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            A la rentrée 2010, ce fut pareil. Quentin, Yoann, Géraldine et Mélanie faisaient toujours semblant et ils ne laissaient personne penser le contraire de ce qu'ils étaient en réalité malgré quelques tensions au sein des deux couples. Par contre chez les parents des quatre adolescents, ça ne se déroulait pas de la même manière.

 

            Ce fut tout d'abord chez Vanessa Blanchet que tout commença. Un changement important allait s’opérer au sein de sa petite famille.

 

            Le mardi 08 février 2011, elle reçut un courrier qui venait de sa société. Cette lettre disait qu'elle était promue à l'échelon supérieur. Elle était promue secrétaire de direction internationale du groupe aux Etats-Unis et elle devait prendre son nouveau poste à la maison mère à New-York.

 

            A cette nouvelle, elle pensa immédiatement au couple que formaient Yoann et Quentin, mais elle ne savait pas comment annoncer cette nouvelle à son fils. Elle savait que les deux adolescents ne pouvaient vivre éloignés l’un de l’autre trop longtemps. Leur amour était fusionnel. Elle avait beaucoup de difficultés pour annoncer le changement à venir à son fils. Elle choisit tout de même le jour où elle fut seule avec lui pour l’informer de cette nouvelle qui la remplissait de joie, mais qui allait certainement beaucoup attrister Yoann.

 

            C’était en début d’après-midi du 26 février 2011 alors que l’adolescent s’apprêtait à aller passer celle-ci en compagnie de Quentin. Yoann et sa mère venaient de prendre le déjeuner et ils s’étaient installés dans le canapé face à la télévision comme ils faisaient régulièrement.

 

            " Yoann, il faut que je te parle. J’ai quelque chose de très important à te dire.

            - Oui maman ! Que se passe-t-il ?

            - Voilà ! J'ai reçu il y a quelques jours un courrier disant que j'étais promu à l’échelon supérieur.

            - Mais c'est merveilleux.

            - Oui, c'est vrai, c'est merveilleux. Seulement mon nouveau poste se trouve à la maison mère.

            - Et elle est où la maison mère ?

            - Elle est aux Etats-Unis dans la ville de New-York.

            - En Amérique, mais tu te rends compte que je ne pourrai plus voir Quentin ! Maman, je l’aime et je veux faire ma vie avec lui. Si nous devons partir aux Etats-Unis, cela veut dire qu’il va falloir que je rompe avec Quentin et je n’en ai pas envi.

            - Je sais très bien ce que tu ressens pour Quentin, mais que veux-tu que je fasse, je ne peux tout de même pas refuser une telle proposition tout ça pour ton amour pour Quentin. Cette chance ne se représentera certainement pas deux fois. Mais j'ai tout de même réussi avoir un délai pour pouvoir y aller. Nous devrons donc être à New-York pour le mois de septembre.

            - Il va donc falloir que je dise à Quentin que notre liaison doit s'arrêter parce que je pars avec toi aux Etats-Unis. Tu imagines un peu comment il va réagir. Déjà que je suis complètement bouleversé. Ca va être difficile à gérer tout ça entre Quentin et son mensonge, notre rupture et ta promotion. Je ne sais plus trop où j’en suis là.

            - J'imagine parfaitement que ce n'est pas une situation facile pour toi. Mais il faut me comprendre aussi. C'est une opportunité qu'il me faut saisir au vol.

            - Je ne t'en veux absolument pas maman. Je sais qu’il faut que tu prennes cette opportunité mais ça me met dans une position très délicate, dit finalement Yoann les larmes aux yeux."

 

            Sur ces mots Yoann se leva et alla directement chez Quentin malgré l’heure assez avancée de la soirée, sur son vélo, pour lui expliquer qu'il ne verrait plus celui qu'il aime. Tout au long du chemin qui l'emmenait vers la villa, il pleura toutes les larmes de son corps. De ce fait il avait beaucoup de mal à rouler droit et plusieurs fois il faillit se faire renverser par des automobilistes.

 

            Lorsqu'il arriva enfin aux alentours de la propriété, il sécha ses larmes et essaya de faire semblant que tout allait bien en arborant un sourire forcé.

 

            " Quentin, il faut que je te parle. C'est très important, dit-il lorsqu’il pénétra dans la maison.

            - Bien sûr Yoann, Allons dans ma chambre nous y serons plus tranquille, dit Quentin inquiet."

 

            Yoann ne desserra pas les dents tout au long du chemin qui séparait l’adolescent et Quentin de la chambre de ce dernier.

 

            " Quentin, maintenant que nous sommes à l'abri des regards et des oreilles indiscrets, il faut que je te dise que ce qui arrive est dramatique pour toi comme pour moi.

            - Tu commences sérieusement à m'inquiéter mon amour. Mais que se passe-t-il donc ?

            - Ma mère m'a appris il y a un peu plus d'une heure que nous devions déménager et...

            - Ce n'est pas si grave que ça, coupa Quentin.

            - Mais tu ne me laisses même pas le temps de finir ma phrase. C’est déjà assez difficile pour moi alors laisses-moi terminer ce que j’ai à te dire.

            - Oui ! Excuses-moi. Continue.

            - On va déménager pour aller habiter à New-York. Ma mère a eu une promotion et celle-ci est à la maison mère. Je ne vais plus pouvoir te voir. On sera trop loin l’un de l’autre.

            - Non ! Ce n'est pas possible, s'écria Quentin qui commença à pleurer. Que va devenir notre couple. Que vais-je faire sans toi pour me soutenir dans les moments difficiles.

            - Je ne sais pas non plus comment je vais pouvoir vivre sans toi à mes côtés.

            - Quand devez-vous aller aux Etats-Unis ? Réussit à dire Quentin entre deux sanglots.

            - Nous devons être là-bas pour septembre.

            - Ce qui nous laisse à peine huit mois, finit par dire Quentin catastrophé. Je ne veux pas que tu partes. Je vais tout dire à mes parents et tu resteras ici. Tu dormiras avec moi dans ma chambre. Il y a bien assez de places pour nous deux.

            - Ce n’est pas possible bébé et tu le sais très bien même si ça m’aurait fait extrêmement plaisir.

            - Pourquoi ce n’est pas possible ?

            - Tout simplement parce que tu ne sais pas encore quelle pourrait être la réaction de tes parents en leur annonçant que tu es gay et puis je ne peux pas laisser ma mère seule aux Etats-Unis elle n’a plus que moi dans la vie.

            - Je sais très bien tout ça mais je ne veux pas te quitter. Je t’aime tellement.

            - C’est pareil pour moi mon amour mais il n’y a pas de solutions pour résoudre notre problème et pourtant j’aimerais bien qu’il y en ait une. Pendant tout le trajet je n’ai cessé de réfléchir à toutes les solutions possibles et je n’en ai vu aucune chéri."

 

            Ils restèrent plus de deux heures ensemble à pleurer, blottis dans les bras l’un de l’autre, toutes les larmes qu’ils pouvaient ne se préoccupant même pas de savoir si d’autres pouvaient les entendre. Ils étaient inconsolables.

 

            Après le départ de Yoann, Quentin s'enferma dans sa chambre et ne voulut voir personne et il refusa même d'aller manger lorsque Nicole vint frapper à sa porte pour lui dire qu'il fallait passer à table. Inquiète, elle demanda à Mathilde ce qu'avait Quentin. Elle qui savait tous les petits secrets de Quentin, ne sut quoi lui répondre puisqu'elle n'était absolument pas au courant de ce que pouvait bien avoir son frère. Alors dès la fin du repas, elle alla frapper à la porte de ce dernier.

 

            " Quentin ouvres-moi, c'est Mathilde.

            - Je ne veux voir personne.

            - S'il te plaît, ouvres-moi. Maman s'inquiète beaucoup et elle voudrait savoir ce que tu as.

            - Je veux rester seul. Tu n'as qu'à dire la vérité à maman comme ça elle n'aura plus à s'inquiéter pour moi.

            - Je t'ai fais une promesse quand tu me l'as annoncé, et je n'ai pas pour habitude de rompre mes promesses. Alors je voudrais que tu m'ouvres pour que l'on puisse discuter. S’il te plaît Quentin, dit Mathilde en suppliant son frère à travers la porte. Ne suis-je pas la meilleure des sœurs ? Ai-je déjà failli une seule fois à mon devoir de confidente ?

            - D'accord ! Je t’ouvre. Mais c’est bien parce que c’est toi et puis de toute façon tu es la seule sœur que j’ai, parvint-il à dire entre deux sanglots."

 

            Quentin se leva de son lit et vint déverrouiller la porte de la chambre pour permettre à sa sœur d'entrer et revint aussitôt se mettre sur son lit avec remettant son oreiller entre les jambes et replongeant la tête dedans pour que Mathilde ne le voit pas pleurer.

 

            Dès qu'elle fut à l'intérieure, elle referma aussitôt la porte derrière elle et alla s’installer sur le lit à côté de son frère.

 

            " Alors qu'est-ce qui t'arrive Quentin, demanda Mathilde inquiète pour son petit frère tout en le serrant dans ses bras pour le consoler.

            - Yoann est venu à la maison cette après-midi et il m'a dit qu'il partait pour les Etats-Unis et qu'il devait y être pour le mois de septembre, dit-il entre deux sanglots la voix étouffées par son oreiller.

            - Je comprends mieux maintenant ta réaction. Qu'avez-vous décidé pour votre couple ? Car je suppose que vous en avez parlé tous les deux.

            - Oui on en a un peu parlé mais pour le moment nous n'avons encore rien décidé. Mais je pense que la rupture va être la seule solution. Mais avant toute décision, il faut que l'on en parle ensemble. Il faut que ce soit quelque chose de mûrement réfléchi et qui convienne à nous deux. Ca va être très dur comme situation quand il sera parti.

            - Tu as tout à fait raison. Cependant il ne va pas trop falloir attendre, car nous sommes au mois de février et le mois de septembre n'est pas très loin.

            - Je le sais bien. C'est bien pour ça que ça me met le cafard. Je n'ai pas envi de voir Yoann partir. Il est le seul mec que j'ai connu et avec j'ai appris tout ce que je sais maintenant sur le milieu gay. Il est le seul à me comprendre sans que j’aie besoin de parler. Je l’aime à en crever. C’est avec lui que je veux faire ma vie.

            - Je comprends bien ton malheur, mais tu veux que je raconte quoi aux parents. Parce que tu peux être sûr qu'ils vont me poser la question.

            - Tu n'as qu'à leur dire que je ne me sens pas très bien et que..."

 

            Quentin se remit à pleurer sans pouvoir terminer sa phrase. Après un moment il demanda à Mathilde de ne pas dire toute la vérité à ses parents, qu'il fallait qu'elle trouve une excuse qui puisse tenir la route.

 

            Mathilde ressortit alors de la chambre de son frère et alla rejoindre ses parents, qui attendaient avec impatience des nouvelles, dans le salon où elle leur dit que Quentin était un peu malade, mais qu’il allait très vite se remettre.

 

            La série des mauvaises nouvelles ne faisait que commencer et n'allait certainement pas s'arrêter en aussi bon chemin. C’était apparemment une année noir pour Quentin. Il accumulait les difficultés, comme si quelqu’un voulait le pousser à dire ouvertement à ses parents qu’il est homosexuel.

 

            Le jeudi 24 mars, ce fut au tour de Géraldine d'affronter ses parents. Elle avait décidé, du haut de ses seize ans, de leur annoncer qu'elle était lesbienne. Elle avait mûrement réfléchi à sa situation mais n’avait pas voulu en parler avec Quentin même si Mélanie était au courant de ce qu’elle envisageait de faire.

 

            Toute la famille était installée dans le salon où ils vaquaient chacun à leurs loisirs. Madame Vornska faisait du tricot, quant à son père il regardait du sport à la télévision et Géraldine s’occupait à faire un puzzle au moment où elle décida d’annoncer la vérité.

 

            " Papa, maman, j'ai une chose importante à vous annoncer. Mais pour cela je voudrais que vous vous asseyiez et que vous m'écoutiez sans m'interrompre.

            - Tu peux y aller Géraldine, nous t'écoutons, dit le père avec un fort accent tchèque pendant que son épouse s’installait à ses côtés.

            - Très bien ! Vous vous souvenez de Quentin, le jeune homme que je vous ai présenté il y a un peu plus d’un an et qui est souvent venu à la maison. Eh bien ! En fait, il n'est pas mon petit-ami. Nous avons fait croire à tout le monde le contraire parce que je n'avais pas encore le courage de vous annoncer ce que je vais maintenant vous dire. Papa, maman, je suis lesbienne. J'aime une fille depuis plus de deux ans maintenant et il s'agit de Mélanie. Ses parents sont au courant de notre liaison et ont parfaitement accepté la situation. J’espère qu'il en sera de même pour vous.

            - Géraldine, il n'était pas vraiment besoin que tu nous le dises puisque nous avions deviné depuis un petit moment que tu nous cachais ta liaison avec Mélanie, commença la mère.

            - Ta liaison avec cette fille dure depuis longtemps, tu as l'air d'être mentalement sûr de ton choix, donc je pense que nous devons accepter cette nouvelle comme étant un choix mûrement réfléchi et qui te convient parfaitement, même si cela nous choque un peu, continua le père.

            - Je me sens très bien avec Mélanie et j'ai envi de faire ma vie avec elle. Je ne peux vous dire maintenant tout le bonheur que je ressens en entendant ce que vous venez de me dire, mais sachez que vous faites de moi la fille la plus heureuse en acceptant aussi bien mon homosexualité.

            - Ne crois pas non plus que nous l’avons accepté aussi bien que ça au début où nous nous sommes rendu compte de ta sexualité. Mais il a bien fallu que l’on se fasse une raison et comme nous sommes tes parents et que nous ne voulons pas te perdre on a décidé de faire face, affirma le monsieur Vornska.

            - Maintenant ne dis plus rien et va donc plutôt annoncer cela à Mélanie. Je suppose qu'elle attend avec impatience le résultat de cette conversation, finit par dire la mère de Géraldine."

 

            Géraldine embrassa ses parents et sortit de la maison en courant. Elle rejoignit ainsi Mélanie Gamblin qui attendait impatiemment dans le jardin public qui était situé juste à côté de la maison de Sergueï et Marise Vornska.

 

            Quentin appris le lendemain au lycée, de la bouche même de Géraldine, avant le début des cours, que celle-ci avait avoué son homosexualité à ses parents. Cela lui fit un choc de l’apprendre surtout de se rendre compte qu’elle avait fait ça dans son dos. De ce jour-là il ne voulut plus avoir de contact ni avec Géraldine ni avec Mélanie qu’il tenait tout aussi responsable de la situation dans laquelle elle le mettait maintenant.

 

            La fin de l'année scolaire était maintenant arrivée avec soulagement pour le jeune Villars. Après les examens du bac de français, Quentin et Yoann décidèrent de faire un dernier voyage ensemble. Ils allèrent pour cela sur la côte méditerranéenne.

 

            A Nice, ils se retrouvèrent dans une des maisons secondaires des parents de Quentin. Située en bordure de mer, elle offrait un cadre idéal pour leurs dernières vacances en amoureux. Elle avait une vue magnifique sur la méditerranée avec un bout de plage privée qui permettait aux deux adolescents de pouvoir aller se baigner quand ils le voulaient et en toute tranquillité.

 

            Quentin et Yoann étaient confortablement installés dans une des nombreuses chambres de la demeure. Les deux premiers jours ils le passèrent sans bouger de la maison. Au début de la troisième journée alors que huit heures du matin venaient de retentir à la pendule de la chambre, Yoann, allongé complètement nu dans le lit auprès de Quentin, voulut avoir une dernière discussion.

 

            " Quentin, il faut que nous parlions.

            - Oui je sais, dit Quentin qui ne dormait plus depuis déjà un petit moment. Nous devons parler, mais auparavant, je voudrais que tu me serres très fort dans tes bras et que tu m'embrasses."

 

            Sans plus attendre, Yoann se pencha sur Quentin et mit ses bras autour de son corps, l'embrassa fougueusement et lui dit combien il l’aimait profondément. Les choses en entraînant une autre, ils se retrouvèrent bientôt à faire l'amour.

 

            Durant toute la matinée, ils restèrent au lit pour se faire de tendres câlins remettant à plus tard la discussion qu’ils devaient avoir. Ce ne fut qu'après le déjeuner qu'ils purent enfin parler de l'avenir de leur couple.

 

            Quentin et Yoann n’avaient à s’occuper de rien à part faire du farniente puisqu’ils avaient deux domestiques à leur service pour toute la durée de leur séjour.

 

            " Bon ! Commença Quentin. Il est indéniable que nous nous aimons, mais bientôt nous serons séparés par plusieurs milliers de kilomètres. Même si je peux aller aux Etats-Unis quand je le souhaite, je peux difficilement abandonner mes études par amour. Je dois quand même penser à mon avenir professionnel. Je crois donc préférable d'arrêter là notre superbe aventure. Notre amour a été formidable pendant six ans, mais malheureusement les distances risquent de détruire petit à petit tout cet amour, dit-il finalement presque froidement pour éviter de se mettre à pleurer et rendre cette séparation encore plus difficile.

            - Je crois aussi que c'est la solution la plus équitable. Toutefois, même si nous cessons notre liaison amoureuse dans cette maison, je souhaiterais que nous gardions contact par lettre. Dès que nous serons arrivés à New-York et que nous aurons emménagé dans notre nouvelle maison, je t'appellerai pour te donner notre adresse et notre numéro de vidéophone.

            - D'accord ! J'attendrai avec impatience ton appel. Mais en attendant que tu partes, il nous reste encore presque un mois à vivre ensemble. Pour cela, je voudrais que nous fêtions ton anniversaire à la villa en guise de cadeau de départ.

            - Ce serait parfait ! Il faudra juste éviter que tes parents se doutent que nous nous aimons, car je pense que depuis l'aveu qu'à fait Géraldine à ses parents, tes parents vont certainement de nouveau se poser des questions sur ta sexualité. D’ailleurs pour ce coup là elle a été une belle garce. Elle aurait quand même pu t’en parler avant pour que tu trouves un truc à dire à tes parents.

            - Ca ne sera pas évident, car je sais que lorsque tu vas partir, je vais très certainement me mettre à pleurer. Tu connais très bien mon côté émotif.

            - Je sais tout cela, et c'est bien pour cette raison que je te dis ça. Enfin, ce n'est pas trop grave, je t'aime et c'est bien là la seule compensation que je puisse avoir."

 

            Pendant deux semaines ils restèrent dans la maison niçoise et ils ne rentrèrent à Bordeaux que pour fêter l'anniversaire de Yoann à la villa. Quentin avait organisé la plus grande fête d’anniversaire qu’il avait pu connaître depuis qu’il était avec Yoann. Et tout ceci était uniquement pour celui qu’il aimait.

 

            Durant toute la journée, ce fut une gigantesque surprise partie. La musique était à fond, il y avait de la boisson à ne plus savoir qu’en faire. Tous les meilleurs amis des deux adolescents étaient présents. Les seuls absents étaient les parents de Quentin et Yoann, car les deux jeunes gens voulaient que ce ne soit qu’un anniversaire entre adolescents. L’anniversaire se termina très tard dans la nuit.

 

            Il était plus de quatre heures du matin lorsque le dernier invité rentra chez lui. Sans la présence des parents ils purent agir à leur guise et montrer à tous les adolescents présents qu’ils s’aimaient et que cette fête était non seulement pour l’anniversaire de Yoann mais aussi pour lui dire au revoir.

 

            Mais en ce début août, il fallait se dire adieu. Vanessa et Yoann étaient à l’aéroport. Quentin avait voulu y être afin de dire un dernier au revoir à celui qu’il aimait. Au moment où il entendit que les passagers de l’avion pour New-York devaient embarquer, il embrassa, pour la dernière fois, fougueusement Yoann sur la bouche et suivit du regard l’amour de sa vie s’éloigner de lui à tout jamais. Il attendit jusqu’au décollage de l’avion puis il se dirigea à pas lents, soutenu par Mathilde, jusqu’à la limousine. Celle-ci les ramena à la villa.

 

            Durant tout le trajet du retour vers la villa, il ne put s’empêcher de pleurer en écoutant la musique préférée de Yoann. Il s’agissait d’une vieille chanson du début des années quatre-vingt-dix et qui était de Michel Sardou. Le titre était : Le privilège.

 

            Depuis le départ de Yoann pour New-York, Quentin refusa de continuer à avoir une protection rapprochée. Il voulait se sentir plus libre et plus insouciant qu’il ne l’avait été jusqu’à maintenant. Il congédia donc ses deux gardes du corps contre l’avis de ses parents mais il était le seul décideur concernant ses protecteurs et elle était prise sans possibilité de revenir sur la décision.

 

            Yoann avait pu s’inscrire dans un lycée français pour pouvoir faire sa terminale et poursuivre ses études dans les universités américaines. L’ambassade de France à New York avait été formidable dans les démarches puisqu’il était presque trop tard pour les inscriptions en lycée français. Heureusement que madame Blanchet avait rempli la plupart des papiers nécessaires au transfert du dossier scolaire de son fils ce qui permis d’accélérer la procédure d’acceptation. Ces papiers elle les avait été les chercher directement au rectorat dès qu’elle avait su qu’elle était mutée à New York.

 


 

 

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