7 Il avait fallu beaucoup de patience et de courage au petit Loïc pour retrouver le chemin de l’école. Du courage tout d’abord pour ne pas faire de crise d’asthme durant tout le travail de déblaiement de la ville. Il resta enfermé chez lui pendant tout ce temps là restant ainsi au calme et aux bons soins de sa mère toute dévouée. De la patience ensuite puisqu’il resta chez lui jusqu’il ne reprit les cours qu’en septembre 2002. Ce fut donc en ce mardi 3 septembre, Loïc se retrouvait de nouveau devant les grilles de l’école. Cependant il ne s’agissait pas de celles de Bordeaux. En effet, contrairement à beaucoup d’enfants, le jeune Sanders ne partit vers la ville qui l’accueillerait que fin août, tout cela pour lui éviter un trop grand stress et pour permettre aussi à ses parents de le préparer à la séparation. Ce fut ainsi qu’il se retrouva à Limoges pour y suivre sa scolarité le temps des travaux. De nombreuses familles à travers tout le pays se portèrent volontaire pour accueillir les enfants sinistrés et leur offrir un toit et de la nourriture pour qu’ils puissent continuer à vivre et à être scolarisés normalement. La rentrée scolaire suivante, Loïc la fit sur Limoges. Ce fut donc en ce mardi 3 septembre 2002, qu’il retourna en cours préparatoire car, à cause du tremblement de terre, tous les élèves de l’âge du fils Sanders n’avaient pas acquis les bases suffisantes pour aller en classe supérieure. Loïc était visiblement inquiet ce jour-là en franchissant les grilles de l’école. Tout d’abord il ne connaissait pas la ville, ensuite il était perdu sans sa famille même si celle qui l’accueillait était très sympathique et enfin l’établissement, le personnel enseignant et les autres élèves lui étaient parfaitement inconnus. Justement devant l’école primaire madame Sanders disait ses derniers mots avant que son fils ne rentre dans l’établissement. " Loïc, mon chéri, il va falloir être bien sage à l’école. Tu n’es plus un bébé maintenant. Si tu as le moindre problème n’hésite pas à en parler avec ton instituteur. - Oui maman, répondit simplement le garçonnet. - En plus il a été mis au courant de ta maladie et il sait ce qu’il faut faire au cas où tu aurais une crise. De ton côté il faut aussi que tu fasses attention. Tu me le promets ? - Oui maman, je te le promets. - Ne vous inquiétez pas madame Sanders. Votre fils est entre de bonne main. Comme vous le savez déjà mon aîné est lui aussi asthmatique donc toute la famille est sensibilisée à cette maladie et nous savons tous comment réagir. - Je sais bien mais je me fais tellement de soucis pour me petit garçon. Je n’aime pas le savoir loin de moi. Depuis qu’il est sorti du centre je l’ai toujours accompagné partout où il allait. - Ce n’est jamais facile de se séparer de son enfant. Vous verrez tout se passera bien j’en suis certaine, dit Florence Balandon à Martine Sanders." La cloche venait de sonner. Le petit Loïc rentra dans l’enceinte de l’établissement et rejoignit le reste de sa classe où il se sentait finalement bien seul. Mesdames Sanders et Balandon attendirent jusqu’à ce que le garçonnet entre dans la salle de classe. Là elles repartirent en direction de la maison de Florence. Peu avant midi madame Sanders parti en direction de la gare, pour éviter que son fils ne la voie s’en aller, et y attendit son train. Pendant ce temps Nadine alla récupérer Loïc à l’école ainsi que ses deux enfants. Le plus grand se débrouillant seul pour revenir au domicile familial. * * * Pendant ce temps, au domicile familial de Loïc Sanders, son père, seul, semblait plus heureux que jamais. Son fils qu’il supportait de moins en moins au fil des années n’était plus dans ses jambes. Sa maison n’avait pratiquement pas souffert du tremblement de terre mais plus que tout encore il pouvait s’adonner à son plaisir préférer boire tout en regardant la télévision sans que sa femme vienne l’ennuyer. La seule ombre à ce tableau idyllique c’était justement sa femme qui lui manquait pour lui faire à manger lui qui n’arrivait même pas à se faire des œufs sur le plat. Il savait néanmoins qu’elle serait de retour dans l’après-midi une fois qu’elle aurait assistée à la rentrée scolaire de Loïc. * * * Tout le monde savait d’où venait Loïc et quels étaient ses problèmes de santé. Donc ils firent tous en sorte qu’il se sente au mieux. C’est ainsi qu’avant le début des cours un élève vint le voir. " Salut ! Je suis Daniel Loudor. - Moi c’est Loïc Sanders. - Oui je sais. Tu viens de Bordeaux. Tu es ici pour la durée des travaux de ta ville. Tout le monde est au courant. On sait tous aussi que tu as des problèmes de santé. - Bah apparemment je n’ai plus rien à dire. - Il ne faut pas dire ça. Je suis sûr de ne pas tout savoir sur toi mais je pense que l’on a toute l’année pour ça. - Sûrement oui ! - La famille où tu es ce sont mon oncle et ma tante. Donc on se verra souvent je pense. - C’est possible. - En tout cas je veux bien être ton ami. - Ca serait cool. Merci !" Les deux enfants rentrèrent ensemble dans la classe et s’assirent l’un à côté de l’autre. Daniel était un petit garçon roux aux yeux bleus. De la même taille que Loïc, il était toutefois un peu plus costaud que ce dernier. Daniel semblait ravi d’avoir un ami même si celui-ci n’était pas sur Limoges pour longtemps. Loïc s’entendit très bien avec son nouvel ami. Cependant Bordeaux lui manquait. Il avait hâte de retourner dans la ville qu’il commençait à bien connaître et surtout pour enfin être avec ses parents. Il n’y avait pas un soir où il ne rêvait pas d’eux. * * * Il était près de 16h30 quand le train en provenance de Nantes arriva en gare de La Rochelle terminus puisqu’aucun train ne pouvait aller jusqu’à Bordeaux. Une navette de bus amena Martine jusqu’à la place des Quinconces et de là elle rentra à pieds jusqu’au domicile conjugal. * * * Pendant ce temps chez Balandon tout se passait au mieux. Loïc se faisait au fait de ne pas être auprès de ses parents, et surtout de sa mère, et il arrivait même à s’amuser avec les deux plus jeunes enfants de la famille. Les jours s’écoulaient paisiblement. Pour noël Loïc eut même droit à des cadeaux de la part de Florence et Joshua ce qui lui fit très plaisir lui qui pensait devoir attendre son retour chez ses parents pour en avoir. Il reçut ainsi une console portable et des jeux vidéos qui vont avec ainsi que des vêtements légèrement plus grands que sa taille mais comme ça il pourrait les porter plus longtemps. Au début de l’année 2003, la mère de Loïc vint lui rendre une courte visite pour prendre de ses nouvelles même si elle en avait régulièrement par la famille qui accueillait son fils et par les médecins qui prenaient soin de sa santé. " Bonjour mon chéri, dit Martine en voyant son fils sur le quai de la gare. - Bonjour maman, répondit Loïc en serrant sa mère dans ses bras. - Comment vas-tu ? - Je vais bien. La famille est sympa, dit-il en se retournant pour désigner monsieur et madame Balandon et leur deux enfants. - Merci à vous ! Affirma la mère à la famille d’accueil. - Mais de rien ! C’est un réel plaisir pour nous et votre fils est un garçon très gentil, lui garantit madame Balandon." Tout le monde parti ensuite rejoindre le véhicule pour ensuite aller au domicile de la famille d’accueil. Florence Balandon était âgée de trente-cinq ans. Elle avait les cheveux bruns avec des mèches blondes et ça et là apparaissaient des cheveux blancs. Ses yeux noisette cachés derrière une paire de lunettes étaient chaleureux. Elle faisait une soixantaine de kilos pour environ un mètre soixante-dix. Son époux, Joshua, était plus vieux qu’elle de deux ans. Il était d’une stature imposante tant par sa carrure que par sa taille puisqu’il pesait quatre-vingt cinq kilos de muscle pour un mètre quatre-vingt dix. Ses tempes devenaient grisonnantes mais le reste de sa chevelure était châtain et il avait un regard vert charismatique. Il travaillait, en association avec sa femme, dans un magasin de vêtements de luxe. Leurs deux enfants, Bastien et Basile, étaient jumeaux. Tous deux châtains aux yeux noisette. Bastien était cependant légèrement plus grand que son frère tandis que Basile lui était plus costaud. Ils étaient en terminal dans le même lycée mais pas dans la même classe. En effet, Basile allait passer un bac S tandis que son frère se préparait à passer la version L. Durant tout le weekend de la présence de sa mère, Loïc fut une vraie pile électrique. Il était vraiment heureux de savoir sa mère à ses côtés même si ce n’était que pour deux jours. Il fut tout aussi triste de la voir repartir le dimanche. Mais, comme le lui avait dit Martine sur le quai de la gare, ils seraient de nouveau bientôt réunis. Juste avant qu’elle ne monte dans le train, Loïc lui demanda pourquoi son père n’était pas venu lui aussi. Elle lui donna comme prétexte qu’il avait beaucoup de travail pour la réfection de son entreprise et qu’il n’avait pas pu se libérer. En son fort intérieur Loïc savait très bien pourquoi son père n’avait pas voulu venir, c’était parce qu’il ne l’aimait pas mais l’enfant fit semblant de croire ce que lui dit sa mère. Le lendemain, lorsque Loïc retourna en classe, il se promit de tout faire pour que sa mère soit fière de lui. Il apprit ainsi tous ses cours assidument avec parfois l’aide de son ami Daniel. Les deux enfants étaient devenus pratiquement inséparables. A la fin de la classe, ils allaient s’amuser ensemble chez les Balandon. Les jumeaux n’avaient jamais autant vu leur cousin que depuis que Loïc était chez eux. " Dominique on va t’installer une chambre ici si ça continue comme ça - Très marrant Bastien ! De toute façon ce n’est pas pour toi que je viens mais pour Loïc. Je suis sûr que tu n’as jamais su t’amuser quand tu étais gamin. Il faut voir ta tronche quand on arrive. On dirait que tu vois des enfants pour la première fois. - C’est que moi j’ai un diplôme à passer à la fin de l’année p’tit morveux. - Tata ! Tata ! Cria Daniel en courant vers le salon. Bastien m’a dit un gros mot. - Il en dit tout le temps Daniel. C’est l’âge bête, rajouta-t-elle en le lui susurrant à l’oreille. - Bastien tu es bête c’est tata qui l’a dit et toc. - Maman ! S’offusqua Bastien. Arrêtes de lui mettre de telles idées dans la tête. - Fiston il faut rire de temps en temps, dit Florence tout en souriant. - Bah c’est pas drôle. - Bon les enfants si vous alliez plutôt jouer dans la chambre, Bastien pourra essayer de se concentrer comme ça, finit-elle par dire en riant aux éclats. - D’accord tata on y va." Loïc et Daniel allèrent alors dans la chambre où le jeune Sanders dormait depuis son arrivée dans la famille Balandon. Les deux enfants s’y amusèrent longuement. En fait, ils jouaient dans la chambre tous les jours après la classe mais uniquement après avoir fait tous leurs devoirs comme l’avait exigé Florence. Pour son anniversaire, Loïc fut encore comblé de cadeaux. Jamais de sa vie il n’avait reçu autant de présents qui auraient jalousés plus d’un enfant de son âge. Il comptait bien profiter un maximum de tout ce qu’il avait reçu. Le printemps ne gêna en rien le jeune Sanders qui ne souffrit d’aucune crise d’asthme en cette période pourtant fort propice aux rhumes des foins. Mais avec l’arrivée du printemps vint aussi le moment où il faudrait bientôt se dire adieu. Bien plus un au revoir qu’un adieu d’ailleurs car Loïc comptait bien revenir jouer avec Gaétan et Erwan après son retour à Bordeaux. Très vite arriva le mois de mai puis le mois de juin. Daniel sembla être très triste. Il ne voulait apparemment pas que son nouvel ami parte, mais en même temps il était heureux pour lui car il pouvait enfin retrouver sa famille. Alors la veille de son départ, il fit un dessin le représentant en compagnie de Loïc. Il était très ressemblant. Daniel avait visiblement doué dans cette matière. Et en ce vendredi 27 juin 2003, ce fut le départ pour le fils Sanders. Cependant avant qu’il ne retourne chez lui toute la famille Balandon fit des cadeaux. Ainsi Loïc reçut de la part de Florence et Joshua un lecteur MP3 ainsi qu’une console DS et de la part de chacun des enfants des petits cadeaux divers et variés. Bastien lui offrit un jeu vidéo pour sa console portable. Basile avait acheté une petite sculpture en plâtre représentant un chien et les deux réunis lui donnèrent des CD. Daniel, qui avait accompagné son oncle, sa tante et ses deux cousins, avait fait un autre dessin la veille au soir. Celui-ci montrait Loïc à côté de Daniel et entouré de toute la famille Balandon. Il le donna à son ami en même temps que les autres cadeaux. Le jeune Sanders fut surpris de voir aussi un peu à l’écart l’instituteur qu’il avait eu pendant toute son année scolaire à Limoges ainsi que tous ses camarades de classe. Avant qu’il ne monte dans le train, accompagné de sa mère venu exprès le chercher, Loïc s’adressa à sa famille d’accueil. " Je voulais vous remercier pour ce que vous avez fait. Je vous trouve géniaux. Je promets de revenir vous voir. - Loïc c’est à nous de te remercier. Tu es un petit garçon adorable, dit Nadine. Nous t’accueillerons avec plaisir quand tu voudras revenir. - Tu vas me manquer Loïc pour une fois que j’avais un copain avec qui je pouvais m’amuser tout le temps c’est dommage que tu partes, affirma Daniel. - Mon pote, interpela Bastien, tu seras toujours le bienvenue et j’espère que tu vas t’améliorer aux jeux vidéos pour que l’on se mesure l’un à l’autre. - Promis Bastien je le ferai et je te mettrai la pâtée la quand je reviendrai. - Cours toujours je serai encore plus fort que toi, renchérit le frère jumeau. Enfin tu vas franchement nous manquer Loïc, dit enfin Basile tout timide et presque en larmes. - Vous aussi vous allez me manquer. - Merci à vous tous pour votre générosité, intervint Martine Sanders. A bientôt !" Tout le monde lui dit au revoir car ils espéraient bien que Loïc reviendrait leur rendre visite. Le train se mit alors en marche et emporta Martine et son fils jusqu’à Bordeaux. En sortant de la gare Loïc ne failli pas reconnaître la ville tellement elle avait changé. Madame Sanders et son fils rentrèrent calmement chez eux pour profiter des vacances du garçonnet. Le samedi 20 juillet 2003, en
présence de toute la population de la communauté urbaine de Bordeaux, ainsi que
de toutes les familles d’accueil, eu lieu l’inauguration de la ville
nouvellement reconstruite. Pour cette occasion, le maire avait réservé une
surprise à son bienfaiteur et réparateur. En plein centre ville, sur la place
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