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            Le grand jour était enfin arrivé pour Quentin. Il entamait maintenant la dernière ligne droite de ses études. Il rentrait, en ce jeudi 13 septembre 2012 en première année de droit commercial à la faculté de droit de Bordeaux. Ce grand moment stressa un petit peu l’adolescent. Il avait peur de ne pas réussir à être à la hauteur de ses exigences personnelles.

 

            Il avait tout juste franchi la porte de l'amphithéâtre où avait lieu son premier cours, qu'il commença à éprouver de petits problèmes de santé. Lui qui n’était pas sujets à des soucis médicaux il pensa que ce n’était rien à part un peu de stress dû à la rentrée à l’université.

 

            Tout d’abord, il avait eu quelques difficultés à trouver le bon amphithéâtre ce qui avait failli le mettre en retard pour la première heure de cours. Au cours de la journée, une impression de flotter hors de son corps persista et, en plein après-midi, un malaise le surpris en plein milieu du cours de français. Celui-ci fut tellement soudain qu’il ne put prévenir personne et il tomba de deux étages pour se retrouver affalé sur le sol de la salle. Affolés les élèves et le professeur mirent un petit instant pour avertir finalement l'infirmerie qui se trouvait à peine à une centaine de mètres de l’amphithéâtre dans un autre bâtiment indépendant.

 

            Dès que les infirmiers furent sur place, Quentin fut transporté aussitôt à l'infirmerie, il y arriva sans connaissance. Ce n'est que lorsqu'il fut allongé sur le lit de l'infirmerie, qu’il commença à reprendre ses esprits.

 

            Lorsqu'il fut complètement revenu à lui avec un violent mal de tête, il y avait autour de lui l'infirmier et deux ambulanciers. Bernard et Nicole étaient également présents. Les ambulanciers dirent à Quentin qu’ils l’emmenaient à l'hôpital pour y subir quelques examens pour s’assurer qu’il n’avait rien. L’adolescent ne répondit rien trop assommé et trop mal à la tête pour exprimer quoi que ce soit.

 

            Le temps que les ambulanciers transportent Quentin dans l'ambulance et qu'ils le conduisent jusqu'à l'hôpital, il s'écoula près d'une demi-heure. Un temps infini pour le fils Villars qui commençait à se demander ce qui avait bien pu lui arriver cette fois-ci. Selon lui sa chute dans l’amphithéâtre n’était en rien comparable à celle qu’il avait faite en cours de sport lorsqu’il était en sixième. La première fois il avait été déconcentré par ce qu’il éprouvait à l’époque pour Yoann tandis que là il n’y avait aucune cause apparente ce qui le troublait d’autant plus.

 

            Une fois dans l’établissement, les examens en eux-mêmes durèrent environ une heure et quart, et Quentin dut attendre que le médecin traduise les résultats des examens.

 

            Lorsque finalement le médecin finit de lire les résultats d'examen, il en conclut que le jeune Quentin avait fait un malaise à cause du stress. Il préconisa un peu de repos et une attention toute particulière s'il venait à avoir des difficultés pour apprendre ou s'il devenait subitement plus irritable qu’avant. Cependant il ne fallait pas trop s'inquiéter, car Quentin était un garçon robuste et il n'y avait pas de raison pour qu'une telle situation se renouvelle. Par chance il n’avait rien de grave si ce n’était une très légère commotion cérébrale qui ne devrait poser aucun problème selon les propres dires du médecin qui avait ausculté Quentin. Le médecin prescrivit tout de même une ordonnance afin de renforcer le système immunitaire de l’adolescent.

 

            Il put ressortir dans l’après-midi. Tout le monde rentra au domaine de la famille avec la limousine. Monsieur Villars  n’avait pas souhaité prendre sa propre voiture de peur de commettre une erreur de conduite.

 

            De retour à la villa, Bernard, Nicole et Quentin eurent une conversation qui aurait pu avoir certaines conséquences si Quentin n'avait pas réussi à ramener celle-ci à son avantage. Toutefois il se serait bien passé d’avoir cette discussion alors qu’il n’était pas au mieux de sa forme. Il supposa par la suite que ses parents avaient justement choisi ce moment pour essayer de prendre le dessus.

 

            " Quentin, je pense que ton malaise n'est pas complètement dû au stress contrairement à ce que peut penser le médecin, commença Bernard. Il faut que tu nous fasses confiance.

            - Mais je vous fais entièrement confiance. Et je ne sais pas ce que je pourrais bien dire pour que vous puissiez finalement me croire.

            - Je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit vraiment le cas, car Quentin, je sais que tu nous caches quelque chose. Je me doute que ce n'est pas évident pour toi de tout nous dire, mais il faudra bien le faire un jour ou l'autre. Ce jour-là, tu pourrais peut-être bien être surpris par notre réaction, continua Nicole.

            - Je ne vous cache absolument rien ! Bon, si maintenant vous n'y voyez pas d'inconvénient, je suis fatigué et je souhaiterais aller me coucher, dit finalement Quentin sur un ton sec.

            - Très bien Quentin ! Nous te laissons. Mais n'oublies pas que nous sommes tes parents et que quoi qu’il t'arrive, nous sommes là pour t'aider et te soutenir."

 

            Pendant toute la soirée, il repensa à ce que lui avait dit sa mère : "Quentin, je sais que tu nous caches quelque chose. Je me doute que ce n'est pas évident pour toi de tout nous dire, mais il faudra bien le faire un jour ou l'autre. Ce jour-là, tu pourrais peut-être bien être surpris par notre réaction." Il se demanda alors si ses parents n’avaient pas finalement pas tout deviné et qu’ils attendaient qu’il leur confirme ce qu’ils soupçonnent.

 

            Il se confia à Yoann en l’appelant. Quentin tenait absolument à connaître l’avis de celui dont il avait partagé la vie pendant six années. Il ne prendrait aucune décision sans lui en avoir parlé d’abord.

 

            Le jeune Blanchet était, semble-t-il, très amoureux d’un garçon. C’est ce qu’il dit en tout cas lors de sa conversation avec Quentin qui fut très content une si bonne nouvelle de la part de celui qu’il avait tant aimé, et qu’il désirait toujours par ailleurs.

 

            Le nouveau copain de Yoann était le fils du voisin quand ils étaient arrivés à New-York. C’était l’amour fou selon ses dires mais il rassura Quentin en lui affirmant que jamais il ne pourrait oublier les six merveilleuses années qu’ils avaient passé ensemble.

 

            Quand Quentin eut fini de rapporter tout ce qui s’était dit à son retour de l’hôpital avec ses parents, Yoann en conclut que monsieur et madame Villars savaient qu’il était gay mais qu’ils attendaient que Quentin veuille bien confirmer ce qu’ils connaissaient déjà depuis un bon moment. Il vidéophona ensuite à François pour avoir sa version.

 

            Son dernier copain s’était installé quelques semaines plus tôt sur Toulouse dans un superbe appartement qu’il avait eu l’occasion de connaître puisqu’il était allé lui rendre visite le dernier weekend avant la reprise des cours. François lui confirma ce que lui avait dit Yoann.

 

            Quentin, après avoir discuté de choses et d’autres avec François, coupa la communication pour appeler la dernière personne à qui il se confier, Mathilde. Elle confirma elle aussi ce que supposaient Yoann et François tout en le mettant en garde de ne pas se précipiter dans l’inconnu.

 

            Mathilde avait emménagé depuis quelques mois dans un appartement en compagnie de son fiancé, Damien Stryker. Ils habitaient dans un logement plus proche pour eux du centre ville de Bordeaux et du travail de Damien puisque Mathilde, quant à elle, avait commencé à travailler au sein du groupe Villars.

 

            Le lendemain matin, de retour dans l'amphithéâtre, un des élèves s'approcha de lui pour lui demander de ses nouvelles. Quentin lui répondit qu'il allait mieux et que son malaise était certainement dû au fait qu'il se retrouvait pour la première fois dans une salle aussi grande avec personne qu'il connaissait. Cependant, il remercia également son camarade de classe de toute l'attention qu'il portait pour lui. L'élève lui fit un large sourire, que Quentin interpréta comme une invitation à poursuivre la conversation. D’autres élèves vinrent le voir pour prendre des nouvelles de sa santé.

 

            Lors du repas de midi, Quentin prit place, dans le restaurant universitaire de l'université, à côté de l'élève qui était venu le voir à l’entrée de l’amphithéâtre et entama la conversation après que le jeune homme âgé de dix-neuf ans lui eut permis de s’asseoir.

 

            " Bonjour ! Je m'appelle Quentin.

            - Salut Quentin ! Je te connais déjà, tu ne te souviens peut-être pas de moi, mais j'étais assis juste derrière toi l'année dernière. J'étais également dans la même classe que toi en sixième et je me rappelle très bien le jour où tu es tombé du haut de la corde comme si j’y avais assisté.

            - Nicolaï Vladimirsian ! Je me souviens de toi maintenant. En sixième, tu étais arrivé en cours d'année scolaire. Tu arrivais tout droit de ta Russie natale. Je me rappelle aussi que tu étais un champion aux échecs. A chaque cours de physique, tu trouvais normal de jouer aux échecs plutôt que faire les expériences qui étaient demandées. Cela t’avait d'ailleurs valu plusieurs fois d'être exclu du cours.

            - Je vois que tu te souviens aussi parfaitement de moi. Pourtant je n'ai pas remarqué que tu ais fait particulièrement attention à ma présence lorsque nous étions au collège, ou même l'année dernière.

            - Détrompes-toi ! Je t'avais remarqué depuis un petit moment. Tu me fascinais en sixième. Tu réussissais tous les contrôles de physique sans avoir jamais fait un seul exercice, ni ouvert ton cahier ou ton livre. Mais il faut dire aussi que tu as quelque peu changé depuis la classe de sixième. Mais il y a une question qui me trotte dans la tête depuis ce matin, et j'aurais souhaité avoir une réponse si c'est possible.

            - Quelle est cette question ?

            - J'aurais voulu savoir pourquoi tu t'inquiètes autant pour ma santé ?

            - Si je m'en inquiète autant, c'est que lorsque je t'ai vu tomber de deux étages hier, ça m'a rappelé ce qui t'était arrivé en sixième et dont tout le monde avait parlé même plusieurs mois après. Et puis je t'aime bien, même si j'avais peu de chance puisque tu sortais avec Yoann, dit Nicolaï en commençant à devenir tout rouge. Donc dès que tu as une "petite faiblesse", je trouve que ça me fait également un peu quelque chose.

            - Donc tu étais au courant de ma liaison avec Yoann. Et comment as-tu fait pour deviner ?

            - Ce n'était pas très compliqué lorsqu'on aime aussi les garçons. Et puis le fait de vous voir toujours ensemble ne laissait guère de doute quant aux sentiments que vous aviez l'un pour l'autre.

            - Et si j'ai bien saisi tout ce que tu m'as dit depuis tout à l'heure, tu es homo, puisqu'apparemment tu es amoureux de moi depuis la sixième. Cependant je remarque une chose c’est que tu as totalement perdu ce si bel accent que tu avais en arrivant en sixième

            - L’accent effectivement je l’ai perdu et il me manque parfois. Sinon tu as tout juste ! Mais j'ai quand même eu des liaisons depuis la sixième. Je te dirais même que j'ai eu une longue liaison avec un de tes meilleurs copains.

            - De qui s'agit-il ?

            - C'est, ou plutôt c'était Damien Daguet.

            - Comment !? Moi qui croyais qu'il était le parfait petit hétéro, je vois que je me trompais.

            - Il vouait une véritable admiration pour toi. Dès que nous étions ensemble, il ne cessait pas de me parler de toi et de toute l'affection que tu lui avais apportée lorsque son père est mort. Et si tu pensais qu'il était hétéro, c'était parce qu'il ne voulait pas que sa mère sache qu'il était gay. Plusieurs fois il avait essayé de t’avouer les sentiments qu’il avait pour toi. Mais à chaque fois, il avait un blocage et dès qu’il te voyait, il n’arrivait plus à sortir une parole. Nous sommes sortis plus de deux ans ensemble. Il y a également autre chose qu'il faut que tu saches à son sujet. Nous avons rompu notre liaison à peine deux semaines avant qu'il ne se suicide. Je ne pense pas que ce soit le fait de notre rupture qu’il ait décidé de mettre fin à ses jours, mais plutôt le fait qu’il n’arrivait plus à assumer la mort de son père, ainsi que le tremblement de terre qu’il y a eu en 2002. Et puis il y avait ce mensonge à sa mère. Alors tout cela accumulé, je suppose que c’était trop pour lui.

            - Dire que cela fait maintenant six mois qu'il est mort, dit Quentin avec quelques sanglots dans la voix. J'ignore les raisons exactes de son suicide et je me demande aussi pourquoi je n'ai pas voulu aller à son enterrement. Peut-être que j’avais peur de me rendre compte que je l’aimais plus que je ne l’imaginais. Je l’aimais vraiment énormément. Plus que comme un ami ou un frère, c’est indéniable. La lettre qu’il m’a laissait m’a mis dans une grande tristesse. J’aurais tellement voulu en faire plus pour lui.

            - Il faut dire aussi que tu ne le voyais plus guère. Vos chemins ont totalement divergé quand vous êtes rentrés au lycée. Et puis il ne s'était jamais vraiment remis de la mort de son père. Il me parlait souvent de lui. Il refaisait régulièrement le même rêve. Il se voyait à la place de son père et c’était sur lui que l’on tirait au lieu de son père.

            - C'est vrai que nos chemins ont suivis des directions différentes, mais ceci n'explique pas tout. Nous avons tout de même été copain de classe de la maternelle jusqu'à notre entrée au collège. Il était mon meilleur ami. Ce n'est quand même pas rien. J'aurais pu assister à son enterrement."

 

            Nicolaï Vladimirssian était un charmant jeune homme de grande taille, musclé sec. Il avait été, comme il l’avait dit à Quentin, le petit ami de Damien Daguet jusqu’au décès de celui-ci. Une liaison qui avait duré presque aussi longtemps que celle du jeune Villars avec Yoann Blanchet. Dès que l’on plongeait son regard dans les yeux de Nicolaï il était impossible de lui résister. Ce fut tout du moins ce que ce dernier affirma et que Quentin lui confirma aisément tout en rougissant.

 

            La conversation devint très vite une critique que se faisait Quentin pour son absence à l'enterrement de son ami d'enfance. Alors pour couper court à ce triste monologue, Nicolaï changea complètement de conversation.

 

            " Dis-moi Quentin, est-ce que tu as quelque chose de prévu demain soir ?

            - Je ne fais absolument rien, pourquoi ? dit finalement Quentin prit par surprise.

            - Il y a un superbe film qui passe au cinéma en ce moment et comme ça m'emmerde d'y aller tout seul, j'aimerais bien y aller avec toi. En plus, tu es le seul que je connaisse depuis suffisamment longtemps.

            - D'accord pour le cinéma. A quelle séance désires-tu y aller ?

            - Je pense que celle de vingt heures trente est tout à fait correcte. Comme ça il nous restera une bonne partie de la soirée pour bavarder ensemble et pour se promener.

            - Parfait ! Alors demain passes à la villa pour vingt heures, pour que nous puissions avoir assez de temps pour arriver jusqu'au cinéma. Je suis bête ! Tu ne sais pas où il faut passer pour venir chez mes parents.

            - Ne t’inquiète pas pour ça. Je trouverai sans problème.

            - OK ! Mais en attendant le film de demain, il va falloir se dépêcher, car les cours risquent de commencer sans nous.

            - Tu as tout à fait raison. Je ne m'étais pas rendu compte qu'il était si tard, affirma Nicolaï en regardant sa montre. Il faut dire que tu as une conversation tellement intéressante, que l'on voit difficilement l'heure passer.

            - Je te remercie pour les compliments qui ne sont pas mérités et puis je ne pense pas que les profs disent la même chose."

 

            Sur ces derniers mots, Quentin et Nicolaï se levèrent, déposèrent leur plateau et retournèrent vers le bâtiment où étaient les amphithéâtres et autres salles d’enseignement. Les cours de l'après-midi se passèrent sans difficulté. Les deux jeunes hommes s'étaient rapprochaient l'un de l'autre, sans pour autant se trouver l'un à côté de l'autre. Cependant il y avait encore une barrière qui les tenait éloignée l’un de l’autre. Cette barrière c’était l’amour qu’ils avaient tous deux eu pour Damien à une période différente de leur vie et la peur de trahir cet amour. Toutefois, ils espéraient bien qu’un jour cette barrière céderait.

 

            Après les cours, les deux adolescents se retrouvèrent à l'extérieur de la faculté. Pendant qu'ils marchaient en direction de leurs domiciles respectifs, après être tous deux descendus au même arrêt de tramway, qui n’étaient finalement pas si éloignés l’un de l’autre, Nicolaï proposa à Quentin de venir chez ses parents quelques instants.

 

            Arrivés à destination, ils allèrent directement dans la chambre de Nicolaï. A l'intérieur, Quentin vit que Nicolaï avait redécoré celle-ci à la mode russe. Il pouvait admirer les décors de ce pays et regarder, par l'intermédiaire de posters, les paysages de cette antique civilisation. De voir d'aussi beaux endroits, fit regretter Quentin de ne pas connaître la Russie. Mais il n'était pas venu pour admirer les paysages, il était là parce que Nicolaï l'avait invité, mais aussi parce qu'il aimait être en sa compagnie. Imperceptiblement Quentin sentait un sentiment fort l’unir à Nicolaï. Sentiment réciproquement ressenti et cependant différent de celui qu’ils avaient pu avoir pour Damien. C’était un amour franc et sincère qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre.

 

            Quand Nicolaï s'approcha de Quentin et qu'il tenta de l'embrasser, celui-ci n'essaya même pas de le repousser. Il avait beaucoup trop envi de se retrouver dans les bras de ce grand garçon élancé aux cheveux roux. Alors dans leur élan, ils se déshabillèrent et se retrouvèrent nus en un rien de temps. Et, allongés sur le lit, ils firent l'amour.

 

            Depuis qu’il avait croisé le regard vert de Nicolaï en début de matinée, il avait tant espéré que cela arriverait qu’il éprouve un plaisir plus important que tout ce qu’il avait connu auparavant. La présence de Nicolaï auprès de lui, rassurait Quentin.

 

            Cela faisait maintenant deux heures qu'ils étaient ensembles lorsque la mère de Nicolaï entra dans la chambre. Quand elle les vit nus dans le lit, elle s'excusa et ressortit sans plus attendre. La façon de parler de Natacha Vladimirsian surpris Quentin qui demanda des explications à Nicolaï.

 

            " Comment se fait-il que ta mère soit sortie sans rien dire ?

            - Oh ! En fait c'est très simple. Il se trouve que mes parents sont au courant de mon homosexualité depuis deux ans. Tu sais, chez nous en Russie, l'homosexualité est de mieux en mieux acceptée depuis que nous avons changé de président et mes parents sont très tolérant. Et lorsque nous sommes arrivés en France, au tout début de mon adolescence, je me suis senti de plus en plus attiré par les garçons. Alors lorsque je leur ai annoncé que j'étais gay, ils l'ont très bien accepté et par conséquent lorsque je me trouve avec un garçon ils ne se posent pas de question et ils me laissent tranquille. Ce fut moi le plus surpris au début de leur si grande tolérance mais maintenant tout se passe pour le mieux.

            - Tu as bien de la chance. Je n'en suis pas au même point avec mes parents. Même si je souhaiterais qu'ils soient au courant pour que je me sente enfin libéré d'un lourd fardeau.

            - Alors pourquoi ne le fais-tu pas ?

            - Tu connais ma position ou plutôt celle de mon père dans la société. Imagines un peu quelle serait sa réaction s'il apprenait que je suis homo. Tu te rends compte un peu. Ca ferait la une de tous les journaux à scandale de France et de l'étranger. Et puis je ne suis pas sûr que mes parents soient aussi ouverts d’esprit que les tiens.

            - Mais il va pourtant bien falloir le dire un jour. Et puis les temps ont changé, l'homosexualité est maintenant mieux acceptée. Nous avons le PACS et, depuis deux ans, la possibilité de nous marier entre mecs. Donc si tu réfléchis bien à la situation, tu te diras que finalement, le dire à tes parents pourrait justement te démontrer qu'ils ne sont pas aussi arriérés que tu le penses.

            - Seulement la plupart des bourgeois de notre époque qui ne pensent qu’à eux et pas au bonheur de leurs enfants. Ils planifient tout et s’il y a un dérapage c’est de la faute de leurs enfants et ils les mettent à la porte du domicile familial parce qu’ils ne sont pas conforment à leur volonté alors ils les jettent comme de vulgaires objets.

            - Oui peut-être mais crois-tu qu’ils soient tous comme ça moi je ne le pense pas et je suis sûr que tes parents sont suffisamment clairvoyant pour se dire que ton bonheur passe avant le reste.

            - Tu as sûrement raison Nicolaï, mais je ne me sens pas encore vraiment prêt. Et ça me fait penser à ce que ma mère m'a dit pas plus tard qu'hier à mon retour de l'hôpital.

            - Et que t’a-t-elle dit ? Demanda Nicolaï curieux.

            - Elle m'a dit que si je leur disais ce que je leur cache, je pourrais être surpris de leur réaction.

            - Tu vois ! C'est bien ce que je te dis, ils sont beaucoup plus évolués que la plupart des bourgeois de notre époque.

            - Oui peut-être mais bon. J’ai encore trop peur. "

 

            Ce fut lorsque dix-neuf heures retentirent à la montre de Nicolaï que Quentin se dit qu'il était peut-être temps pour lui de retourner à la villa avant que ses parents ne pensent qu'il lui était encore arrivé quelque chose et déclenche l’alerte enlèvement et envoie en plus tous les gardes du corps à sa recherche.

 

            Il arriva à la villa juste à temps pour passer à table, mais il ne desserra pas les dents de toute la durée du repas. Il réfléchit à tout ce qui s’était passé dans la journée et à ce que lui avait dit Nicolaï mais aussi à ses conversations de la veille au soir avec Yoann, François et Mathilde.

 

            Toute la nuit Quentin repensa à sa conversation avec Nicolaï et il se rappela également les paroles de ses parents, si bien qu'il dormit assez peu cette nuit-là. Au petit matin, lorsque son réveil sonna, il eut sa première pensée pour Nicolaï et la soirée qu'il allait passer en sa compagnie.

 

            En ce vendredi, la première chose que firent les deux adolescents fut de s’installer l’un à côté de l’autre tout au long de la journée et  après les cours, qui se terminèrent vers quatorze heures, Nicolaï et Quentin se quittèrent pour ne se revoir que quelques heures plus tard lorsqu'ils allèrent au cinéma. Durant le film, ils s'embrassèrent longuement et essayèrent même d'aller un peu plus loin mais ils en furent empêchés par l'arrivée d'autres personnes dans la salle qui était plongée dans le noir et qui étaient dirigés par une employée du cinéma grâce à une lampe de poche.

 

            Les jours suivants, Nicolaï et Quentin se virent tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. Cependant Quentin désirait vraiment avouer la vérité à ses parents et en vue de cet aveu, il essaya de se trouver un appartement. Il allait bientôt fêter ses dix-huit ans et pensait donc que c’était le bon moment de leur dire qu’il était homosexuel. Donc au lieu de recevoir un cadeau pour cette occasion, c’est lui qui en ferait un. Mais peut-être que ce serait un cadeau empoisonné.

 

            Quand il trouva le logement idéal, un superbe appartement grand standing avec une cuisine américaine, un salon, une salle à manger, trois chambres ainsi que les indispensables salles de bains et toilettes, il se dit que finalement il pouvait attendre encore un peu avant d'avouer qu'il aimait les garçons. Lorsque Nicolaï apprit cela, il lui en fit la remarque mais ne lui en voulut pas pour autant. Il comprenait que ce n'était pas évident de dire la vérité pour quelqu'un de son milieu social et sachant ce que cela pouvait entraîner. Il essaya tout de même de le faire changer d’idée, mais ce fut sans cesse en pure perte. L’acquisition de cet appartement, qu’il avait acheté au prix fort, lui permit de rediriger une partie de son courrier et de ses appels vers ce lieu qui allait devenir son domicile définitif.

 

            Pendant toute l'année scolaire, les deux adolescents se virent très régulièrement même durant les différentes vacances qu'ils eurent. Ils se sentaient tellement heureux ensemble, qu'il leur était difficile de ne pas se voir. Ils en profitèrent pour s'aimer dans l'appartement de Quentin, dont Bernard et Nicole Villars ignorait toute l'existence. Mais ce que ce dernier n'avait pas tout de suite remarqué en prenant son logement, c'était qu'il une vue directe sur un parc ou beaucoup de garçons circulaient. Cependant il lui fallait faire un peu de marche pour y accéder depuis la rue.

 

            Curieux de nature, il alla voir un soir ce qui s'y passait exactement sans vraiment savoir ce qu'il pouvait bien y trouver.

 

            La découverte de cet endroit permit à Quentin d'occuper les soirées où il se retrouvait seul à la villa ou lorsqu'il ne voyait pas Nicolaï. Il aimait tellement Nicolaï qu'il lui fit part de cette découverte. A cette nouvelle, l'adolescent s'empressa d'y aller jeter un coup d'œil. Si bien qu'ils se virent moins préférant les rencontres d'un soir. Même s'ils aimaient tout de même sortir et faire l'amour ensemble. Il leur arrivait aussi d'aller dans le parc ensemble afin d'y draguer d'autres garçons et passer une soirée à trois.

 

            Petit à petit, l’amour que les deux jeunes gens éprouvaient l’un pour l’autre, se transforma en une franche amitié que rien au monde n’aurait pu casser. Même en étant simplement amis, cela ne les empêchaient pas de coucher ensemble à l’occasion. Ils avaient des soirées torrides tant au niveau sexe qu’en fiesta en tout genre. Cependant jamais ils ne dépassaient la limite qui était : pas de drogue, pas de sexe sans capote, pas de soirée à se rendre malade.

 


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