à fait à l'abri des regards indiscrets puisqu'ils faisaient leurs devoirs dans la chambre de l'un ou de l'autre où ils dormaient tous deux. Quentin et Damien ne s’évitaient pas mais ils ne se parlaient plus guère étant tous deux plus intéressés par leurs nouveaux amis plutôt que par leur ancienne amitié qui remontait à la maternelle. Aucun des deux adolescents ne semblait en souffrir, du moins en surface. L’attirance mutuelle de Quentin et Yoann devenait de plus en plus forte depuis qu'ils avaient opté pour cette solution. Lorsqu'ils étaient sous la douche, qu'ils prenaient dorénavant toujours ensemble, c'étaient caresses et embrassades qui s'y déroulaient. Et toute l'année scolaire durant, ils firent croire aux autres qu'ils étaient toujours de simples copains de classe, mais certains n’étaient pas dupes et savaient pertinemment que Quentin et Yoann étaient bien plus que de simples amis l’un pour l’autre. Cependant ils se moquaient complètement que les deux adolescents couchent ensembles. C’était leur vie et ils en faisaient ce qu’ils voulaient. Pour Quentin et Yoann, cette amitié était bien plus puissante que ce que la plupart des élèves pouvaient seulement imaginer. Tous les copains des deux adolescents qui se doutaient de quelque chose, restaient tout de même leurs amis, car ce qui importait le plus pour eux c’était plus les franches parties de rigolades qu’ils avaient ensemble que de s’intéresser à la vie privée de chacun sans que la personne concernée en parle en premier. L’intelligence des camarades de classe et des amis des jeunes Villars et Blanchet était stupéfiante puisqu’ils étaient visiblement très ouvert d’esprit et respectueux de leur vie privée. Et ce que pouvait faire Quentin et Yoann au fond de leur lit ne regardait qu’eux et s’ils ne voulaient pas dire qu’ils sortaient ensemble et qu’ils s’aimaient cela importait peu à leurs amis. Il arrivait cependant que des bruits de couloir arrivent jusqu’aux oreilles de Yoann ou Quentin mais très vite tués dans l’œuf par des rumeurs contraires lancées par les deux adolescents ou par l’intervention des gardes du corps de Quentin qui étaient toujours à l’affût du moindre incident pouvant se retrouver dans la presse à scandale très friande de ce genre de commérage. Cet amour allait se préciser davantage encore au cours de l’année scolaire suivante. Celle-là même où ils allaient avoir leurs premiers cours sur l'anatomie humaine pendant les cours de science de la vie. Cette année de quatrième allait être instructive dans tous les domaines pour les deux adolescents. Une année scolaire importante à tout niveau pour ces deux garçons. Yoann et Quentin n'essayèrent même pas de repousser ce qui venait naturellement à eux. Bien plus que les cours qu’ils allaient suivre c’était leur amour l’un pour l’autre qui allait se renforcer encore plus.
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