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            Cette nouvelle année scolaire s'annonçait des meilleures pour Loïc. En ce lundi 06 septembre 2009, Loïc était heureux de franchir les grilles du collège, même si c'était pour redoubler sa classe de cinquième.

 

            A peine eut-il franchi les grilles, que Julien vint à sa rencontre. Après une franche poignée de main, il désira parler un petit moment avec Loïc. Quand ils eurent trouvé un endroit pas trop turbulent au niveau sonore, Julien commença :

 

            " Tu sais Loïc, il se va poser un petit problème pour nous.

            - Je sais, je m'en rends bien compte. Et que proposes-tu pour y remédier ?

            - Je ne vois pas encore de solution, mais j'espère que j'en aurai une d'ici la fin de la journée.

            - Parfait ! De toute façon on se revoit pour la prochaine récréation ?

            - Oui, bien sûr ! Il faudra que l'on se parle plus longuement car là, nous sommes un peu pris par le temps.

            - C'est vrai, dit Loïc en regardant sa montre. Il est presque l'heure de rejoindre chacun notre classe."

 

            Lorsque Loïc eut terminé sa phrase, la cloche annonçant le début des cours retentit. Les deux adolescents se dirigèrent alors chacun vers les élèves de leur classe et attendirent leur professeur principal.

 

            Monsieur Tirant, professeur d'histoire et de géographie, était le professeur de Julien. Loïc, quant à lui, eut la surprise de constater qu'il avait pour la deuxième année consécutive, monsieur Langovsky, pour professeur principal.

 

            Lorsqu'ils furent tous montés dans leur classe respective, la première chose que demanda chacun des professeurs principaux, se fut d'inscrire, sur une feuille de papier, divers renseignements concernant les élèves qu'ils avaient.

 

            Loïc fit de même, même si le professeur principal qu'il avait le connaissait déjà très bien. Une fois que ce fut fait, monsieur Langovsky demanda à chacun de se lever à l'appel de son nom. Donc, chacun leur tour, les trente-trois élèves de la classe se levèrent pour que le professeur puisse savoir qui était qui.

 

            A la fin de la première heure de cours, monsieur Langovsky avait repéré tous les élèves de la classe. Il leur demanda de rester à la place qu'ils occupaient pour chaque cours qu'ils avaient avec lui pour qu'il puisse plus facilement les reconnaître. Durant la deuxième heure, il donna l'emploi du temps qu'ils auraient tout au long de l'année scolaire à venir.

 

            En même temps qu’il donnait les matières avec les horaires et les jours, il indiqua les professeurs qu'ils auraient pour chacune de ces matières. Ainsi, monsieur Langovsky leur enseignerait le français ; monsieur Tirant, l'histoire-géographie ; mademoiselle Stockly, l'anglais, pour ceux qui l'avait choisi en première langue et pour ceux qui avaient choisi l'allemand, ils avaient monsieur Weber. Le sport leur serait enseigné par monsieur Durand ; les mathématiques et les sciences physiques par monsieur Solvie, mademoiselle Courty pour les sciences et vie de la terre, madame Raynaud pour la musique. Les arts plastiques seraient appris par monsieur Debrandt, qui était un fana des musées français et étrangers.

 

            La deuxième heure de cours se terminant, les élèves rangèrent leurs affaires dans leur sac et sortirent, en silence, dans la cour de récréation. Toutefois monsieur Langovsky retint un instant le jeune Sanders.

 

            " Loïc pouvez-vous attendre un instant s’il vous plaît ?

            - Bien sûr monsieur !

            - Je voulais d’abord vous dire que je suis désolé de votre redoublement mais c’était malheureusement inévitable. Je tenais aussi à savoir où vous en étiez avec votre père.

            - Oh mon père ! J’ai décidé de ne plus du tout lui adresser la parole et d’être le moins souvent en sa présence pour me consacrer uniquement à mes études.

            - Très bien ! Je suis toutefois navré d’apprendre que ça ne se soit pas arrangé entre vous deux. Ce sera tout vous pouvez y aller. Au revoir !

            - Au revoir monsieur, dit finalement Loïc en franchissant la porte."

 

            Il courut ensuite pour retrouver Julien avec qui il eut une longue discussion.

 

            " Alors tes profs, ils sont comment ? Demanda Loïc avec empressement.

            - Bof ! Tirant à l'air d'un type sympa. Sinon pour les autres, il faudra que je vois avec eux. A, par contre, j'ai monsieur Findley en anglais. Tu te rappelles celui qui n'arrêtait pas de nous faire chier en sixième et bien je me le repaye cette année. Je sens que les cours d'anglais ne vont pas être tristes.

            - Oh, ce n'est pas bien grave. Il te suffira de faire ton boulot et il te laissera tranquille. Regardes, avec moi il n'y a jamais eu de problème. Il faut dire aussi que j'avais le plus souvent les meilleures notes de la classe.

            - Tu étais également le petit protégé de Findley. Mais bon pour en revenir aux profs que l'on a. Quels sont les-tiens ?

            - Eh bien, j'ai monsieur Langovsky en prof principal et en français...

            - Encore ! Coupa Julien. Tu crois que c'est fait exprès ?

            - Oh certainement ! Je ne vois pas d'autres explications puisque je ne suis pas dans la même classe de cinquième que l'année dernière. J'ai également Tirant en histoire-géo, j'ai Durand en sport. Il paraît qu'il est mignon alors j'ai hâte d'être à son cours pour pouvoir le vérifier. J'ai aussi Solvie la terreur en maths et sciences physiques.

            - Alors là tu vas devoir cravacher dur pour être parmi les meilleurs. Solvie déteste les redoublants.

            - Ah bon ! Eh bien ça promet ! Sinon, pour changer de sujet. As-tu trouvé une solution à notre problème ?

            - Peut-être, mais je préfère t'en parler après le déjeuner, comme ça j'aurais pu vérifier si ça peut coller.

            - OK ! Pas de problème !"

 

            Et juste à ce moment-là, la sonnerie annonçant la reprise des cours retentit. Ils retournèrent alors chacun dans leur salle de classe et suivirent les derniers cours de la matinée. Anglais et histoire-géographie pour Julien, tandis que Loïc avait mathématique et sciences et vie de la terre.

 

            Après le déjeuner, Julien et Loïc partirent se trouver un endroit calme pour parler de leur problème. Une fois trouvé, ils s'assirent et Julien prit la parole :

 

            " Bon, la solution que j'ai trouvée n'est peut-être pas la meilleure, mais elle me semble la plus juste même si elle est probablement douloureuse à entendre.

            - Et quelle est-elle ?

            - Tout simplement, je pense qu'il est pratique que l'on reste de simple copain, même si cela risque de ne pas être facile, car nous sommes dans deux classes différentes et la charge de devoirs n'est pas la même non plus. J'ai l'espagnol en plus et je prépare le brevet des collèges de l'année prochaine si je passe en troisième.

            - Je pense effectivement que c'est la plus juste solution pour nous deux. Je m'attendais un peu à cela et je me demandais comment j'allais réagir en l'apprenant. Et bien je trouve que je ne m'en sors pas trop mal. Ca vient peut-être du fait que je m'y attendais, mais je trouve que je le prends plutôt bien.

            - De toute façon il n’y a pas vraiment d’autres solutions possibles et puis on pourra toujours se voir pendant les récréations et lors des vacances scolaires.

            - Il n'y a pas de problème de ce côté-là."

 

            Durant le temps qu'il leur restait avant d'entamer les cours de l'après-midi, ils en profitèrent pour se dire qui ils avaient dans leur classe, mais surtout ceux qu'ils trouvaient mignon et plutôt attirant.

 

            A treize heures quinze, la cloche annonçant le début des cours de l'après-midi sonna. Tous les élèves allèrent vers les salles de classe d'un pas plus ou moins décidé. Loïc et Julien firent de même le cœur triste mais malgré tout le pas léger.

 

            Tout au long de l'après-midi, ils suivirent attentivement chacun des cours qu'ils avaient. Et lorsque la fin de ceux-ci eut lieu, ils se ruèrent vers les grilles du collège et retournèrent chez eux.

 

            Le premier soir se passa dans les magasins à acheter les fournitures que les différents professeurs avaient demandées. Quand Loïc fut de retour chez ses parents, pour dîner, il réfléchit à sa situation et à peine le repas terminé, il alla dans sa chambre pour regarder ses livres et s'informer plus avant sur le programme scolaire en histoire-géographie notamment.

 

            Le lendemain ainsi que les autres jours, Loïc passa ses journées entre les livres, les cahiers et les cours. Il sortait assez peu, d’une part parce qu’il avait peu d’amis, un seul en fait puisqu’il s’agissait de Julien, d’autre part parce que ses parents n’auraient jamais été d’accord, même le weekend, et enfin parce que les études passaient avant tout le reste dorénavant. D’ailleurs Il avait décidé de consacrer la plupart de ses soirées à lire et à étudier à la plus grande joie de sa mère qui constatait un changement radical dans l'attitude de son fils.

 

            Les fêtes de fin d'années arrivaient déjà et avec eux le premier conseil de classe. Tous les professeurs étaient satisfaits des résultats de Loïc, même monsieur Solvie ne trouvait rien à redire sur les notes de l'adolescent puisque c'était lui le meilleur de la classe avec une moyenne de seize sur vingt. Monsieur Langovsky était fière de constatait que Loïc avait remonté la pente et qu'il travaillait dur. Elle avait cependant remarqué que le comportement de Loïc avait changé. Alors pour en avoir le cœur net, elle décida de s'entretenir en privé avec lui.

 

            " Loïc, commença-t-elle. J'ai remarqué que tu avais un comportement différent de l'année dernière. Ce serait il passé quelque chose au sein de ta famille pour qu'il se passe un tel changement ?

            - Oui, comme je vous l’ai dit le jour de la rentrée des classes, j'ai décidé de ne plus adresser la parole à mon père. Comme ça je ne m'engueule plus avec lui et je peux me consacrer davantage à mes études.

            - Crois-tu que ce soit la solution de ne plus parler à ton père ?

            - C'est la seule que j'ai trouvée. Et puis ça évite les éternelles disputes que nous avons à propos de mon avenir professionnel. Et depuis que j'ai décidé de ne plus lui parler, je fais beaucoup moins de crise d'asthme. Comme si le fait de lui parler était la cause de mes problèmes de santé.

            - Il ne faut pas dire ça. Il a du mal à accepter que tu ais souvent besoin de soins médicaux pour soigner ton asthme. Mais ton changement de comportement n'est sûrement pas seulement dû au fait que tu ne parles plus à ton père. Je suis certain qu'il y a autre chose. Il me semble avoir remarqué que tu as reporté certains de tes intérêts sur des camarades de classe. Je me trompe ?

            - Non, c'est vrai. Je crois que cela vient du fait que j'ai découvert il y a quelques temps que j'aime plus les garçons que les filles.

            - Ah bon, c'est ça alors. Si tu souhaites m'en parler, je suis là. Je suppose que ta mère, puisque tu ne parles plus à ton père, n'est pas au courant de ton attirance pour les garçons.

            - Oh, sûrement pas ! Ca lui ferait un trop grand choc d'apprendre que je préfère regarder les garçons plutôt que les filles. Elle pensera que j'ai un problème mental et elle voudra que je vois un psy. Pourtant je me sens tout à fait bien et je n'ai absolument pas envi d'aller un psy.

            - Je comprends. Si tu veux, je t'apporterai des documents concernant ce que tu ressens pour les garçons. Je pense que cela t'aidera à y voir un peu plus clair. Cela te permettra également d'enrichir tes connaissances.

            - Je vous remercie monsieur Langovsky.

            - Très bien ! Je t'apporterai ça pour notre prochain cours de français demain."

 

            La journée se passa sans difficulté pour Loïc. Le soir il repensa à ce que lui avait son professeur de français et il n'en dormit presque pas de la nuit. Le lendemain, à la fin du cours, monsieur Langovsky remit les documents qu'elle possédait sur l'attirance physique qu'éprouvait Loïc pour les autres garçons.

 

            Le soir, dans son lit, il commença à les regarder et se rendit compte que ce qu'il lisait était tout à fait ce qu'il ressentait. En regardant la couverture il lit : "Comment affronter son homosexualité et le regard des autres par le docteur Friedrich Von Krünenberg psychologue à l'hôpital Cochin à Paris". Il lut tout le livre et ne s'endormit que vers une heure du matin. Le livre n’était pas très volumineux mais fort intéressant pour le jeune esprit de Loïc.

 

            Tout au long des mois qui suivirent, il essaya de percevoir certains signes supplémentaires qui pouvaient le conforter dans le fait qu'il était bel et bien homosexuel. Il y avait déjà l’attirance qu’il avait eu, et qu’il avait toujours d’ailleurs, pour Julien.

 

            Tout en faisant cela, il tâcha de ne pas décrocher du peloton de tête dans lequel il était depuis le début de l'année.

 

            Lors du second conseil de classe, et à la lecture des résultats de celui-ci, il se rendit compte qu'il avait un peu régressé, mais qu'il se situait toujours parmi les cinq premiers. Alors il continua à faire ce qu'il fallait pour rester parmi ces cinq premiers et à la fin de l'année scolaire, il constata, à la suite du dernier conseil qu'il était placé en troisième position avec une moyenne générale de seize et demi sur vingt et que par conséquent il passait en classe supérieure.

 

            Durant les vacances d'été, qu'il passa en compagnie de Julien, il s'amusa comme un petit diable afin de fêter son passage en quatrième. Cependant, au cours de ces vacances, Julien lui annonça qu'il ne retournerait pas au collège à la prochaine rentrée. Ses parents devaient déménager, une fois de plus, pour aller habiter en Bretagne après l'affectation de son père, qui était officier dans la marine nationale.

 

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